Lou Ros, une peinture humaine et poétique...

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Tout a commencé par le graff, un soir, sur une voie ferrée, à l’âge de 17ans. Depuis, Lou Ros n'a cessé de peindre... Ses tableaux aux formats parfois surhumains laissent paraître une humanité intense, forte et sincère. Cet artiste, inconditionnel du portrait et de corps pour sujet, rend compte d’une réalité de la chair parfois désabusée qui est ré-enchantée par la beauté de son trait comparable à des artistes tels que Bacon, Jenny Saville ou encore Lucian Freud. Ici, Lou Ros nous fait part d’un langage sensible et de son addiction : la peinture.

 

© Lou Ros

© Lou Ros, BD2

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Je dirais que c'est un parcours assez simple où tout s'est déroulé petit à petit. Je n'étais pas particulièrement prédestiné à la peinture. 

Vous avez débuté par le graff. Qu’est-ce qui vous a incité à passer de la rue à l’atelier ? Comment s’est développée votre passion pour la peinture ?

En fait quand j'avais 17 ans deux amis à moi m'ont proposés d'aller graffer en fin de soirée sur une voie ferrée et tout est parti de là... J'ai vraiment était pris par ce truc dès la première soirée. Connerie d'adolescence et en même temps libre accès à un domaine où j'étais vraiment libre de faire ce que je voulais. Je n’étais pas vraiment un graffeur graffeur, je faisais souvent des trucs sans lettres avec des bouts de visages ou des volumes. Après 4 ou 5 ans à ne faire que ça et des petits jobs, j'ai fini par faire une sorte d'allergie aux sprays. Sauf que quand on ne fait que faire des images tous les jours, difficile de se sevrer. Donc je suis passé à la peinture sans spray, bizarrement sur toile car support léger et parfait pour peindre... J'ai rencontré un galeriste Nantais qui avait une petite galerie, un de ses artistes s'étant désisté au dernier moment il m'a proposé de faire quelques toiles pour une expo ! 

Je pensais qu'il était utopique de vivre de sa passion ou de la peinture. C'est un peu comme ceux qui gagnent au loto. On l'entend mais on n’y croit pas vraiment. Et bien ce galeriste m'a vendu une toile, mes peintures n'avaient rien de particulier et du coup ça m'a encore plus motivé à bosser... 

L'étape la plus compliquée c'est celle où on est usé par le job alimentaire et où l'on doit en même temps produire sur son temps libre. Le passage à la peinture tous les jours est un bonheur et depuis ça je ne fais que bosser ! (Je vis un peu aussi.) 
 

© Lou Ros, GP

© Lou Ros, CL

 © Lou Ros, LR2

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ? Pouvez-vous nous citer des artistes ou des mouvements qui vous inspirent ?

Ma source d'inspiration vient d'un peu partout. Je ne vais pas tomber dans le pipo arty en racontant que mon inspiration vient du bruit du pinceau sur la toile... Ou d'une lumière un beau matin... Je ne suis pas trop sensible à tout ça. 

Mais par contre je pioche souvent des images. De n'importe où. D'un film que je regarde. D'un glandage sur tumblr. D'un pote sur instagram qui fait une photo que j'aime bien. Et aussi une bonne partie de photo que je fais moi même avec mon entourage. Que ce soit des photos faites avec mon portable ou avec le reflex, ce n'est qu'une matière première pour la deuxième étape qu'est la peinture.

Sinon pour les artistes qui m'inspirent je vais essayer de me limiter aux peintres mais j'aime bien beaucoup de médium et d'artistes de milieux très différents, du moment qu'on ne se moque pas de nous en amont. 

Pour les peintres certains sont des amis je vais lancer quelques noms au hasard. Ce ne sont pas forcément des sources d'inspirations mais plutôt des peintres que j'estime :
Alex Kanevsky, Cecily Brown, Jenny Saville, Lucian Freud, Justin Mortimer, Adrian Ghenie, Karim Hamid, Antony Micallef, Daniel Ochoa, James Jean, Winston Chmielinsky, Jeremy Miranda, Kenichi Hoshine, Andrew Hem, Conor Harrington, Michael Borremans, Stephan Melzl, Edwige Fouvry, Pascal Vilcollet, Julien Spianti, Makiko Furuichi, Matthias Weischer, Kent Williams, Neo Rauch, Francis Bacon, Peter Doig, Alexander Tinei...
A mes yeux ces peintres dans la figuration contemporaine, c'est ce que j'appelle des "costauds". J'ai dû en oublier quelques-uns... 
 

© Lou Ros, Corpus 0
 

Pouvez-vous nous parler de votre technique ? Avez-vous un « rituel » de création ?

La technique je l'ai apprise tout seul alors j'ai envie de dire que c'est un mélange de n'importe quoi et un reste de tout ce qui m'a donné l'impression de fonctionner. Je travaille avec beaucoup de matériaux. De l'acrylique principalement, de l'huile, du pastel sec, de l'aérographe, du spray, du fusain...

Pour le rituel, pas particulièrement, j'ai du mal à travailler comme une machine. C'est le danger quand la passion devient la source alimentaire, c'est qu'il ne faut pas tomber dans le "travail". 

Au début je peignais en me forçant à m'ennuyer, mais c'était très capricieux comme démarche... Maintenant je suis plus méthodique, je crois même que ça se voit dans mes pièces. Mais bon ça peut changer. J'essaie juste de ne pas tout le temps faire la même chose, de changer et de m'amuser tout en étant dévoué à chaque peinture. 
 

© Lou Ros, No Man's Land 1

© Lou Ros, No Man's Land 2

Le corps, la chair, sont des constantes de votre travail. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Je crois que c'est juste l'expression d'un symptôme, s'entourer, se rassurer en peignant l'humain, la présence humaine. Ce n'était pas une volonté à la base mais avec le recul j'en ai déduit cette explication. D'ailleurs pour essayer de me faire un contrepied je me suis mis à faire des paysages !

 

Les portraits occupent également une place d’importance dans vos tableaux. Que représentent-ils pour vous ?

La plupart du temps ce sont des proches ou des connaissances. Les titres des toiles sont souvent les initiales, suivis du chiffre si j'ai déjà peint la même personne... Mais des fois je n'arrive pas à trouver ce que je veux représenter dans les têtes que je croise. Alors je pioche un peu ailleurs. C'est les portraits d'inconnus : INC X 

© Lou Ros, YG
 

Pouvez-vous nous parler d’une série qui vous tient à cœur et nous dire pourquoi ?

Je vais citer les deux qui tiennent un peu dans le temps. La série de portraits, parce qu'elle me permet de faire des zooms, des détails, d'aller vite dans la recherche, de prendre des risques. Et en parallèle la série SOMEWHERE, qui contient du portrait mais aussi du corps, du paysage. C'est plein de tests différents réunis dans des grandes toiles de 2 ou 3 mètres. Ce n’est pas forcément mieux que de simples portraits mais c'est sur ça que je passe le plus de temps. 

Mots de la fin ? Projets en cours, à venir ?

On me demande souvent comment faire pour y arriver. Exposer. Avoir des galeries, vendre etc. Et à chaque fois je réponds qu'il suffit de beaucoup bosser. S'autocritiquer, beaucoup. Se remettre en question. Etre exigeant et encore une fois beaucoup travailler, tous les jours. 
Les projets qui arrivent là, plusieurs nouvelles galeries avec qui je vais travailler en 2015 mais juste continuer à peindre dans de bonnes conditions !
Merci à vous ! 
 

© Lou Ros, Corpus 8

© Lou Ros, Corpus 9

© Lou Ros, DLR2

 

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  • Anna Frick
    (hôte)
    • 2015-06-29 17:17:31
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  • Tags - #exposition #peinture #galeries #poésie #Lou Ros #lucian freud #chair
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