Joachim Romain : entre photographie et mise en volume

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ARTISTE PARTICIPANT au :

Festival LaBel Valette
1 - 2 - 3 septembre 2017
3 jours - 100 steet artistes
10 000m2 de murs
36 hectares de parc arboré
2 scènes musicales - 1 urban village

Originaire du Havre, Joachim Romain, s'intéresse très tôt aux signatures typographiques et à la photographie. Sa pratique artistique s'étend entre autre à la sculpture et il s'initie également au graffiti...
A travers ses multiples affiches usées et lacérées, ainsi que l'utilisation de diverses techniques (pliage, collage, feu...), il réalise "des portraits d’hommes, des icônes idéologiques artistiques, politiques, religieuses et publicitaires" 
Joachim Romain sublime, vieillit, sculpte et met en volume ce qu'il avait initialement photographié dans l'espace urbain et nous permet ainsi de voyager dans l'espace temps... 


Quel a été votre parcours artistique…  Comment la rencontre avec l’art s’est-­‐t-­‐elle opérée et s’est concrétisée n’en faisant qu’un avec votre chemin de vie ?
Je suis né au Havre, ville emblématique du courant impressionniste mais aussi de la première Maison de culture et de la jeunesse. Chez moi, l’art, notamment la peinture classique ou contemporaine avait une présence importante et les murs blancs/vides n’existaient pas. Et puis vers 18 ans en arrivant à Paris, je découvre d’autres univers artistiques comme le graffiti.
Parallèlement, vers 15 ans, mon père m’offre mon premier appareil photo. En tant qu’havrais, le port, la rouille et l’usure faisaient partie de mon environnement et m’attiraient. Quelques années plus tard, mes premières séries sur l’usure et la typographie urbaine (Urban Typo) sont largement inspirées de cet environnement.
Enfin, l’univers de la pub pour lequel j’ai travaillé, m’a donné les bases de la typographie et des maquettes. Mes passages en imprimerie ont, j’imagine, développé mon penchant pour le papier et l’envers de la publicité…


© Joachim Romain
© Joachim Romain - Urbantypo
© Joachim Romain - Urbantypo
© Joachim Romain - Urbantypo
© Joachim Romain - Urbantypo La Maison Bleue


Pouvez-­vous nous parler de votre pratique que vous qualifiez de « va-­et-­vient entre photographie et sculpture »…
Que vous permet-­‐t-­‐elle d’exprimer (notamment la mise en volume des photographies) ?
Ma pratique est un va et vient permanant.
D’abord technique pour certaines séries avec le passage de la photographie à la sculpture ou de la 2D à la 3D. J’ai le besoin de mettre en volume le sujet que je shoot, peut être pour en faire ressortir ses aspérités, le rendre plus proche de ce que je vois dans l’espace urbain quand je le photographie. C’est aussi une façon de rendre mes pièces uniques.
Puis c’est un va-­et-­vient sur la forme, notamment pour la série "Hommes lacérés". Prendre des portraits d’hommes sur des affiches : eux-­mêmes pris en photo car visages publicitaires, icônes de musique ou idéologiques.
Enfin, c'est un va-­et-­vient de matières ou une fusion entre le support photographique, le papier, le bois…


© Joachim Romain - Sculpture
© Joachim Romain - Sculpture, No Face
© Joachim Romain

© Joachim Romain - Exposition Undefined


Quelles matières premières utilisez-­vous et via quelles techniques les transformez-­vous ?
Qu’est­‐ce que la transformation des différents supports vous permet-­t-­elle de révéler, souligner ? 
Qu’est-ce qui vous plait/vous intéresse dans le travail manuel sur le papier et sa transformation ?
Vous avez travaillé aussi bien sur des petit que sur des grands formats… avez-­vous une préférence entre les deux ?
Tout d’abord, le tirage photographique est la technique qui me permet de capter au plus près ce que je perçois et extrait des murs d’affiches lacérées. Je peux ensuite travailler mon sujet sur ce support contrecollé sur aluminium. Mixer, coller, peindre, bruler, déformer, marteler, toutes ces actions physiques me permettent d’être en contact direct avec la matière et de m’éloigner de l’environnement digital omniprésent.
Et puis, en travaillant sur les murs d’affiches publicitaires, j’ai découvert le dos bleu de ces dernières. Je me suis approprié cette matière bleue pour ses qualités graphiques et chromatiques, je peux la recycler, la coller, la découper à l’infini et surtout car elle est abondante et gratuite. J’aime l’ambiance visuelle qu’elle dégage, tout le monde réagit à cette chromi si symbolique.
Pour les formats je n’ai toujours pas de préférence. Ce matin je travaillais sur des Polaroids puis sur un 80 x 120 cm tout en pensant à un mur 4 x 3 m en gardant un œil sur un support 60 x 60 cm qui attend.



© Joachim Romain - Affiche

© Joachim Romain - Exposition Undefined
© Joachim Romain

© Joachim Romain
© Joachim Romain - Istanbul Man, 2014


Joachim Romain - Gallery Mixer - Istanbul, 2013


Qu’est-­ce qui est à l’origine de votre inspiration ?
Notre environnement urbain l’est dans un premier temps. L’ambiance, la culture ou les tendances d’une ville passent par sa communication visuelle et particulièrement via les affiches contrecollées sur des murs. Ces affiches sont pour moi la base de mon inspiration.
Je pense également qu’il faut prendre conscience de la fragilité de notre environnement et s’interroger sur nos modes de consommation. Avec des réalisations ou des installations comme "Fast_Shop" et "La Vitrine Bleue", je ne souhaite pas donner de réponse mais plus tôt susciter l’interrogation et le propre questionnement du public face aux enjeux climatiques ou de développement durable. Artiste engagé, je sais pas ?



© Joachim Romain - Affiche, 2014
© Joachim Romain - Collage papier sur bois, lacéré et brûlé, 2014
© Joachim Romain - DESTIN
© Joachim Romain
© Joachim Romain


Des visages lacérés peuplent votre série « à l’origine »… sont-­‐t-­ils l’expression du temps qui passe, qui a raison de la beauté et de la matière… rappelant l’aspect éphémère de la vie ?
C’est lors d’un voyage à Sarajevo en 2006, qu’au détour d’une rue j’ai photographié mon premier "Homme Lacéré", cela a été une révélation qui encore aujourd’hui ne me quitte pas.
Le portrait sujet emblématique de l’exercice photographique, s’est superposé à mon attirance pour les clichés de la rue. C’est ainsi qu’il il en ressort des portraits d’hommes, des icônes idéologiques artistiques, politiques, religieux et publicitaires. Le temps et la rue ont eu raison de leur plastique, il ne reste d’eux que des hommes lacérés.


© Joachim Romain
© Joachim Romain
© Joachim Romain - Face Berlin


Joachim Romain - Photographie - 80 x 120 cm - 2013 (Présentation d'une pièce)

© Joachim Romain
© Joachim Romain - Black Red, 2015 

 

Vous avez réalisé 2 séries photographiques autour du thème « Fast_Shop ».
Qu’avez-­vous essayé de capter, de montrer ?
Quel a été votre processus créatif et comment avez-­vous réalisées ces séries ?
Cette série de photos fixe nos attitudes (frénésie) d’achats Online. Elle capte, cherche à capter notre comportement dans le monde virtuel, calqué sur celui du monde réel, mais démultiplié quasi à l’infini, et encore plus frénétique.
C’est un travail auquel j’ai consacré deux années de recherche, tant sur la vitesse du shoot que sur la gestion des couleurs. La recherche des sites d’e-­commerce a été également une partie importante du projet, j’ai ainsi passé du temps à surfer ou à lire des magazines à l’affût de nouvelles url de commerce online.
Pour mon sujet, j’ai d’abord photographié des vêtements, t-shirts, jeans, tennis etc... et les résultats pour la plupart
du temps étaient assez époustouflants. Puis, j’ai voulu recentrer mon sujet et mon propos. L’image de la femme omniprésente sur le web s’est alors imposée pour aller plus loin dans cette recherche. C’était l’autre versant de mon travail sur l’homme lacéré.
Maintenant, pour mieux comprendre techniquement cette série, je vous laisse regarder la vidéo réalisée par Jules Hidrot qui a su capter ma démarche.



Joachim Romain - Fast_Shop - Photographies - 7 Décembre 2012
© Joachim Romain - Fast_Shop - Car only

© Joachim Romain - Fast_Shop
© Joachim Romain - Fast_Shop


© Joachim Romain - Fast_Shop
© Joachim Romain - Fast_Shop


Vous avez collaboré avec d’autres artistes (par ex. avec des artistes du 9eme Concept…).
Pouvez-­vous nous raconter une expérience de collaboration qui vous a particulièrement marquée ?
Avez-­vous d’autres projets collaboratifs en vue ?
J’ai rencontré le 9eme concept grâce à Mambo, il y a 15 ans. Ce collectif fait partie des artistes qui ont modifié ma vision de la création. J’ai beaucoup d’admiration pour leur travail artistique et leur vison du collectif ! 
Cela a été une joie pour moi quand ils m’ont demandé de collaborer avec eux sur un projet "Scratch Paper" en 2009 où j’ai réalisé des photographies de leurs lacérations. Plus récemment, en 2014, ils m’ont convié à participer au projet de la Tour Pleyel à St-­Denis.


SCRATCH PAPER


Pour cette année, nous reconduisons avec Romain Froquet, Jérome Laurent (aka Jungle), et d’autres artistes, la deuxième édition de notre exposition "Undefined 2.0".
Je vais aussi travailler avec des associations comme "Déchet d’art et Bellastock" dans l’objectif de la COP21 en décembre 2015 à travers mon projet "La Vitrine Bleue". Pour ce projet, je développe également une nouvelle forme de collaboration basée sur une participation active du public de 3 à 99 ans.



© Joachim Romain
© Joachim Romain - Scratch Paper
© Joachim Romain - Scratch Paper

© Joachim Romain - Exposition Scratch Paper

© Joachim Romain - Tour Pleyel, Mai 2014
© Joachim Romain - Tour Pleyel, Mai 2014 


Sur quels projets travaillez-­‐vous actuellement ? Quelles sont vos actualités, dates clés pour 2015 ?
Cette année je continuerai mes travaux photographique sur la série "A l’Origine" avec les Hommes Lacérés.
Mais je vais me concentrer principalement sur les différentes installations de mon projet : La Vitrine Bleue, en lien avec la COP21 et ce jusqu’en décembre 2015. Ce projet d’art participatif dans la continuité de La Maison Bleue réalisée au 6b. Via la problématique du tri, du recyclage et de l’obsolescence programmée, je voudrais que le public se questionne sur la seconde vie à donner aux choses, ustensiles usuels, papiers, objets personnels ou professionnels.
Je viens d’avoir confirmation que c’est avec des enfants de 3 ans d’une crèche que je vais commencer cette démarche, en recréant avec eux leur environnement de jeux via leurs objets cassés. A suivre les prochains rendez-­vous, mise à jour via mon Facebook. Pour ce projet je cherche des lieux/ Villes / Partenaires qui me suivront, Vous voulez en être Up ?
Dates clés ? Plutôt des projets : Undefined 2.0, des Installations Urbaines, Le Havre (exposition notamment avec mon père et d’autre artistes de talents, cela sera la 4eme édition), COP21, …



© Joachim Romain - La Maison Bleue
© Joachim Romain - La Maison Bleue

© Joachim Romain - La voiture Bleue 


Mot de la fin ?
Fusion ... 2015 sera pour moi une fusion de 15 ans d’inspiration.



SUIVEZ LES ACTUALITES DE JOACHIM ROMAIN :
  • Léa Rekouane
    (Owner)
    • 2017-04-03 14:33:13
    • 4,333 views
  • Tags - #street art #photographie #art contemporain #Sculpture #Joachim Romain
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