ADEY pochoiriste décline son sujet favori : "l’humanité s’exprimant sans parole"....

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En sortant du lycée, Adeline Yvetot, ADEY cherchait à "acquérir des compétences techniques à mettre au service d'une démarche qu'elle allait affiner avec le temps". Après une année aux Beaux-Arts de Caen, elle a décidé de développer ses pratiques artistiques de manière indépendante et a commencé à présenter ses dessins dans le cadre d’événements associatifs. ADEY "touchera à l’encre, à la peinture acrylique et à l’huile, au papier mâché, au collage, avant de transformer ses crayons en scalpels et ses pinceaux en bombes aérosols".
Son parcours prend un tournant important après sa rencontre avec le pochoiriste ARTISTE OUVRIER qui lui transmet sa technique et l'associe à de nombreux projets du collectif WCA (Working Class Artist), dont elle fait partie aujourd'hui.
Adey dispose ses pochoirs au grès de ses rencontres et des lieux qui l'interpellent, mélangeant le goût du détail et l'action sur le vif !


RDV à la première édition «H TAG LOVE MARKET» du 5 au 7 juin 2015 !
Artiste Ouvrier réalisera une oeuvre à 6 mains avec Adey et Obi Hood
(élèves de la WCA - Working Class Artist)

Première édition du «H TAG LOVE MARKET» : du 5 au 7 juin 2015
22, rue de Lubeck 75116 Paris  

Vendredi 5 juin de 11h à 20h 
Samedi 6 juin de 11h à 20h 
Dimanche 7 juin de 14h à 19h 

Sur invitation téléchargeable sur Facebook «H TAG LOVE MARKET» 
EVENEMENT FACEBOOK


© ADEY

Pouvez-vous nous paler de votre parcours... êtes-vous diplômée de l'écolé des Beaux-arts de Caen ?

Je ne suis pas diplômée de l'école des Beaux-arts. L'école des Beaux-arts de Caen et moi avons rompu au bout d'un an seulement d'une relation « tendue ».
En sortant du lycée, je cherchais à acquérir des compétences techniques à mettre au service d'une démarche que j’allais affiner avec le temps. Je me suis sentie prise en otage par des dogmes et des définitions de l'art, parfois contradictoires, que je voyais comme des charrues sans les bœufs, ce qui m'a barré la route vers un diplôme d'état.
J'ai développé mes pratiques artistiques de manière indépendante, en faisant partie de plusieurs associations et collectifs régionaux pluriartistiques, pour alimenter et diffuser mon travail.
Depuis 15 ans, je conjugue création, vie associative, emplois alimentaires et éducation de mes deux enfants.

© ADEY

Comment avez-vous découvert le monde du Street Art ?

Pour moi, il y a d'abord eu les arts de la rue. Comédiens, danseurs, jongleurs, musiciens, plasticiens... des individus anonymes qui colorent nos rues et donnent libre accès à l'expression libre.
Dans le milieu culturel associatif et la population noctambule caennaise, j'ai côtoyé quelques personnages « free style ». Mais on ne peut pas dire que dans ma ville, le Street Art soit, encore aujourd'hui, vraiment identifié et reconnu.
C'est d'abord ma rencontre avec Artiste Ouvrier en 2007 qui m'a fait découvrir son travail et celui d'artistes « identifiés » comme street artistes. Puis c'est en œuvrant avec lui dans le collectif WCA que j'ai pu rencontrer des acteurs professionnels et amateurs qui constituent le réseau, principalement sur Paris.


© ADEY - Sans conservateur - Strasbourg 2012  

Pourquoi le Street Art ?

A partir du moment où j'ai commencé à peindre mes tableaux à la bombe, je pouvais peindre sur tout, partout et avec des copains. Je n'ai pas cherché à entrer dans la catégorie « Street Art », j'ai juste commencé à peindre aussi sur des murs, là où j'étais invitée à le faire.
J'ai mis du temps à aller par moi-même peindre dans la rue, à m'accorder cette « légitimité ».
Le Street Art impose des manifestations d'existences aux populations environnantes. Avec ou sans « message », il y a un « propos » qui, s'il n'impose pas d'y adhérer, impose d'en être le témoin.
Ce sont certainement mes rejets de l'uniforme comme de l'individualisme qui ont matérialisé mes réflexions et mes aspirations dans une pratique de l'art relevant des questions de liberté, de communication, de considération, de convivialité.
 

© ADEY - Cars

Pourquoi avoir choisi la bombe aérosol comme médium ?

J'ai toujours trouvé les différentes techniques de peinture très laborieuses. Étant plus une praticienne du dessin, je mettais en couleur mes tableaux par une méthode alliant pastel à l'huile et essence de térébenthine, comme une prédestination aux produits toxiques :)
C'est au passage du crayon au scalpel que la bombe s'est imposée comme une révélation.
Elle offre une rapidité d'exécution qui est une bénédiction pour la spontanéité et les prestations publiques.
 
© ADEY - Les Effrontées - Efrontée pop

Pouvez-vous nous parler d’autres médiums et ou supports que vous utilisez...

Je conçois mes pochoirs à partir de photos et/ou de dessins, que je pratique depuis l'âge de 14 ans pour l'un, et depuis l'enfance pour l'autre, même si je l'avais abandonné pendant quelques années. Ils sont coupés au scalpel dans du papier 200g.
Certains fonds sont travaillés à l'acrylique, à l'huile, ou encore avec des objets en tout genre me servant de pochoirs comme des ustensiles de cuisine, des végétaux, du grillage et je travaille le bois pour certains supports.
Je me suis mise à la vidéo pour un projet de performance et d'installation en cours, afin de donner vie à mes images fixes.
J'ai aussi expérimenté le papier mâché et la fibre de verre, que je souhaite ré-aborder prochainement pour un projet.
 

© Gérard Faure - Adey - Galerie ligne 13

Quelles sont les étapes qui composent votre processus créatif ?

La plupart du temps il s'agit de « capturer » le sujet que j'ai sous les yeux (prémédité ou non) par une photographie, un dessin, ou un alliage des deux. Puis de l'imprimer en double exemplaires au format voulu, et le transformer en deux pochoirs juxtaposables.
Une première version est peinte sur un support individuel, puis l'image sera utilisée sous d'autres versions, variant les couleurs, les fonds et les supports, et dans des compositions et des featurings, jusqu'à ce qu'elle arrive en fin de vie.

© ADEY - Hampi Ozora - Virupaksha

Une longue période de réflexion est-elle nécessaire ?

Cela dépend des projets. En règle générale, le visuel d'origine s'impose et c'est la réalisation des pochoirs qui représente le temps le plus long. Toutefois, cette règle a tendance à s'inverser depuis quelques temps. En effet, je m'oriente vers un travail de scénographie de l'image, préméditant de plus en plus des séances de prises de vue ou de dessin et impliquant des collaborateurs.

© ADEY - Open your minds - Sadhou de sable

Quels sont vos sources d’inspirations (éléments, artistes, espaces…) ?

Toute personne rayonnant d'un état d'épanouissement manifeste me donne envie d'en « recycler » l'énergie qu'elle dégage et me transmet. Cela a commencé avec la musique, par l'expression des visages de certains musiciens et de personnes de l'auditoire, du public, du dancefloor. Je peux être fascinée par des anciens au regard bienveillant, des adultes dans l'euphorie de jeux d'enfants, des poètes qui pleurent de rire... Ces personnes qui me transmettent un bonheur communicatif, qu'elles vivent pleinement, au moins dans l'instant, sont mes sources d'inspiration.
 

© ADEY - Ozora - Remember

Quelles impressions ou sentiments souhaitez-vous diffuser à travers votre art ?

Ces états de bonheur communicatifs, j'aimerai être en mesure de les diffuser à mon tour, dans toute leur force. Seulement ce qui fait la force des personnes qui me réjouissent et m'inspirent, c'est que leur bonheur n'est pas inné, n'est pas naïf, mais qu'il est le fruit d'un état d'esprit, de persévérance, de choix, et il me renvoie aussi à ma quête, au chemin houleux que l'on emprunte lorsque l'on privilégie l'être sur le paraître, et qui nous éprouve.
C'est pourquoi je fais régulièrement le constat d'une forme de mélancolie dans les portraits que je fais ou les éléments que j'y associe, comme si je voulais faire valoir cet ingrédient indissociable des âmes luttant contre la corruptibilité de nos environnements.

© ADEY - Open your minds - Positif

Plusieurs de vos séries (Les Danseuses, Les Jongleurs, Hampi/Ozora), nous amènent à penser que vos créations sont liées aux mouvements corporels, à la gestuelle. Est-ce une notion importante pour vous ?

Ces gestuelles d'expressions corporelles sont pour moi symboliques d'émancipation d'angoisses ou de complexes. La danse comme abandon, ou le jonglage comme maîtrise, tous les deux dans la valorisation de l'instinct, sont des arts de la coordination et de l'harmonie, dans le jeu, la métaphore, le partage.

© ADEY - Hampi Ozora - Bhuvaneswari

© ADEY - Les Jongleurs - Magic pink

L’univers de la danse ou du cirque vous est-il familier ?

J'ai fait 6 ans de danse classique quand j'étais petite et il m'a fallu du temps pour me « lâcher » dans la danse, mais maintenant je ne la pratique que comme abandon à la musique, ou parfois lors de workshop de « danse contact » et autres formes d'expériences en danse contemporaine.
Je fais partie d'une troupe amateur de jongleurs, les Pyromaniacs. Je pratique le levistick. Mais pour jongler j'ai deux mains gauches...
 

 © ADEY - Les Danseuses

Dans quel contexte avez-vous rencontré le pochoiriste ARTISTE OUVRIER ? Votre travail a-t-il pris une nouvelle dimension après votre rencontre ?

Nous nous sommes rencontrés en 2007 dans un café / galerie à Caen, je venais de décrocher mon expo, il allait accrocher la sienne (ou inversement). Nous avons sympathisé et avec sa femme Anaïs nous sommes devenus amis.
C'est après avoir fréquenté l'atelier de Pierre pendant quelques mois que je lui ai demandé de m'initier à sa technique de découpe et de peinture en rejoignant alors la formation WCA.
J'ai consacré 2 ans, en parallèle de mon emploi de serveuse et de mes activités de maman, à l'apprentissage technique spécifique de la « double découpe polychrome ».
Cela a ouvert des champs d’application considérables à ma pratique artistique. Je conservais la minutie du dessin dans la découpe, en découvrant le plaisir de la phase de peinture et des multiples versions possibles de mes visuels, et les joies du featuring et du live painting.
Mais c'est à partir de 2012 que je parviens à me consacrer principalement à la création.
 

© ADEY - Les Jongleurs - 3 balles

Pouvez-vous nous expliquer un peu plus ce qu’est concrètement le Working Class Artist (WCA) ?

La WCA est le collectif que Pierre Dumont - Artiste-Ouvrier a créé en 2005 à Paris.
Contacté par Is Bach, futur Js de JanaundJs, et 6lex, qui souhaitent apprendre de sa technique poussée du pochoir, ils débutent ensemble l' « Université libre du pochoir ».
Partant ensuite vivre à Hambourg, Artiste Ouvrier y forme d'autres artistes dont Jana, qui s'associera à JS.
Emménageant à Caen, sa ville d'origine, je serai son élève à partir de 2008, suivie principalement de Arthur Navet, qui sera ensuite étudiant aux Gobelins à Paris, de Sane2 du collectif AERO, de Obi Hood, St Antoine, et de Aye Cherie.
La WCA associe tous les artistes en activité qui pratiquent la technique de « double découpe polychrome » élaborée par Artiste-Ouvrier.
Nous effectuons des expositions collectives, travaillons sur des projets collectifs comme le jeu de cartes « Street Poker », où d'autres artistes ont été invités à collaborer.


© ADEY - Boîtes

Des projets-actualités pour 2015 ?  

Je participe à l'expo « Street Fans – le Street Art s'invite au musée de l'éventail » à Paris à partir du mois de mars.
Un nouveau jeu de cartes, « Never Mind the Belotte » sortira en mars.
Il associe RNST No Name, Artiste Ouvrier, Adey, Hobi Hood, Aye Cherie, St Antoine, Sane2, B Toy, Pure Evil, Dire, Spray Yarps, Ernesto Novo, Alias Ipin, Evazesir No Rules Corp, Mimi the Clown, Pioc PPC, Tian, le Diamentaire, Oré, Ben Spizz, et en guest Codex Urbanus et SEB.D.
A Caen, je suis en résidence au sein du projet de Fabrique culturelle mené par l'APEFIM, association dans laquelle je suis très investie et qui expérimente un fonctionnement original de résidences artistiques pluridisciplinaires, dans les locaux d'un ancien collège.
J'y œuvre aux côtés de plasticiens, danseurs, comédiens, musiciens, avec lesquels plusieurs collaborations prennent forme, et qui seront visibles d'ici septembre, comme mon projet « Be Happy », associant création sonore et relaxation pour des captations vidéo que je transformerai en peintures, projections dans le cadre de performances, et installations.
Une première expo collective de la série « Confrontation » se tiendra en juin dans ce lieu.
D'autres expos et prestations à venir, dont les dates seront annoncées sur Facebook et mon site internet...

© ADEY - Les Danseuses

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Après l’exposition organisée par l’Espace Dalí à Paris, en septembre 2014,
les artistes de Dalí fait le Mur s’exportent à Grenoble chez Nunc ! Gallery

ADEY : artiste invitée

  • Léa Rekouane
    (Owner)
    • 2015-03-31 12:44:14
    • 5,892 views
  • Tags - #graphisme #street art #dessin #peinture #caen #pochoir #artiste ouvrier #street-art #Adey
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