Aëla Labbé, quand les images parlent et ouvrent des portes...

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Aëla Labbé est née en Bretagne. Dès son plus jeune âge, elle se consacre à la danse : "Je suis danseuse contemporaine de formation. La photographie est venue après, à mon retour de Hollande où j’ai étudié pendant trois années à l’Ecole Supérieure d’Art d’Amsterdam." 
De retour en France, elle s’intéresse de plus en plus à la photographie, qu’elle considère comme étroitement liée à la danse : "les deux disciplines se complètent et se nourrissent dans mon travail (...) j’envisage la composition photographique à la manière d’une écriture chorégraphique : corps, émotion par le geste, espace et temps sont des éléments importants dans mes images."
Les photographies de Aëla Labbé sont mystérieuses et chargées en émotions, avec des thèmes récurrents tels que l’enfance, la nature, le souvenir, le monde mystique.
L'artiste travaille de manière très intuitive et essentiellement en argentique - le grain et les couleurs de la pellicule correspondant à son style photographique. 
"Si mes images parlent et ouvrent des portes j’en suis vraiment ravie, le partage est la raison même de ma demarche artistique..." Aëla Labbé nous a accordé cette interview, ouvrant la porte sur son monde...


Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m'appelle Aëla Labbé, j’ai 28 ans, je suis danseuse-interprète et auteure-photographe. Je suis régulièrement en déplacement pour le travail mais mon point d’ancrage est à Nantes. 


© Aëla Labbé - Waiting For Sleep To Come

Comment s’est opéré le passage de la danse contemporaine vers la photographie ? 
Je suis danseuse contemporaine de formation. La photographie est venue après, à mon retour de Hollande où j’ai étudié pendant trois années à l’Ecole Supérieure d’Art d’Amsterdam. J’ai commencé la photo en autodidacte il y a environs six ans, très naturellement. Je n’ai jamais fantasmé une carrière de photographe mais grâce à internet et au fait que mon travail photographique ait été repéré je suis aujourd’hui engagée dans la photo professionnellement. 


© Aëla Labbé - Le présent

© Aëla Labbé-Other Direction

Quelle passerelle établis-tu dans ces deux pratiques artistiques ? 
Antagonistes par nature, la danse est un art vivant tandis que la photographie est un art visuel, les deux disciplines plutôt que de s’opposer se complètent et se nourrissent dans mon travail. J’envisage la composition photographique à la manière d’une écriture chorégraphique : corps, émotion par le geste, espace et temps sont des éléments importants dans mes images. Par ailleurs, je ne me sens pas moins danseuse lorsque je photographie et vice versa.  



© Aëla Labbé - Children Of The Wolf

Tes photographies sont mystérieuses et chargées en émotions… avec des thèmes qui semblent récurrents tels que l’enfance, la nature, le souvenir… Peux-tu nous en dire plus sur tes sources d’inspirations… sur la relation entre la nature, l'enfance et le monde mystique…?
J’ai grandi en Bretagne une région chargée en ésotérisme, de mythes et légendes folkloriques où la nature est omniprésente. 
Depuis toute petite je la considère comme un vaste terrain de jeu et une source d’inspiration inépuisable. De la même manière je me sens très proche et inspirée par l’enfance. La nature, les éléments nous ramènent à notre propre humanité. Les enfants dénués de toute appréhension de la vie formatée par les adultes, ont cette capacité d’émerveillement et de curiosité, une ouverture au monde sensible- naturel -imaginaire qui leur est propre.
 


© Aëla Labbé - Ancient Doll's Hat 

Comment naissent tes idées de mises en scène ?
Mes photographies sont des mises en situation dans un espace, je préfère ce terme à celui de mises en scène.  J’ai souvent la vision d’un lieu ensuite je laisse mon sujet évoluer librement à l’intérieure du cadre. Je parle peu lorsque je photographie, je suis dans un état d’attention particulière, présente à ce qui se joue devant moi, disponible face à l’imprévu et ouverte aux propositions de mes sujets pour déclencher au bon moment et capter l’instant. Je fonctionne de manière très intuitive. 
 

© Aëla Labbé - Abyss

Comment choisis-tu les modèles pour tes photographies ?
Je parlerais d’évidences plus que de choix. Je photographie essentiellement les membres de ma famille, en particulier mes neveux et nièces, ainsi que mes ami(e)s. Mes images traitent de sujets sensibles, j’ai besoin d’intimité et de simplicité pour être en capacité de créer. Il n’y a pas de rupture entre le moment de la prise de vue et le quotidien. 

© Aëla Labbé-Hands

Selon toi, qu’est-ce que le médium photographique permet-t-il d’exprimer en silence ?
Je serais tentée de dire que les photographies silencieuses de fait sont par essence pleines de bruit, un bruit que les mots et leur sens courant ne peuvent traduire, un bruit au sens inépuisable et illimité qui exprime l’inexprimable. 
 

© Aëla Labbé - Wall

Des photographes et/ou artistes d’autres disciplines, des oeuvres (cinématographiques, littéraires… jouées ou dansées…) qui t’inspirent ?
Apprécier une oeuvre c’est s’y reconnaitre quelque part, se sentir inspiré, être touché au delà des mots … J’ai découvert les travaux de Francesca Woodman et de Sally Mann parce qu’on m’a renvoyée à plusieurs reprises vers leurs travaux, de même par raport à l’univers cinématographique de Tarkovsky. Ce fut de veritables chocs, comme des reconnaissances, cependant même si j’admire énormément et particulièrement ces trois artistes je compose avec ce que je suis, ce(ux) qui m’entoure(nt) me touche(nt). 


© Aëla Labbé - Water

Tu travailles beaucoup en argentique… Qu’est-ce qui motive ce choix ?
Je shoote essentiellement en argentique, le grain, les couleurs de la pellicule correspondent mieux à mon style photographique. J’aime expérimenter et me laisser surprendre par le résultat et en ce sens la photographie argentique offre un champ de possibles immense avec beaucoup d’inattendus. Naturellement je suis attirée par les imperfections et le caractère singulier des choses, j’aime le fait de ne pas maîtriser et même si parfois je décide délibérément de provoquer l’accident c’est toujours la magie de l’instant et des chimies qui opère.


© Aëla Labbé - Spectre

Ton travail a été largement exposé en France, Europe et aux Etats-Unis… Comment vis-tu cette reconnaissance et la diffusion auprès du plus grand nombre de ton travail, qui semble très personnel et intime ? 
Je suis très surprise et touchée par cette reconnaissance et cette diffusion, cela m’échappe complètement. Aussi je me sens chanceuse parce que je n’ai pas cherché, les choses sont venues à moi… les expositions, les demandes de collaborations, un premier livre, tout cela s’est passé par ce qu’on m’a contactée. J’ai le désir de rester authentique et je suis plutôt pudique, je ne me suis jamais sentie à ma place et à la hauteur pour démarcher. D’ailleurs je ne me considère pas photographe, je fais de la photo. 
Enfin, je suis consciente de l’impermanence et même si demain cette reconnaissance s’arrête j’aurais toujours le désir de photographier. Si mes images parlent et ouvrent des portes j’en suis vraiment ravie, le partage est la raison même de ma demarche artistique, mais je ne crée pas pour être aimée.  
 

© Aëla Labbé - Siblings

Une expérience et/ou des retours d’exposition, des rencontres… qui t’ont particulièrement touchés/marqués ?
J’ai été profondément marquée par ma rencontre avec Sabine Weiss, chez elle, à l’occasion d’une entrevue partagée pour le magazine OFF THE WALL*. Outre le fait que ses photographies me touchent énormément, c’est cette Grande Dame de 90 ans qui m’a bouleversée par son humilité, son authenticité et sa générosité… Sabine Weiss est aussi belle et émouvante que ses images. 
*OFF the wall Issue 5 - Woman Photographer  / www.offthewallphotobook.com


© Aëla Labbé - Neglected State

Quels sont tes actualités, envies, projets pour 2015 ?
Je vois 2015 comme une année charnière avec la création de LUCANE l’association que je co-fonde ayant pour objet la création artistique plurisdisciplinaire. Cette association est née de désirs personels et a été impulsée par des demandes grandissantes de projets autour des deux mediums danse et photographie. 
A ce propos je suis depuis quelques mois en relation avec une galerie italienne avec qui nous travaillons sur une exposition et une performance qui aura lieu en juin à Florence. 



© Aëla Labbé - Moss


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ETSY
  • Léa Rekouane
    (hôte)
    • 2015-04-02 22:30:44
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  • Tags - #photo #photographe #photographie #photographer #memories #mémoire #antique #performer #dancer #Aëla Labbé #collector
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