Photographies de Stéphane ROY : entre rêve & cauchemar, fantaisie & folie

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Né en 1988 à Lyon, Stéphane Roy a débuté son parcours par des performances vidéos. C'est en 2008 que le médium photographique a fait irruption dans sa vie... et ne l'a plus quitté.
Depuis, Stéphane Roy continue à interroger, à communiquer avec les êtres humains et le monde qui l'entoure : "la photographie répond (...) au besoin d’image de l’être humain. Surtout à notre époque, à travers nos générations... L’image est une forme de langage qui me permet de communiquer intimement avec moi-même, mais aussi avec une personne à l’autre bout de la planète, sans que je ne la connaisse, sans l’avoir rencontrée et surtout, sans être capable de parler sa langue. "
Intense, c'est ainsi que l'on pourrait qualifier le travail de Stéphane Roy. Chaque série est singulière et pourtant, il existe un dénominateur commun entre elles : ses photographies parviennent incontestablement à créer une tension, une atmosphère, une ambiance unique... signée Stéphane Roy.

 

De quelle manière l’art est-t-il entré dans votre vie ? Quelles sont vos influences ?
La création a en quelque sorte toujours été présente dans ma vie. Très petit déjà je m’enfermais dans mon univers par le biais du dessin. Puis, à une période très sombre et chaotique de ma vie, j’ai rencontré Pierre Pilonchéry, un homme qui m’a en quelque sorte sorti de la rue pour m’enseigner l’Art, comme une des réponses à ce que je cherchais. Ce fut un véritable tournant dans ma vie. J’apprenais peu à peu à me maîtriser et à canaliser toutes ces pulsions et énergies à travers la créativité artistique. Je commençais alors à réellement observer le monde, tout en découvrant l’histoire de l’art, ses divers courants et ses artistes.
Peu de temps après commençait à germer un fil conducteur dans mes créations. C’est alors que sont arrivées les perturbations quotidiennes, mon travail en vidéos/performances.
 
© Stéphane Roy

A vos débuts, vous réalisiez des vidéo/performances (principalement dans des lieux publics), pourquoi avez-vous délaissé peu à peu cette pratique ?
Simple concours de circonstances qui m'a amené à explorer d’autres voies, telle que la photographie. 
Je me suis retrouvé à un moment de ma vie où j’ai dû quitter Lyon, ma ville natale où j’étais toujours entouré de personnes de qualité et de confiance qui me permettaient de réaliser ces vidéos/performances. 
Une fois déraciné et installé à St Etienne, j’ai essayé de reprendre ce travail. Mais entre pertes de repères, frustrations et emmerdes avec les flics, ça n’a jamais fonctionné... J’ai trouvé le temps long, tellement long que je me suis tourné vers ce que j’avais à porté de main : un appareil photo argentique.
Il m’est alors paru intéressant d’explorer les possibilités de ce médium et d’y transposer mes recherches précédentes.
Je découvris de nombreux artistes passionnants, dont l’américain Grégory Crewdson et ses mises en scène hollywoodiennes. Une volonté chez lui m’a complètement séduit : l’intention de capturer en une seule image l’intensité de tout un film… un pari fou et délicieux !
Ce fut également pour moi la découverte du travail de mise en scène, avec ses règles, ses enjeux. Un basculement s’est alors opéré : je délaissais peu à peu la réalité quotidienne et je commençais à fabriquer des images construites suivant différentes strates, différents niveaux de lecture.
Cependant je ne voulais pas non plus trop m’éloigner, au risque de me perdre. La forme narrative de certaines images est choisie selon une intention précise. Elle se doit d’accompagner le regardeur dans sa lecture, sans non plus le distraire totalement. 
Pour en revenir à la vidéo/performance, je songe de plus en plus à m’y remettre. Les idées et l’envie sont là. Il ne me manque plus que quelques éléments, telle qu’une bande de personnes aussi tarées que moi, n’ayant pas peur d’explorer certaines limites.

© Stéphane Roy
 
A l’époque, vous avez été marqué par la « culture hip/hop », vous faisiez même du graff… Vous arrive-t-il d’en faire encore aujourd’hui ? Cela continue-t-il d’influencer vos créations photographiques ? 
(sourire) Là, j’avoue être impressionné par le travail de recherche !
Non, le graff n’a, me semble-t-il, pas exercé une influence sur mes créations photographiques. Cela fait d’ailleurs bien longtemps que je ne suis pas retourné graffer! Mais ça m’arrive encore de griffonner machinalement quelques morceaux de fresques… Par contre, je pense que la culture hip/hop et notamment le street art, dans son sens le plus large, sont restés bien ancrés en moi. J’ai de nombreux projets en tête qui flirtent avec cette culture, certains qui sont d’ailleurs en passe d’être réalisés… 
 
© Stéphane Roy
© Stéphane Roy

Vous situez votre univers artistique comme un mélange entre « rêves, cauchemars, fantaisie, décadence et folie ». Quelles sont les possibilités offertes par la photographie, qui vous permettent d’explorer ces univers et différents états psychologiques ?
Quelle histoire souhaitez-vous transmettre à travers vos photographies ?

Vous reconnaissez-vous tout particulièrement à travers l’une de vos créations ?
A moins qu’il s’agisse d’une série particulière, chaque création est singulière, bien indépendante des autres. Ce qui me paraît primordial est qu’au final, le Tout soit supérieur à la somme des parties. 

Je ne me reconnais pas plus inscrit personnellement dans une création en particulière. Lorsqu’il s’agit de projets véritablement personnels, je me distille dans chacune de mes créations. Le processus en lui-même peut parfois s’apparenter à une forme thérapeutique : on se fait face à soi-même et on se laisse glisser dans son univers personnel, continuant la plongée dans ses propres profondeurs. Ce qui en résulte est bien souvent surprenant, parfois douloureux, mais une douleur maîtrisée, saine et constructive au final. Le processus de création se fait alors le réceptacle de pulsions primaires, aussi difficilement contrôlables que atteignables. Le rendu fait l’effet d’un flash prenant la forme d’une image, constituée d’intuitions. Je pense que la photographie n’est au final qu’un médium choisi pour suivre ces intuitions, comme un filet à papillon ou autre dreamcatcher.

Cependant, la photographie répond tout de même au besoin d’image de l’être humain. Surtout à notre époque, à travers nos générations... L’image est une forme de langage qui me permet de communiquer intimement avec moi-même, mais aussi avec une personne à l’autre bout de la planète, sans que je ne la connaisse, sans l’avoir rencontrée, et surtout, sans être capable de parler sa langue. La photographie offre alors cette formidable opportunité de se débarrasser de ces contraintes, tout en cherchant une fréquence de communication qui nous relie à autrui.

Les histoires que je souhaite transmettre importent peu au final. La première étape est qu’elles puissent atteindre cette personne qui m’est inconnue, et que l’image nous rassemble sous cette même fréquence. C’est là il me semble, une des premières grandes problématiques de l’art.

 
© Stéphane Roy
© Stéphane Roy © Stéphane Roy
 
De quelle manière se passe votre processus de création ?
Un aspect cinématographique est présent au sein de votre travail, le 7ème art vous touche-t-il particulièrement ?
De quelle manière construisez-vous vos mises en scènes et vos décors ?
A partir de ces “flashs”, images ou intuitions que j’ai en tête, un long moment se déroule jusqu’à la réalisation. Un moment nécessaire propice à la maturation de l’idée. Je reviens dessus, plusieurs fois, sans non plus trop m’y attarder. C’est pour cela je pense que j’ai tendance à couvrir mes murs avec tous mes croquis, toutes mes idées raturées sur papiers. Cela fait un peu effet serial killer aux yeux d’autrui, j’en conviens. Il faut que mon oeil se balade, que ça reste léger, ajoutant petits bouts par petits bouts suivant les intuitions et idées qui viennent se greffer. 
L’aspect cinématographique joue beaucoup effectivement. Le travail de mise en scène m’intéresse grandement : construire tout de A à Z, penser chaque détail, articuler sa pensée en forme de plans, et puis enfin créer un univers composé de personnages ! C’est d’ailleurs comme cela que j’aborde mes modèles : je cherche des personnes capables de véhiculer des émotions, capables d’interpréter un rôle, ou d’endosser certaines facettes de leurs propres personnalités. 
J’évoquais toute à l’heure Gregroy Crewdson et sa volonté de regrouper en une seule image l’intensité de tout un film. Ce terme d’intensité me parle beaucoup. C’est ce que je recherche : créer une tension, une atmosphère, une ambiance qui se fera l’écho de mes intentions. 
Depuis la vidéoperformance, je travaille sur la tension humaine, dans de nombreux aspects. 

© Stéphane Roy
© Stéphane Roy

La femme est au cœur de vos travaux… avez-vous une fascination particulière pour la gente féminine ?
Dans votre série « Cannibal Flowers », vous reliez la femme à la pratique cannibale… Pouvez-vous nous en dire plus ?
Une fascination particulière pour la gente féminine ? Totalement ! Je reste un grand amoureux du “beau sexe”, comme le veut l’expression. Je l’évoquais d’ailleurs lors d’une précédente interview que cette fascination venait essentiellement de cette complexité féminine faite à la fois de mystères, de force et de fragilité. La femme symbolise tout ce qui me fascine, m’attire et me questionne chez l’être humain. 
A travers Cannibal Flowers justement, je voulais travailler sur cet aspect fragile et instable de la beauté. Une beauté fatale qui finit par se consumer elle-même. L’être humain est un être qui se consume en se consommant soi-même dans les feux impitoyables des désirs qui mènent à l’autodestruction. Mais même dans ces aspects destructifs, il reste une forme de poésie qui m’interpelle, belle et fragile jusqu’à la cendre. 

© Stéphane Roy

Vous avez été directeur artistique au sein du Cabinet des Curieux...
Pouvez-vous nous parler de cette expérience et qu’a-t-elle apportée à votre pratique artistique personnelle ?
En tant que directeur artistique, vous avez organisé des expositions. Laquelle vous a-t-elle plus marquée ?
Je ne pense pas que cela ait joué une quelconque influence sur ma pratique artistique personnelle. Quand il s’agit de travailler sur un projet d’exposition, j’ai tendance à me scinder et à mettre une distance avec ma propre pratique afin de me concentrer uniquement sur le projet lui-même et les artistes qu’il inclut.  
Cependant, cela reste une activité formidable faîte de rencontres exceptionnelles. Une grande richesse en découle pour moi en ayant cette chance de découvrir à chaque fois de nouveaux artistes à travers le monde, et donc de nouvelles cultures et de nouveaux univers. J’aimerai poursuivre ces pratiques curatoriales et aussi approfondir ces rencontres par le biais d’un travail de conversations et de correspondances avec les artistes.
Là aussi, j’ai tout un classeur d’idées à réaliser !
Pour ce qui est de l’exposition qui m’a le plus marqué… Je ne saurai dire tant chaque expérience reste unique ! 

© Stéphane Roy
© Stéphane Roy
© Stéphane Roy

Quels sont vos projets et vos envies pour 2015 ?
Je suis dans une période particulière en ce moment, où j’ai relégué la création au second plan depuis déjà quelques temps. J’essaye de m’installer convenablement dans ma nouvelle vie à Bruxelles, mais cela me prend bien plus de temps que je ne l’aurais pensé. 
Donc je suis discret côté créations, mais je continue silencieusement d’esquisser toutes ces idées qui me traversent l’esprit, dans l’espoir qu’arrivera bientôt ce jour où je pourrai enfin m’y remettre pleinement, sans avoir l’esprit préoccupé par d’autres choses. 
Je peux cependant avouer un certain désir à m’ouvrir à nouveau à d’autres médiums et ne plus me limiter à la photographie comme je l’ai fait jusqu’à présent. J’ai bien trop de choses à exprimer pour le condenser à travers un seul médium… L’avenir nous dira si le résultat en sera intéressant ou non.

 


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  • Artist UP
    (hôte)
    • 2017-04-05 08:02:28
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  • Tags - #paris #photographe #video #Lyon #photographie #creation #image #modèles #fine art #folie #femme #décadence #Directeur Artistique #performance #rêves #bruxelles #cauchemar #langage #Stephane ROY
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