Thomas DEVAUX : un univers visuel rempli de signes et de symboles

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Thomas Devaux a fait la rencontre avec l'image dès son plus jeune âge. Parallèlement à ses études de cinéma, il s'est essayé à plusieurs médiums tels que la photographie, le cinéma expérimental, le collage, la peinture... 
Son travail actuel est marqué par ce parcours interdisciplinaire, se situant entre la photographie et la peinture, lui permettant de poursuivre ses recherches et expérimentations sur ses deux thèmes de prédilection : le Sacré et le Profane. 
Entre corps et fragments, entre sacré et profane... l'artiste développe un style qui lui est propre jouant sur les textures, s'intéressant à la re-construction et à l'effacement des corps. 

Thomas Devaux est sensible aux univers étranges et notamment aux travaux de David Lynch, qui, en janvier 2012 exposera ses photos lors de l'inauguration de son lieu parisien le Silencio.
Fin 2012 quelques unes de ses photographies entrent dans plusieurs collections, dont celle de la prestigieuse Bibliothèque nationale de FranceSon travail sera ensuite exposé dans de nombreux pays et notamment en Chine, aux Etats-Unis, en France, en Belgique, en Russie...
Thomas Devaux a par ailleurs été invité à présenter son travail lors des Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles en 2013 et à l'occasion de la Biennale de Liège au Musée des Beaux-Arts en 2014.

Le 15 avril prochain, cinq26 en partenariat avec la Maison Européenne de la Photographie, Polka Magazine et Polka Galerie vous propose d'assister à la Projection du documentaire The Shoppers. A travers ce film vous pourrez suivre le processus créatif de Thomas Devaux.

Comment vous êtes-vous familiarisé avec la photographie ?
Mon père m’a mis un appareil photo entre les mains vers l’âge de 5 ans. Il m’a appris les bases. Il développait lui-même ses photographies avec son matériel. Il m’a prêté son appareil et m’a toujours encouragé à faire de mes passions mon travail. Mais c’est à partir de 28 ans que j’ai sérieusement travaillé la photographie dans l’objectif d’en vivre.


La Menine - © Thomas Devaux

Quelles sont vos influences et sources d’inspirations ?
Mes influences viennent en fait plus de la peinture que de la photographie. On le ressent d’ailleurs lorsque l’on voit mon travail. Lorsque j’ai découvert le travail d’Egon Schiele, j’ai eu un choc visuel et émotionnel. Sa maîtrise technique et visuelle m’ont plu tout de suite. J’avais 13 ans, j’en ai 35 et il m’inspire encore. La musique d’un groupe comme « The Tiger Lillies » ou les films de David Lynch m’inspirent également beaucoup. L’étrangeté qui se dégage du travail de ces artistes m’intéresse énormément.  


La Couronne 2 - © Thomas Devaux

Avez-vous des thèmes de prédilection ?
L’ensemble de mon travail et ce depuis le début, traite essentiellement des deux thèmes que sont le Sacré et le Profane. 
 

Les Bras - © Thomas Devaux

Lors de vos études, vous avez travaillé la photographie, le cinéma expérimental, la peinture, ou encore le collage...  
J’ai effectivement commencé par travailler le dessin, la peinture, la sculpture, les films expérimentaux et enfin les collages. Et c’est dans la réalisation des collages que j’ai le plus appris - cela a d’ailleurs eu une vraie influence dans l’élaboration et la construction de mes photographies aujourd’hui. Je me sens de toute façon plus plasticien que photographe, je travaille d’ailleurs sur certaines installations en ce moment. 
  
Le Ventre - © Thomas Devaux

Vos compositions ont de fortes allures de peintures et de lithographies... Quel rapport établissez-vous entre ces différents médiums : photographie, peinture, lithographie ? 
Dans ma série Attrition on retrouve l’influence de la peinture, du dessin ou du collage.
J’ai travaillé le collage il y a maintenant plus de 10 ans et je voulais retrouver les structures étranges, que j’avais mises en place, ainsi que les effets de déchirures propres à cette technique.
Avec Attrition, j’étais à la recherche d’une vision différente de la photographie. Ces photographies sont le résultat de montages construits à partir d’images de reportages prisent dans le milieu de l’art ou de la mode. Le choix d’un rendu final proche de la peinture ou de la lithographie est assumé. J’utilise des papiers photos qui ressemble à un papier de gravure. Pour moi les autres mediums enrichissent la photographie contemporaine. 


Les Visages et La Main - © Thomas Devaux

Vous avez créé une série de collages intitulée « TEARING »... Pouvez-vous nous en dire plus ?
Le premier travail que je peux considérer comme vraiment abouti est ma série de collages que j’ai réalisée en 2006. J’avais trouvé une édition de vieux livres d’art des années 1920 faite à l’héliographie (un procédé d’impression en noir et blanc proche de la gravure) et je les déchirais pour en faire des collages !
Il y avait des œuvres d’Ingres, Vélasquez, de Georges de La Tour entre autres. 
Je me réappropriais les éléments pour en faire des portraits ou des personnages assez étranges, proches du sacré, complétement différents de l’original. 
Je les ai exposés pour la première fois en 2014 au Musée des Beaux Arts de Liège.
 
 
Le Sommeil - © Thomas Devaux

Quel matériel et/ou techniques utilisez-vous ?
Au sein de votre processus de création vous captez vos sujets en prise de vue directe que vous retravaillez en numérique par la suite... 
Quel effet/rendu souhaitez-vous obtenir ?
 
Lorsque les gens voient mon travail, qu’ils soient photographes ou non, ils ont du mal à comprendre mon processus de création.
J’ai crée au fil des années différentes techniques qui me permettent aujourd’hui d’obtenir des images étranges  aux limites de la photographie. Il s’agit bien d’une prise de vue directe, mais une prise de vue envisagée d’emblée comme fragment d’une recomposition future.
Je crée une banque d’images faite de photographies de vernissages ou de backstages shootées avec un canon 5D mark II, un flash cobra et une petite softbox.
J’ai des visages, des corps, des mains, des cheveux, des vêtements… Ensuite je fais comme pour mes collages il y a quelques années, je les assemble, les mélange pour obtenir des formes, des visages, des personnages, des situations qui m’intéressent. J’obtiens des fichiers de très grandes tailles, l’équivalent de photos prises avec un appareil de 150 millions de pixels.
Les œuvres composant cette série « ATTRITION » participent par leur composition et leur volonté figurale, d’une double articulation entre emprunt et réinterprétation d’une part, et ancrage dans l’histoire de l’art d’autre part. La série ATTRITION, grâce aux possibilités étendues des techniques numériques dont je tire un vrai parti, montre un foisonnement de formes et de matières : une prolifération organique de cheveux, de fragments de corps, reflets et moires d’étoffes. Le portrait devient dédoublement d’un visage engendré par lui-même ou encore évanouissement dans son propre contour.
Ma construction des corps est parfois étrange, les mains ou les membres sont trop gros, mais cela ne me préoccupe pas, je ne cherche pas à reproduire un réel. J’aime aussi donner une dimension plus émotionnelle au corps. Je peux donc donner l’impression d’un éclatement du corps ou d’une déconstruction, mais tout cela tient toujours d’une manière très harmonieuse grâce à un autre équilibre, moins organique plus métaphorique.
 
Les Fleurs Rouges - © Thomas Devaux

Votre série « ATTRITION », fortement plébiscitée, vous a permis d'être Lauréat de la Bourse du Talent et nominé au Prix ARTE cutlog art en 2011... Pourquoi avoir choisi d'orienter cette série vers l'univers de la mode ? 
J’ai travaillé dans la mode un peu par hasard, j’y réalisais une émission de télé sur la mode masculine. Mais j’y ai appris beaucoup de choses techniquement et dans mon approche de la photographie. J’en ai gardé au moins sur mon travail en couleur une esthétique particulière. 
La beauté et pour moi intéressante car elle permet de traiter tous les sujets que l’on souhaite. On peut comme l’a fait Joel Peter Witkin, utiliser de vrais morceaux humains et traiter de sujets très durs lorsque l’image est belle ça passe.
 

La Robe Rouge 1 - © Thomas Devaux
La Robe Rouge 2 - © Thomas Devaux

Vous réintroduisez ces modèles au sein d’un monde sombre, onirique  et élégant...
Quelle(s) sensation(s)/message(s) souhaitez-vous faire passer ?
 
Les sujets que j’ai crée dans “Attrition” sont toutes magnifiques, elles représentent la beauté, pourtant leur maigreur a quelque chose d’inquiétant, c’est le basculement vers quelque chose de plus sombre : ce n'est que de la matière organique qui va pourrir. Mes modèles sont pour moi une métaphore de l’orgueil de l’humain, de son état de sur-puissance face à la nature. Mais je sanctifie mes sujets, les transforme en icônes que je brise souvent d'un détail subtil, balayant d'un coup toutes les vanités qu’ils ont accumulés.

Yulia - © Thomas Devaux

Au sein de votre projet « THE SHOPPERS », vous photographiez une scène de la vie quotidienne : celle de sujets passant en caisse de magasin… 
Pourquoi avoir choisi de représenter des anonymes - ce qui peut contraster avec les modèles de l'univers de la mode ?
En fait depuis deux ans je ne prends plus de modèles en photo pour mes séries. Je crée mes personnages à partir d’anonymes dans les vernissages d’exposition. Mais dans The Shoppers, je suis face aux personnes de la vie courante, dans des supermarchés qui ne sont pas dans une forme de représentation. Ils ne sont pas spécialement apprêtés et sont là un peu par contrainte, par nécessité, sans prendre vraiment de plaisir. 
J’avais envie d’un retour à la photographie de portrait. Les personnes que l’on trouve dans cette série sont réelles, il n’y a que des retouches au niveau des filtres et de la lumière, le sujet photographié avec son expression, ses rides, ses défauts, prend toute son importance.
  

The Shopper 1 - © Thomas Devaux
The Shopper 5 - © Thomas Devaux
The Shopper 9 - © Thomas Devaux

Souhaitez-vous introduire une dimension sociale et/ou psychologique dans votre travail ?
La dimension psychologique existait déjà dans mon travail, par contre la dimension sociale un peu moins. On m’a dit que cette série était politique par rapport au reste de mon travail. Je pense effectivement qu’elle se place dans une réflexion sur notre mode de consommation actuelle, notre relation au consumérisme. 
« Je dépense donc je suis ». 


The Shopper 3 - © Thomas Devaux

The Shopper 4 - © Thomas Devaux

Quelle a éte la remarque /ou avis sur votre travail, qui vous ait le plus marqué ?
Lorsque l’ex directeur (François Hébél) du très prestigieux festival « Les Rencontres d’Arles » à choisi de parler de mon travail dans une conférence sur « Le Futur de la Photographie » où il présentait à Amsterdam deux photographes. 
Une des personnes les plus influentes de la photographie contemporaine montrait mon travail si particulier, expliquait que c’était bien de la photographie et qu’elle pourrait être sa forme dans le futur ; une image composite.

Pieta 2 - © Thomas Devaux

Quelle expérience a été la plus marquante au sein de votre parcours (expositions, rencontres...) ?
Surement ma conférence devant plus de 2000 personnes dont la moitié sont des journalistes lors de la semaine d’ouverture des Rencontres d’Arles en 2013, filmée par Arte en partenariat avec Télérama. 
La projection cette année d’un documentaire sur mon travail à la MEP sera également un moment fort. 
 

Contre Elles - © Thomas Devaux

Quels sont vos projets/actualités/envies pour 2015 ?
Je viens de participer à Art Paris au Grand Palais et je sors un documentaire de 26 minutes sur ma nouvelle série The Shoppers. Ce documentaire est réalisé par Cinq26 qui en partenariat avec Polka magazine sera projeté à la Maison Européenne de la Photographie à Paris en avril 2015
J’aurai ensuite plusieurs expositions en Belgique à Paris et à Lille. 
Je travaille actuellement sur les dernières images de ma série Shoppers ainsi qu’à une installation qui participera à la série. En parallèle je poursuis l’élaboration d’une autre installation sur un autre travail, mais ça on en reparlera…

EVENEMENT : 15 AVRIL 2015

cinq26, en partenariat avec la Maison Européenne de la PhotographiePolka Magazine et Polka Galerie vous propose d'assister à la Projection du documentaire The Shoppers. 
Ce film de 26 minutes vous propose de suivre le processus créatif de Thomas Devaux. 
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    (hôte)
    • 2017-04-17 13:59:23
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