Arthur-Louis Ignoré alias ALI, explore le motif à travers l’ornement et le mandala

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Arthur-Louis Ignoré alias ALI est un jeune artiste urbain rennais, qui explore le motif à travers l’ornement et la figure du mandala - confrontant l'aspect traditionnel à une forme de modernité : "Je pense que l'art urbain lui aussi est une bonne manière de venir questionner les rapports humains qui existent au sein d'une ville contemporaine.".
Il y a un peu plus de deux ans, ALI a réalisé son premier mandala sur un trottoir, sur le chemin qu'il empruntait tous les jours pour aller à la fac. Une manière de souligner un instant précis de son quotidien... puis, l'idée qu'une peinture puisse intéragir avec une multitude de quotidiens totalement différents est née... et l'a poussée à continuer.
L’inconscient et l’aléatoire sont au coeur de son processus créatif : "j'aime créer sans plan et le plus simplement possible pour garder un tracé très intuitif, que ce soit sur papier ou sur bitume". 
ALI ne réalise pas de plan au préalable et c’est le plus souvent muni de l’essentiel - d'un pinceau ou d'un squeezer - que l’artiste peint dans la rue : "J'aime penser que je me trouve à la limite entre l'art et l'artisanat. A la fois je réponds à des codes de composition qui se retrouvent par exemple dans beaucoup d'ornements architecturaux, mais je me dédouane également d'une rigueur qu'un enseignement maître/apprenti aurait pu instaurer. Je ne fais pas de plan, n'utilise pas d'outils, mes traits ne sont ni parfaitement droit ni parfaitement symétrique..."
Une manière de l'artiste à valoriser l’acte et de créer ainsi, par l’assemblage de motifs, dans un lieu, à l'instant T : "les motifs naissent dans le lieu même. Je m’imprègne de manière consciente comme inconsciente de ce qui constitue l'environnement dans lequel je peins...".


ALI, pouvez-vous vous présenter en quelques mots... ?
Je m'appelle Arthur-Louis Ignoré alias ALI. J'ai 22 ans et je vis actuellement à Rennes. Le processus créatif a une place très importante dans mon travail, j'aime créer sans plan et le plus simplement possible pour garder un tracé très intuitif, que ce soit sur papier ou sur bitume.

 © Arthur-Louis Ignoré alias ALI - Rennes (mars 2015)
© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - challans fresque

A quelle occasion votre intérêt pour l'art s'est-t-il manifesté et comment a-t-il évolué ?
J'ai vécu une partie de mon enfance à Mayotte ou j'ai eu la chance de croiser des gouzous sur le chemin de l'école. Le travail de Jace a été donc mon premier contact avec l'art urbain. Par la suite les villes dans lesquelles j'ai habité ne disposaient pas d'une véritable scène artistique urbaine. Je pense que je fais partie de cette génération qui a profité et profite encore de l’accès à la culture et à l'art qu'offre internet. J'ai découvert le travail de Swoon, ROA ou encore VHILS de cette manière.
Je suis très attaché à la ville de Rennes car je pense que c'est en allant y faire mes études que mon intérêt pour l'art s'est conforté. Je me suis construit autant sur le plan artistique que personnel.
Les études en art m'ont permis d’acquérir un regard différent et de découvrir d'autres formes d'expressions, d'aller puiser dans l'histoire de l'art des problématiques qui ont nourrie ma pratique urbaine.

 
© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - Rue dupont des loges, Rennes
© Arthur-Louis Ignoré alias ALI

© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - rue du pré du mail, Rennes

Pourquoi avoir choisi d'exprimer votre art au milieu urbain ?
Quand avez-vous créé votre première oeuvre de rue ? 
Quel souvenir en gardez-vous ?
Il y a un peu plus de deux ans je peignais mon premier mandala sur un trottoir. Avant ce moment précis je créais surtout dans le but d'expérimenter la rue. J'avais déjà peint ou collé des dessins mais rien qui puisse se rapporter à une pratique définie.
J'ai toujours perçu la rue comme un médium. Elle a ses spécificités, ses qualités, ses défauts, comme peuvent l'avoir d'autres médiums comme le tissu ou le bois. Si on veut créer avec, il faut les connaître, savoir de quelle manière les utiliser, avec quels outils...
Les mandalas que je réalise sur le sol peuvent tenir plusieurs mois tout dépend de la météo et de la peinture que j'utilise. J'ai peint mon premier mandala sur le chemin que j'empruntais tout les jours pour aller à la fac. L'apposer sur ce trajet régulier était une manière de souligner un instant précis dans mon quotidien. Je sais que je n'était pas le seul à emprunter tout les jours ce chemin, alors l'idée qu'une peinture puisse intéragir avec une multitude de quotidiens totalement différents m'a poussé à continuer.
J'aime beaucoup les films de Wong Kar Wai comme Chuncking Express ou encore My Blueberry Night, ils questionnent les rapports humains qui existent au sein d'une ville contemporaine. Je pense que l'art urbain lui aussi est une bonne manière de venir questionner ce phénomène.

 

© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - Rennes
© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - Rennes

Comment définiriez-vous votre univers artistique ?
J'aime penser que je me trouve à la limite entre l'art et l'artisanat. A la fois je réponds à des codes de composition qui se retrouvent par exemple dans beaucoup d'ornements architecturaux mais je me dédouane également d'une rigueur qu'un enseignement maître/apprenti aurait pu instaurer. Je ne fais pas de plan, n'utilise pas d'outils, mes traits ne sont ni parfaitement droits ni parfaitement symétriques...

 

© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - rue Papu, Rennes 
© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - rue St Hélier, Rennes

Un certain exotisme/orientalisme se retrouve dans vos créations...
Pouvez-vous nous en dire plus ? 
Des voyages ont-t-ils influencés vos créations ?
Mes parents ont toujours aimé voyager et donc très jeune j'ai été sensibilisé à d'autres cultures, coutumes et traditions. C'est ce qui a éveillé ma curiosité et en partie conditionné ma pratique.
Ces souvenirs agissent comme une banque de données d'images dans laquelle je pioche consciemment ou inconsciemment. Ce sont des parures, des lieux de culte, des objets du quotidien... On le voit très clairement par exemple avec les tapis en carton que je peins et qui s'inspirent des tapis persans.
On parlait du mandala bouddhiste mais il existe aussi en Inde une pratique quasi similaire en poudre de riz qui s'appelle le Kolam. Une tradition transmise de mère en fille et qui est réalisée chaque jour au seuil des maisons. J'aime travailler les contrastes que ce soit à travers le N&B ou encore les pleins et vides. Ici, je pense que le fait de peindre ce type de motifs dans la rue, permet de confronter cette aspect traditionnel à une forme de modernité.

 

© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - tapis persan 100 % carton
© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - tapis exposition aux champs libres

Vous explorez le motif "à travers l'ornement et la pratique du mandala"...
Le mandala est souvent associé au bouddhisme, est-ce une pratique/univers qui vous intéresse particulièrement ?
Ce n'est pas ma principale source d'inspiration mais j'aime faire le lien entre l'aspect éphémère du mandala bouddhiste et celui de l'art urbain. Créer de l'éphémère c'est valoriser l'acte. On le voit dans l'art urbain, il y a dans le fait de sortir pour poser (coller,peindre...) une prise de risque et une recherche d'adrénaline. Pour ma part j'y cherche plus quelque chose de l'ordre de la méditation.
Je ne prépare pas de sketch au préalable donc les motifs naissent dans le lieu même. Je m’imprègne de manière consciente comme inconsciente de ce qui constitue l'environnement dans lequel je peins. 
Le choix du lieu, sa configuration et son contexte, l'état d'esprit dans lequel je me trouve, sont des éléments qui deviennent importants.
La forme finale du mandala peut-être alors perçue comme la partition d'un acte instinctif, spontané.

 
© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - découpe bâche
© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - Exposition aux Champs libres, Rennes

Vous avez exposé à Rennes. Qu'est qui est le plus difficile et le plus agréable dans le fait d'exposer son travail ?
Pour le festival « Maintenant » j'avais créé un mécanisme de rouages en bois en mouvement. Ma peur était que les rouages se grippent et que la mécanique se stoppe pendant le vernissage. J'ai donc passé ma soirée sous tension, à côté des rouages, prêt à intervenir à tout instant. Ce fut un moment assez stressant et d’ailleurs je ne me souviens qu'en partie de ce vernissage. 
Mis à part ce souvenir, j'apprécie vraiment ces occasions de montrer mon travail et d'en discuter. Ces rencontres sont aussi une manière de le nourrir en le confrontant à d'autres visions, d'autres expériences.


© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - Rouages, Exposition aux Champs libres



ALI - Exposition Mandala - Festival MAINTENANT - Espace M, Rennes 2013 from J.A.S on Vimeo.

 

© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - plafond
© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - plafond

Quels sont vos projets et vos envies pour l'année 2015 ?
Je vais faire un tour à Montréal pendant quelques temps voir ce qui se fait là-bas. J'ai un projet en cours avec Electroni-k pour octobre 2015, je ne peux pas trop en dire pour le moment mais je pense changer d'échelle pour ce projet.


© Arthur-Louis Ignoré alias ALI - Nantes


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  • Léa Rekouane
    (hôte)
    • 2015-04-19 13:40:08
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  • Tags - #art #street art #urbain #dessin #Rennes #Arthur-Louis Ignoré #ornement #mandala #ALI
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