Colette Saint Yves : entre fascination et fantasme d’une époque passée ou rêvée...

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« Je suis seule confrontée aux images ».
Pour Colette Saint Yves rêveuse et passionnée, l’image est à la fois un centre d'intérêt qui la suit depuis son enfance et un langage qu’elle exprime par différents mediums et supports : « disons que j’ai des “phases” collage, photo ou video».
Collectionneuse d’images, elle exprime ses émotions et sentiments à travers son art et des images anciennes. Des silhouettes de femmes, enfants, paysages, animaux sont mis en scène dans un espace intemporel - entre le monde contemporain et l’univers d’antan. 
Ses créations relèvent de la technique surréaliste de la juxtaposition irrationnelle et leur séduction provient souvent de la nostalgie qu’elles dégagent. Entre fascination et fantasme d’une époque passée ou rêvée, la jeune artiste nous plonge dans son univers dada et surréaliste. 
Colette fait parler d'elle pour son univers si reconnaissable et continuera à faire couler l'encre avec ses projets à venir...
 
Votre nom, Colette Saint Yves, nous fait penser aux actrices du cinéma muet des années 1920. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre nom d’artiste … ?
Oui, je suis assez fascinée par les actrices de l’époque du muet, comme Pola Negri, Theda Bara, Musidora, ou encore Anna Sten. J’ai choisi Colette car j’avais adoré adolescente, "Sido". Ce livre m’avait beaucoup marqué et il m’avait porté chance lors de mon bac de français. Avec le recul, parfois je regrette d’avoir pris un pseudonyme car je le trouve un peu désuet ; mais maintenant il fait partie de moi et c’est difficile s’en débarrasser.

© Colette Saint Yves - "Paper and soul"
 
Depuis votre enfance, vous collectionnez l’image sous toutes ses formes. Comment cette passion est-t-elle née et comment s’est-t-elle développée ?
Je collectionne beaucoup d’images, effectivement et peut-être même, un peu trop car ma chambre commence à être un peu submergée par tous ces regards d’inconnus. Je pense que cette passion pour l’image s’est développée lors de mon enfance.
Je ne sais pas si c’était bien ou pas, mais nous avions avec ma sœur, une télévision dans la chambre avec un magnétoscope et des étagères remplies de cassettes vidéos, de dessins animés avec Bugs Bunny, mais aussi des films comme « Les oiseaux » ou « Psychose » d’Alfred Hitchcock ou « L’enfant Sauvage » de François Truffaut et aussi des Chaplin. Je pouvais les regarder en boucle et je pense que ça a forgé mon attrait pour les images et les films.
Au lycée, je ne savais pas vraiment ce que je voulais prendre comme option, j’hésitais entre le latin, le théâtre, le cinéma et les arts plastiques. Finalement, j’ai commencé par le latin, puis j’ai arrêté au bout d’un an et j’ai continué en cursus Cinéma et audiovisuel, tout en faisant du théâtre et en m’incrustant dans les sorties des cours d’arts plastiques. Ces années de cours de cinéma au lycée et à la fac m’ont vraiment confortées dans cette passion des images.

 © Colette Saint Yves - "όνειρο"

© Colette Saint Yves - "όνειρο"

Votre pratique se situe à mi-chemin entre photographie, collage et vidéo…
Pouvez-vous nous parler de ces différentes techniques ? Avez-vous une préférence pour l’une d’entre-elles ? 
Avec la vidéo et le collage, je dirais que c’est un travail solitaire, je suis seule confrontée aux images. Quand je réalise des collages, la plupart du temps, je mets un vinyle avec une musique qui traduit mon humeur. Mais avec la photographie, il y a une interaction avec mon ou mes modèles, c’est vraiment différent.
Je n’ai pas de préférence, parfois j’ai besoin de m’exprimer par le collage et d’autres fois la photographie… cela dépend.
Disons que j’ai des « phases » collage, photo ou vidéo. J’aimerais approfondir avec la réalisation et la vidéo et aussi j’espère commencer l’autoportrait mais j’ai beaucoup de mal à me prendre en photo.
 
© Colette Saint Yves - "Paper and soul"


Nitrate, mon amour. from Colette Saint Yves on Vimeo.

Vos collages sont créés à partir d’images anciennes. Pouvez-vous nous en dire plus sur le processus créatif du collage… ? Où trouvez-vous les images utilisées pour vos collages et comment procédez-vous au choix de ces images ?
Parfois c’est un rêve qui dicte mon collage. J’essaye de trouver des éléments dans ma pile d’images qui pourraient correspondre. Mais cela peut-être aussi une émotion que j’ai dû mal à traduire, comme un message que je n’arriverai pas à faire passer.
Par exemple, j’ai réalisé un collage il y a quelques temps, car j’étais tombée très amoureuse d’un homme, mais lui avouer mes sentiments, était compliqué et la situation l’était aussi. C’est à partir de cette souffrance que j’ai créé le collage. Un peu comme une lettre d’amour mais en collage. Ça peut partir d’une image qui m’inspire une idée et je pars de celle-ci pour créer. J’ai beaucoup de vieux magazines, livres et journaux de reportages, sur le cinéma et de vieilles encyclopédies. Je les achète sur des brocantes ou chez Emmaüs.
 
© Colette Saint Yves - "Paper and soul" - La belle du bûcher

Vos créations, étranges merveilles, nous plongent dans l’univers dada et dans le surréalisme …
Pouvez-vous nous parler des artistes et mouvements artistiques qui influencent votre travail ? 
Max Ernst avec son livre « Une semaine de bonté » m’a beaucoup influencé. Mais aussi Joseph Cornell ou Karel Teige pour ne citer qu'eux.

… Vos thèmes de prédilection ?
La folie amoureuse et le corps en particulier celui de la femme dans une nature hostile, je pense.

 
© Colette Saint Yves - "L'Eden"

© Colette Saint Yves - "Les dunes"

Avez-vous une ou plusieurs séries qui vous tiennent particulièrement à cœur ?
La série « A summer tale » me tient particulièrement à cœur car c’était quelques mois après avoir perdu mon père. J’étais un peu perdue et je recommençais à tomber malade (maladie auto-immune). Je n’avais pas beaucoup d’argent mais un ami avait une grand-mère qui possédait un mobile-home près de Berck Sur Mer. Nous y sommes allés avec une amie et ces quelques jours passés là-bas m’ont fait beaucoup de bien. Prendre des photos m’a permis de calmer ma tristesse et ma rage, ou tout au moins d’essayer de la sublimer. La mer du nord et les dunes, m'inspirent beaucoup, j'espère y retourner très prochainement pour une nouvelle série de photos.

© Colette Saint Yves - "A summer tale"
  
On retrouve dans vos travaux des silhouettes de femmes, enfants, paysages, animaux mis en scène dans un espace intemporel entre le monde contemporain et l’univers d’antan.
Quelles émotions/réactions voulez-vous susciter ? Seriez-vous nostalgique d’une époque en particulier ?
C'est vrai que je ne photographie pas beaucoup de situations contemporaines à la nôtre, si l'on peut dire. Même lorsqu'il n'y a pas de mise en scène, comme par exemple dans ma série à Etretat, notamment la photo des enfants et passants sur la plage, j'ai essayé de donner une sensation d'intemporalité aux photographies. Pour cela, j'ai utilisé la double exposition ou encore grâce à une pellicule périmée.
Je ne sais pas vraiment ce que je souhaite mettre en lumière, mais je sais que j'ai beaucoup de mal avec les couleurs trop proches du réel, même si j'admire des photographes qui sont parfois très loin de mon univers. Oui, peut-être que je suis nostalgique ou alors je fantasme une époque passée ou rêvée. 

 
© Colette Saint Yves - "Miroir fantôme"
© Colette Saint Yves - "Miroir fantôme"

Des actualités, projets en cours ou à venir que vous souhaiter partager avec nous ? 
Je travaille sur un livre de contes de Scott Crary, qui seront illustrés par mes photos. Le livre devrait sortir dans quelques mois. Je travaille aussi sur mon propre livre de photos et collages.

 
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    • 2015-04-27 16:08:39
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  • Tags - #photo #video #collage #photographie #noir et blanc #imaginaire #ancien #Colette Saint Yves #brocante #surrealime #dada
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