L'efficacité narrative du réalisateur Nicolas Davenel

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Nicolas Davenel est plutôt issu de la postproduction. Avec une formation technique de monteur audiovisuel, c'est tout naturellement qu'il a commencé par le montage de clips vidéos - et c'est ainsi que la musique a rapidement pris une place de choix dans son univers créatif.
Après son tout premier clip “Time for nothing more” co-réalisé avec Thomas Delebecque pour THE PARISIANS - Nicolas Davenel a poursuivi ses projets en solo, mais aime collaborer avec des gens et continue à le faire dès qu'il en a l’opportunité.
A son actif des réalisations pour BIRDY NAM NAM, BRODINSKI, THE AIKIU, MOPED GANGS x PEGASE... Le clip vidéo "Defiant Order" de BIRDY NAM NAM a été très bien accueilli sur internet et a notamment reçu le Vimeo Staff Picks, "ce qui a mon niveau est déjà une jolie reconnaissance et est un bon moyen de promouvoir mon travail." 
Selon Nicolas, faire des clips permet de développer un style visuel, mais lui a surtout donné envie de "développer l’aspect narratif et fiction qui sont souvent mis de côté." 
Actuellement en préparation d’un court-métrage, c’est une nouvelle étape passionnante qui ouvre plein de nouvelles perspectives à Nicolas Davenel :" c’est un rythme plus lent, le travail avec les acteurs est très différent, on parle de psychologie de personnages (...)".
TO BE CONTINUED...

 
 
Mon premier contact avec la création artistique s’est fait par la musique. Mes parents m’ont inscrit à des cours de piano et plus tard, des cours de musique sur ordinateur et ça a été un point de départ important vers des envies créatives, même si ça se résumait à faire des instrus dans mon grenier quand j’étais ado! 
Au delà de ça j’ai toujours eu l’envie de créer des choses et j’ai découvert la vidéo ou la photo par curiosité, de manière un peu empirique et avec assez peu de références. J’ai suivi un parcours scientifique et les points de rencontre avec des disciplines artistiques étaient peu nombreux. 
Ce côté touche à tout m’a amené à vouloir faire des études en rapport avec l’image ou le son et je suis finalement parti apprendre le montage dans un BTS audiovisuel après le lycée. C’est la première fois que j’ai eu réellement des cours en rapport avec l’art et j’ai eu la chance d’avoir une professeure passionnée, fondatrice notamment d’un festival d’art vidéo & expérimental (TRAVERSE VIDEO, à Toulouse). Elle a semé des graines fondamentales de connaissance sur le cinéma, la peinture et divers autres médiums. Sans être complètement une école d’art, ces études m’ont appris à regarder et développer un sens critique.
 

© Nicolas Davenel - NIKE FOOTBALL - The Ice Kings
 
J’ai ensuite commencé à travailler directement, entre autre du montage de clip vidéo, ce qui est une bonne école d’efficacité de narration et de rythme. Globalement le montage est très formateur pour la réalisation puisqu’on sait assez précisément ce dont on a besoin au tournage, on sait comment les plans s’assemblent à l’avance et cela permet d’anticiper les choix et d’éviter de s’éparpiller dès l’écriture d’un projet. 
Pour revenir au clip j’en ai monté quelques dizaines pour d’autres réalisateurs et ça m’a naturellement donné envie d’en tourner et ne pas simplement monter les images des autres assis dans une petite pièce toute la journée.
 

© Nicolas Davenel - BIRDY NAM NAM - Defiant Order 

Je suis issu d’une génération bercée par les clips vidéos sur MTV, au lycée on téléchargeait des clips vidéos pour les graver sur dvd et pouvoir les regarder en boucle sur le lecteur DivX du salon, mes premières claques ont probablement été les clips de Chris Cunningham pour Aphex Twin, Window Licker ou Come to daddy qui quaisment 20 ans après sont toujours aussi puissants, drôles et terrifiants à la fois. 
 


Mon premier clip pour The Parisians, Time for nothing more, que j’ai co-réalisé à l’époque avec Thomas Delebecque (un spécialiste de la gravure de clips sur DVD à l’époque !), était plutôt un concept visuel : un gigantesque travelling arrière en stop motion que l’on a shooté et assemblé photo par photo, c’était un travail titanesque que je ne referais probablement jamais ! A l’époque on était pas mal influencé par les clips avec des concepts visuels et tourner en stop motion était à portée de main, on pouvait tout faire tout seul avec un budget proche du néant. 
 


Faire des projets en duo est aussi enrichissant et motivant puisque la réflexion sur des projets est un ping pong d’idées, mais c’est aussi contraignant sur le long terme, car il arrive toujours un moment où l’on a envie de développer ses propres idées... J’ai donc continué mes projets en solo mais j’aime collaborer avec des gens et je continue à le faire dès que j’en ai l’opportunité.
Mis à part cette première et unique expérience de tournage en photo, j’ai beaucoup tourné au Canon 5D quand cet appareil est sorti, comme beaucoup de réalisateur en herbe, puisque je n’avais pas encore accès à de vraies équipes de tournage.
Tout ça s’est combiné à des voyages aux Etats Unis et j’ai donc fait mes premiers clips là bas, ce qui est toujours un environnement très séduisant lorsqu’on commence. On a l’impression de faire un long métrage alors qu’on est tout seul au milieu du désert avec un appareil photo.
 

© Nicolas Davenel - BIRDY NAM NAM - Defiant Order 

C’est également aux Etats Unis que j’ai eu mes premiers contact avec la scène mobylette, les Moped Gangs américain, qui ont d’une certaine manière lancé une certaine obsession pour tout ce qui est mécanique, notamment le stunt moto dans le Defiant Order de Birdy Nam Nam ou les camions décorés dans Win de The Aikiu.

THE AIKIU - WIN from NICOLAS DAVENEL on Vimeo.

LIVE FAST // RIDE SLOW - MOPED GANGS DOCU TEASER from NICOLAS DAVENEL on Vimeo.

A chaque projet j’ai essayé d’augmenter l’ambition d’image et ça passe par des choix de caméras plus traditionnels en tournage numérique avec des caméras RED ou Alexa, les équipes grossissent peu à peu et c’est un apprentissage de réussir à gérer tout ce monde mais c’est la clé pour se détacher de l’aspect technique et être uniquement focalisé sur la mise en scène. 
Le tournage est évidemment la phase la plus excitante d’un projet, c’est un moment très court et intense où tout se joue, il s’agit de l’avoir bien préparé avant et d’être très concentré pendant. Le montage est ensuite un moment plus calme, où l’on peut prendre le temps de réfléchir. C’est évidemment un moment magique de voir les images s’assembler et raconter quelque chose, mais c’est aussi un cauchemar quand rien ne marche et ça arrive plus souvent qu’on ne le pense !
 

© Nicolas Davenel

J’ai travaillé avec pas mal de catégories d’artistes différents, qui mènent parfois à des projets de coeur dans lesquels je suis totalement libre, même si les moyens que j’ai sont souvent faibles, et des projets de pure commande dans lesquels j’essaie simplement de combiner les envies de l’artiste et du label avec mes propres goûts, même si je ne suis pas client de la musique. 
Tous les projets se situent entre ces deux extrêmes et ont chacun leur intérêt, développer une image et des idées personnelles dans un cas, savoir répondre à une commande et avoir accès à des plus gros moyens de tournage dans l’autre. Combiner tous ces types de projets m’a en tout cas beaucoup aidé à avancer, c’est des rencontres passionnantes et on se retrouve souvent dans des situations insolites. 


© Nicolas Davenel

Un jour on est en shoot photo avec Booba dans une villa à Miami avec un crocodile albinos qui nage dans une piscine entourée de Bimbo, l’autre on provoque un bouchon sur une autoroute en banlieue pour filmer des bikers qui font des roues arrières, plus tard c’est Marc Lavoine qui nous ouvre en bottes et pyjama pilou dans sa maison de campagne un dimanche matin, bref c’est plutôt absurde mais c’est aussi ce qui me plait dans ces projets.

 
© Nicolas Davenel - THE AIKIU - Win

Le rapport avec les artistes est très variables, le clip de The Aikiu a par exemple été écrit directement avec Alex le chanteur du groupe, et pour le clip de Birdy Nam Nam je ne les ai rencontré que bien après avoir sorti le clip. Il y a souvent beaucoup d’intermédiaires ente un artiste et le réalisateur mais il faut malgré tout être en phase pour que tout le monde avance dans la même direction et le projet doit plaire à l’artiste donc il y a toujours une communication même indirecte.
Le clip de Birdy Nam Nam a été très bien reçu sur internet et a notamment reçu le Vimeo Staff Picks, ce qui a mon niveau est déjà une jolie reconnaissance et est un bon moyen de promouvoir mon travail. 

Birdy Nam Nam - Defiant Order from NICOLAS DAVENEL on Vimeo.

Ça a notamment attiré le regard de sociétés de production clip et pub comme Standard Films avec qui j’ai fait mes premiers pas dans la publicité ces derniers mois -  je viens de terminer un film pour Nike que l’on a tourné en Russie il y a quelques semaines.

NIKE - THE ICE KINGS from NICOLAS DAVENEL on Vimeo.

Faire de la pub, c’est à la fois un moyen de gagner sa vie mais aussi de développer de nouvelles qualités de narration et une rigueur de travail car tout doit être d’une précision absolue, on n’a pas le droit à l’erreur et il s’agit de raconter des histoires en très peu de temps et peu de plans, aller à l’essentiel et c’est une nouvelle fois une bonne école en matière de narration.
 
© Nicolas Davenel - NIKE FOOTBALL - The Ice Kings

Iconoclast qui est un peu la grande soeur de Standard me représente aujourd’hui et je vais poursuivre avec eux des projets publicité en 2015 - sans oublier le clip qui est un peu une marque de fabrique chez eux afin de développer des réalisateurs, comme ils l’ont fait avec les Mégaforce, So Me ou les We are from LA.
De mon côté faire des clips permet de développer un style visuel mais m’a surtout donné envie de développer l’aspect narratif et fiction qui sont souvent mis de côté. 
 

© Nicolas Davenel

Je suis actuellement en préparation d’un court-métrage, c’est une nouvelle étape passionnante qui ouvre plein de nouvelles perspectives, c’est un rythme plus lent, le travail avec les acteurs est très différent, on parle de psychologie de personnages là où en clip le développement est beaucoup plus limité et tout va plus vite.


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  • Artist UP
    (hôte)
    • 2016-04-28 15:15:09
    • 2 883 views
  • Tags - #clip #video #film #publicité #audiovisuel #Nicolas Davenel #Birdy Nam Nam #vimeo staff picks
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