Aladin Borioli explore l'anthropologie à travers l'image...

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A travers l'image, Aladin Borioli explore les liens entre plusieurs domaines anthropologiques. Dans sa remarquable première série "Apian", il explore plus précisément les relations entre l'apiculture, l’architecture et la science-fiction. Son intérêt pour l'apiculture lui vient de son grand-père apiculteur : "Travailler sur ce sujet était pour moi la possibilité de concilier son héritage et ce que je veux faire dans ma vie.".
Dans « Apian » on découvre des constructions hybrides qui croisent des ruches traditionnelles avec des parpaing de ciment... mélangées aux maquettes qui interrogent la notion d’échelle.
Parmi les nombreuses influences de l'artiste se retrouvent les romans dystopiques du xxe siècle qui décrivent des sociétés futuristes et totalitaires (Robert Smithson et des auteurs de Science-Fiction comme Aldous Huxley ou encore Ray Bradbury...). Il puise aussi son inspiration dans l’essai "The Beehive Metaphor" de Juan A. Ramírez : "C’est un livre fabuleux qui traite de l’influence des abeilles et de l’apiculture sur l’architecture et vice versa (...). Ce livre m’a suivi tout le long du processus de création, c’était un aller retour constant entre le texte et mon travail."
Après sa sélection dans le cadre du Festival Circulation(s) 2015 en début d'année, Aladin Borioli continue de travailler sur son projet « Apian ».
Une partie de son travail est exposée depuis le 6 mars jusqu'au 30 mai (avec les autres lauréats du prix VFG) dans la galerie uno art space à Stuttgart.

 
Pouvez-vous décrire votre parcours artistique ? Comment vous êtes-vous familiarisé avec la photographie ?
Qu’appréciez-vous dans ce médium/moyen d’expression ? Quelles sont vos influences et sources d’inspirations ? 
J’ai tout d’abord commencé par une formation de designer de l’information à l’école d’art de La Chaux-de-Fonds (Suisse). On avait des cours de photographie et j’ai rapidement été plus attiré par ce médium, que par le graphisme. J’ai poursuivi mon cursus par un Bachelor en photographie à l’école cantonale d’art de Lausanne (écal), qui s’est terminé en juin dernier.
C’est l’école allemande, avec des artistes comme Candida Höfer ou Thomas Sthuth qui m’ont dirigés vers la photographie.
Puis, durant ma formation à Lausanne, mes influences se sont élargies, à des écrivains et des plasticiens. Je citerais notamment Robert Smithson et des auteurs de Science-Fiction comme Aldous Huxley ou encore Ray Bradbury.
Je ne sens pas une attache fondamentale avec la photographie, mais plus avec l’image. J’ai l’impression que c’est le médium dont j’avais besoin pour mes projets précédents et je n’exclus pas la possibilité d’en utiliser un autre pour des projets futurs.
 

© Aladin Borioli - « Apian »

Pouvez-vous décrire votre univers artistique et les thèmes abordés ?
Mon travail est à ses débuts, mais je ressens quelques thématiques que je compte aborder au sein de mon oeuvre. La notion de temps est importante et aussi la posture de l’amateur. C’est une chose que j’ai notée et qui m’a beaucoup marquée dans l’apiculture ; c’est un métier qui est resté très amateur.
Les travaux qui sont aux frontières de certaines disciplines, qui tant tôt tombent dans le monde de l’art et tant tôt dans un autre domaine m’intéressent particulièrement. Les thématiques que j’aborde sont fortement liées à l’anthropologie et je me plais d’explorer les liens entre plusieurs domaines anthropologiques. 

© Aladin Borioli - « Apian »
© Aladin Borioli - « Apian »
 
Quel matériel et/ou techniques utilisez-vous ?
Mon premier appareil était une chambre photographique, une toyo 45cf en plastique que j’avais achetée pour faire de la photographie de paysage et c’est resté jusqu’à présent mon outil principal. Mes images sont construites avec précision et pour cela les bascules et la définition des films 4x5 m’aident beaucoup. 

© Aladin Borioli - « Apian »
© Aladin Borioli - « Apian »

Vous faites partie des photographes sélectionnés dans le cadre du Festival Circulation(s) 2015, où vous y avez présenté votre série « Apian »
Quelle est la genèse de cette série ? Comment avez-vous réussi à croiser une approche authentique et atypique à la fois ?
Cette série est née de la pratique d’apiculteur de mon grand-père. Il a toujours souhaité me transmettre ses connaissances et que je devienne paysan. Travailler sur ce sujet était pour moi la possibilité de concilier son héritage et ce que je veux faire dans ma vie.
Cherchant une approche spécifique pour ce sujet, j’ai découvert l’essai de l’historien de l’art Juan Antonio Ramirez, «The beehive metaphor». C’est un livre fabuleux qui traite de l’influence des abeilles et de l’apiculture sur l’architecture et vice versa, mais qui est resté très méconnu, certainement dû à la spécificité de sa thématique. Ce livre m’a suivi tout le long du processus de création, c’était un aller retour constant entre le texte et mon travail. Cela m’a permis de construire mes images par couches, comme différentes strates. La thématique de la Science-Fiction est venue de mes influences et se manifeste tout le long du projet en toile de fond. L’aspect installatif est également crucial. Mes images sont toujours présentées en une série de 8 images encadrées – le projet en contient 24 – qui représente un ensemble et une oeuvre à par entière.
 



vues d’expositions

Souhaitez-vous partager une histoire personnelle, sachant que votre grand-père était apiculteur ?
C’est une bonne question, j’ai déjà pensé à ne pas l’intégrer, car c’est anecdotique et je ne suis pas particulièrement sensible aux projets qui traitent de problématiques personnelles. Finalement, il y a un seul portrait de lui dans la série, c’est bien sûr très paradoxal, parce qu’en ne montrant qu’une seule image de lui, il prend d’un seul coup beaucoup d’importance et cela lui confère un statut quasiment christique. Mais c’était impossible de ne pas l’intégrer, il a trop d’importance dans ce projet. J’ai tout simplement l’impression que je ne pouvais pas faire autrement. Dans sa préface, J.A Ramirez, parle en hommage à son grand-père qui était également apiculture et prévient tout lecteur pour qui les références personnelles n’ont rien à faire dans un ouvrage scientifique de passer directement au chapitre premier. 

© Aladin Borioli - « Apian »

À travers votre travail artistique, nous pouvons voir que vous entretenez visiblement un lien particulier avec la nature. Pouvez-vous nous en dire plus... ?
Je suis né dans la campagne, d’une famille de paysan et je ne crois pas qu’on puisse mettre de côté d’où l’on vient. J’aime travailler avec des matériaux organiques et dans des lieux éloignés de la ville. Mais je ne souhaite pas pour autant en faire le sujet principal de mon travail. Mon rapport à la nature à toujours été d’une évidence inconsciente et je crois que c’est important que ça le reste. 

© Aladin Borioli - « Apian »
 
Pensez-vous que votre création puisse contribuer à sensibiliser un vaste public et soutenir des causes telles que la défense de l’équilibre naturel, notamment des abeilles qui sont un élément clé de la biodiversité ? 
Si mes images peuvent sensibiliser, pourquoi pas, mais en aucun cas je souhaiterais que mon travail soit utilisé pour défendre une cause. En choisissant cette thématique, j’étais conscient du contexte dans lequel s’encraient mes images. Ainsi, je me suis sciemment rapproché d’une étude ethnographique de l’apiculture pour m’éloigner d’un travail sur les abeilles et les problèmes environnementaux. C’est un point important, car même si ce sont des problématiques qui me touchent, je ne voulais pas que ce travail se concentre là-dessus.

 
© Aladin Borioli - « Apian »
© Aladin Borioli - « Apian »
© Aladin Borioli - « Apian »
 
Avez-vous des envies particulières et des actualités pour 2015 ?
Du 6 mars au 30 mai, une partie de mon travail sera exposé – avec les autres lauréats du prix VFG, un concours suisse pour les jeunes photographes – dans la galerie uno art space à Stuttgart. Sinon, je continue de travailler sur le projet «Apian», grâce au soutien de Pro Helvetia. Je vais travailler là-dessus jusqu’à l’été, ensuite on verra.

© Aladin Borioli - « Apian »

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SITE OFFICIEL
  • Léa Rekouane
    (hôte)
    • 2015-05-07 07:06:47
    • 1 804 views
  • Tags - #photographe #photographie #architecture #festival circulations #Aladin Borioli #UNO ART SPACE #abeilles #apiculteur #science-fiction #futur
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