Claire Courdavault : faiseuse d'images, créatrice de chimères !

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« Tout est carburant à la création pour moi ».
Claire Courdavault est une artiste aussi curieuse que talentueuse : son approche artistique est caractérisée par une grande diversité des techniques : « un artiste est un chercheur, je cherche sans cesse, à travers les mediums et les supports ».
Joann Sfar disait « le dessin c’est une vie entière », Claire observe ce qui l’entoure, le dessine tous les jours en s’inspirant des grandes figures d’Art. Cette artiste s’exprime spontanément et laisse la matière la guider. Créatrice de chimères, elle revisite les mythes féminins, travaille autour de la personnalité et de l’érotisme. Ses images sont à la fois étranges, abstraites et envoûtantes.
En quête de l’hypnose, Claire « recherche à développer une forme de fascination » à travers des œuvres faites de « figures de dessins, de formes de mouvements organiques où le spectateur peut voyager inlassablement ».
Ses nombreuses collaborations enrichissent son univers artistique et forment son équilibre créatif.
Elle est indéniablement généreuse et passionnée : « Je trouve d'une importance capitale d'aller réinsérer l'Art dans l'espace public ».
Claire est une artiste dont on pourrait en parler des heures… laissez-vous « envouter par des milliards de détails » qui s'immiscent dans ses oeuvres.
 


La façade d'Obrose galerie d'art, sublimée par Claire Courdavault (détail)

 
--- EVENEMENT ---

Profondément(es) 

Claire Courdavault, Treize Bis, Nathalie Harvey, Nadia Yosmayan & guests
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Vernissage dimanche 14 Février de 15 h à 21h
Exposition du dimanche 14 au dimanche 21 Février
Ouvert de 13h à 19h & sur rendez-vous, fermé lundi
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Profondément(es) fait dialoguer quatre regards à partir d’un workshop
où la création d’œuvres plurielles croise une nouvelle fois les savoirs faire.
Tour à tour profonde, démente mais surtout aimante,
cette rencontre discursive est à appréhender comme une déclaration d’amour.

Des tirages limités, numérotés et signés par les artiste seront mis en vente à des prix très accessibles, Happy Valentine's...
Obrose, 11 rue saint bernard, 75011 - 06 31 13 66 64

EVENEMENT FACEBOOK

INTERVIEW DE TREIZE BIS SUR ARTIST UP


Pouvez-vous nous parler de votre parcours … 
Qu’est-ce qui vous a conduit vers le monde artistique et l’expression par le dessin? Comment cette passion a-t-elle évoluée depuis ?
Je crois que je dessine depuis que je suis née, ou plutôt depuis que je sais tenir un crayon. J’ai des souvenirs très anciens liés au dessin et à la peinture. Je me revois à l’école maternelle me disant c’est curieux que les autres enfants ne dessinent pas 5 doigts à la main de leur personnage, ni les deux petits traits qui relient la bouche et le nez.
C’est très simple, je tenais un discours très affirmé depuis mes 5 ans, je voulais être artiste peintre, mais ma famille m’a plutôt renvoyé l’idée qu’être artiste cela signifiait être noyé dans la masse et mourir de faim à Montmartre.
Ce qui est assez paradoxal, car ils m’ont toujours soutenu dans mon parcours d’études. Je viens des Arts Appliqués. Dès le lycée j’ai fait le choix de m’orienter vers le bac qui permettait de dessiner le plus possible, mais les arts appliqués ce n’est pas les beaux-arts, et le dessin est un outil, non une fin en soi. Ce qui fait que paradoxalement c’est une pratique que j’ai mise entre parenthèse pendant mes études et que j’ai repris avec compulsion, passion et acharnement quand je me suis retrouvée à devoir chercher un emploi.


© Claire Courdavault


Puis j’ai compris, en lisant les carnets de Joann Sfar (huge fan), que le dessin c’est une vie entière. Et j’ai commencé à dessiner tous les jours, ce qui m’entoure, ce qui me porte et ce qu’il y dans ma tête.
Sans peurs, sans filet mais avec envie et gourmandise.
C’est à partir de ce moment là que je peux dire que j’ai vraiment commencé à développer un univers personnel et un trait, que je continue à développer chaque jour à chaque fois que je pose mon outil sur un support.



© Claire Courdavault


On peut dire que vous êtes une artiste complète.
Vous utilisez de nombreux médiums et techniques : entre le graphisme, la gravure, la sculpture, l’utilisation de l’encre, de l’acrylique, du feutre et du crayon … Qu’est ce que cette diversité vous permet-t-elle d’exprimer ? 
Pour moi une technique est une manière d’exprimer les choses, je ne me mets aucune barrière, cette diversité c’est ma manière d’explorer.  Un artiste est un chercheur, je cherche sans cesse, à travers les mediums et les supports.
Un support se choisit en fonction du projet artistique, du propos, mais aussi d’une envie, d’un instinct d’une sensation.
Ma pratique est totalement et étroitement liée au support, je ne traiterais jamais de la même manière un papier qu’une planche de bois.  Je travaille comme une tatoueuse, je crois, je laisse la matière me parler, je la caresse et je la laisse me guider. Que ce soit du plâtre, du bois, du papier, du verre ou des murs… Et je commence, sans esquisse, à raconter les histoires qui m’habitent.


© Claire Courdavault


Vous utilisez différentes pratiques. Avez-vous une préférence pour l’une d’entre-elles ? 
Je les aime toutes, elles sont toutes été des découvertes incroyables pour moi, celle que je pratique le plus est bien évidemment le dessin. Spontané, il peut jaillir n’importe quand et n’importe où, j’ai toujours un carnet (même plusieurs) sur moi et une trousse plus ou moins imposante.
 
Avez-vous en tête d’autres médiums que vous aimeriez explorer par la suite ?
J’aimerais explorer la céramique, le film d’animation, la musique, la danse et aller de plus en plus loin dans la performance.


© Claire Courdavault


Vous avez un univers artistique singulier et féminin à la fois. 
Faiseuse d’images, vous produisez chimères et autres œuvres loufoques et sensuelles. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre univers artistique :Comment décririez-vous votre univers ? Quelles sont vos sources d’inspirations ? 
Mon univers est un microcosme étrange, mystique et empreint de féminité.
Il est construit autour de figures, de motifs, de symboles et  du geste, une livraison au monde de ce qui m’habite. Je le nourris à coup d’images, d’envies, de sensations, de musique, de lectures. Tout est bon à prendre. Tout est carburant à la création pour moi. Une image volée, une feuille d’arbre, un détail dans la rue, mais surtout le genre humain dans toute sa beauté et sa laideur. Et plus encore La Femme. Je construis et je déconstruis allègrement les mythes, les figures les symboles et  images anciennes. L’histoire que je raconte, mon propos vient au fur et à mesure du dessin ou de la pièce, il y a toujours une part d’improvisation dans mon travail, l’instant, le moment est primordial.


 © Claire Courdavault


Pouvez-vous nous parler des artistes et mouvements artistiques qui influencent votre travail ? 
J’ai eu un certain nombre de coups de foudre artistiques dans ma vie.
Le premier a été pour Picasso, très tôt également. Puis avec les études, les recherches et mes diverses pérégrinations culturelles sont venus Egon Schiele, Frida Kahlo, Giotto, Bosch, Hiroshige, Utamaro, Hokusai, Ingres, Marina Abramovic, Sophie Calle, Brecht Evens,….Et tant d’autres.
Ça ce ne sont que les maitres, car j’ai la chance d’être entourée par énormément d’artistes vivants au talent incroyable qui me nourrissent également.


© Claire Courdavault


… Vos thèmes de prédilection ?
Plusieurs thèmes sont des fils rouges dans mon travail, qui s'entrecroisent en permanence : l'organique, la féminité, le mysticisme et l'érotisme.
Mes productions tournent  autour du vivant, de l’organique. Je suis fascinée par les cœurs anatomiques par exemple, c’est une image très forte dans mon travail, j’ai passé une nuit entière à mouler un cœur de porc congelé pour pouvoir le sculpter par la suite.
Je travaille aussi sur l'image de la femme, c'est ma manière de me situer en tant qu'artiste par rapport au monde. C’est une préoccupation que j’ai depuis très longtemps, enfant,  j’ai toujours été fascinée par les destins de femme extraordinaires, par notre double pouvoir de création.
A la fin de mes études en design textile, à 23 ans,  au lieu de réaliser un projet de Design fonctionnel, j’ai travaillé pendant 1 an et demi sur la reconstruction de la féminité chez les femmes SDF par le textile, ce projet s’appelait Passagères de la féminité. Aujourd'hui je revisite les mythes féminins et je travaille aussi autour de ma personnalité.  La série " De la mer intérieure" parle de cette féminité, de ce fleuve qui m’habite et que je mets à jour autour d’autoportraits figuratifs.


© Claire Courdavault - "De la mer intérieure"


La série « La lune en moi » présente des dessins à la mine graphite de détails de mon sexe. Ce qui m'a intéressé c'était de déconstruire cette image très forte et de la flouter avec le cadrage et les nuances  pour créer des images étranges, envoutantes, presque abstraites. Je crois que la féminité reste encore un combat de nos jours et que le regard artistique porté dessus  n'a jamais réellement été celui des femmes, ou, en tous cas pas depuis très longtemps.
Je suis également fascinée et passionnée de théologie, de mysticisme mais ce n'est que récemment que j'ai pris connaissance des thèmes chamaniques, vaudous et des rituels anciens véhiculant des ensemble de signes et d'images très fortes représentant les grands concepts communs comme la vie, la mort, la naissance, les astres, la nuit, le jour…. Ces images sont une grande source créative pour moi.
Enfin je travaille également énormément autour de l'érotisme, c'est ma manière de lui redonner sa véritable place, beauté, plaisir et sensualité plutôt que tabou, honte et censure. 


© Claire Courdavault - "La lune en moi"
© Claire Courdavault - "la lune en moi"


Quelle réaction/message souhaitez-vous transmettre à travers vos œuvres ?
Je ne cherche pas vraiment à faire passer un message, mais à faire ressentir quelque chose.
Chaque motif que j’appose, a la main, patiemment et longuement est une quête vers l’hypnose, la mienne tout d’abord puis celle de celui qui regarde. Je tisse une toile faite de figures de dessins, de formes de mouvements organiques où le spectateur peut voyager inlassablement. Je recherche à développer une forme de fascination.

Vous avez participé à de nombreux projets de fresque et expositions collectives.
Que retenez-vous de ces expériences ? 
Tout d'abord des rencontres incroyables. Par exemple, je n'aurai jamais fait de mur si je n'avais pas rencontré Alex des MAC. Nous étions dans le même atelier à Ici Montreuil, nous avons sympathisé et de fil en aiguille je l'ai programmé pour le Festival des Canotiers pour lequel je suis commissaire d'expositions. Il m'a invité à peindre avec lui, ça a été mon premier mur.
Puis j'ai enchainé les collaborations, maintenant je fais partie de trois collectifs différents et d'une association de Street artistes, ou plutôt d'artistes qui s'intéressent aux supports liés au milieu urbain, Labolic.
Je n'aime pas trop ce terme de street artiste, pour moi il y a des artistes, qui développent différentes pratiques extrêmement riches et variées et qui les expérimentent In Situ.


© Claire Courdavault


Ces collaborations ont-t-elles influencées votre expression créative ? 
Oui tout à fait, ces collaborations m'ont ouvert des voies que je n'aurai pas forcément explorées ou qui auraient mis plus de temps si j'avais fait le chemin seule.
Travailler à plusieurs est pour moi absolument nécessaire, comme travailler seule. Je puise dans les collaborations énergies, partage, ouverture. Et dans mes recherches personnelles j'y puise ressourcement et introspection. Les deux représentent une forme d'équilibre créatif pour moi.


 © Claire Courdavault


En quoi le milieu urbain est-t-il un lieu de création favorable pour vous ?  
Le milieu urbain possède la plus grande richesse de supports possibles.  Un dessin sur une feuille ou une peinture ne transite pas dans le même espace qu'une pièce réalisée en milieu urbain. Poteaux, bois, affichage, murs, permettent de développer mon langage graphique complètement différemment. les recherches que je vais faire spontanément dans mon carnet de croquis sont souvent en noir et blanc, pour moi, les murs c'est la couleur.
Ce qui me fascine et me passionne c'est aussi le rapport à la taille. Ce sont des formats immenses qui nécessitent de la  puissance pour les réaliser mais aussi concentration, improvisation et endurance.  Je ne dessine plus avec ma main et mon poignet mais je peins avec tout mon corps. C'est très performatif mais le geste doit être aussi sur pour obtenir l'effet de précision et d'hypnose que je recherche. Chaque mur est en challenge pour moi. Et j'adore ça.



© Claire Courdavault


Tout mon travail mural est fait comme mes dessins, à main levée sur le support. Et chaque mur ou surface urbaine ont une sensibilité différente. Je ne vais pas peindre de la même manière sur un mur au crépis épais et sur un mur parfaitement lisse. J'aime choisir mes armes, marqueurs, bombes, peinture, pinceaux, en fonction de la nature du mur. Tout ce qui est possible d'utiliser en fonction du lieu et de ce qu'il m'évoque. C'est pour cela que le travail In Situ est absolument passionnant à mes yeux.De plus ces "oeuvres" sont gratuites et à la vue de tous. Elles contribuent à l'enrichissement d'un espace commun et partagé. J'envisage le "Street Art" premièrement comme une manière militante de pratiquer l'Art.
A la vue des prix exorbitants pour accéder à la culture artistique quelle qu'en soit sa forme, je trouve d'une importance capitale d'aller réinsérer l'Art dans l'espace public.


  © Claire Courdavault


Une anecdote/souvenir que vous souhaitez partager avec nous ?
Un secret… J'ai le vertige ce qui devient problématique sur de très grands formats où je suis perchée sur une échelle. En plus de me concentrer sur les histoires de proportions, de sens, de composition sur ces grands supports, je dois aussi combattre cette peur. 

Vous avez également exposé à titre personnel. Pouvez-vous nous parler d’une expérience d’exposition qui vous a particulièrement marquée ?
L'expérience la plus difficile mais aussi enrichissante que j'ai pu avoir lors de mes expositions a été la préparation de l'exposition (Re) Belles pour laquelle je me suis mise en danger en tant qu'artiste en explorant des thèmes que je n'avais jamais abordé auparavant. Les contraintes de temps m'ont également obligée à concevoir la scénographie et l'ensemble en même temps que la création même des pièces. Je me suis lancée dans un véritable travail exploratoire sur différents supports : peintures, sculptures, dessins et création In Situ. Mais par la suite je me suis rendue compte que j'avais exposée un autoportrait gigantesque (le mur où j'ai présenté ces récents travaux faisait 12m de long).


© Claire Courdavault


Qu’est qui est le plus difficile et le plus agréable dans le fait d’exposer son travail ?
Quand je présente mon travail au regard des autres, je me mets à nu mais je le conçois comme une offrande, une extension de mon univers. J'ai conscience que les différents degrés de lecture de mes productions rendent cet univers plus difficile à pénétrer. Il faut entrer dedans et se laisser envouter par des milliards de détails. Certaines personnes ne sont absolument pas réceptives à cela.  Les personnes ont toujours des réactions tout à fait différentes par rapport à mon travail, certains sont sensibles à mes dessins, d'autres à ma peinture, d'autres aux murs ou à la sculpture… Le plus agréable est d'avoir des retours sur ce que je peux produire et me rendre compte que le propos a été compris ou encore qu'ils se sont laissés transporter.


 © Claire Courdavault
© Claire Courdavault


Vous êtes membre du collectif « Le Temps que ça prend » avec J-P Racca-Vammerisse. Votre projet tourne autour du dessin et de son rôle dans notre société. 
Ma première collaboration avec J-P Racca Vammerisse a été de dessiner 14 jours sur une voiture dans un garage à Ménilmontant, expérience très intense et extrêmement formatrice.
Le collectif le temps que ça prend est en stand by pour le moment, nous explorons pour le moment chacun des voies personnelles artistiquement, mais ce projet très riche nous a permis de développer une réflexion à deux têtes.
Effectivement, ce projet abordait le dessin et son rôle dans la société, qui me semble primordial. La création sublime nos quotidiens et notre passage sur terre.  Elle pose des questions sur ce qui nous entoure et provoque des réactions, des émotions et fait changer les mentalités. Il peut même provoquer la haine la plus destructrice, comme nous avons pu le constater en début d'année.



© Claire Courdavault


Pour nous, il était nécessaire de « faire une pause dans l’urgence ». L'urgence des transports, de la rentabilité, de la consommation. Pour dessiner, peindre, créer il faut ralentir, prendre du recul, réfléchir et cela peut prendre des heures !
Ma patience est infinie quand je dessine. Les personnes qui me regardent travailler ne savent parfois pas où je vais en venir, mais je sais qu'il faut du temps pour réaliser ce que je veux faire passer, cette notion d'hypnose. On m'a souvent dit, je te conseille d'aller plus vite, d'utiliser d'autres techniques comme le pochoir pour réaliser mes motifs. Cependant ce qui m'intéresse c'est le geste direct, le tracé, et les dessins qui entourent le propos qui le sculptent et le mettent en valeur.
Une seule fois j'ai testé le rétro projecteur et j'ai tout de suite su que ce n'était pas pour moi, cela casse mon trait, il n'est plus fluide. J'ai donc besoin de temps, la vitesse vient petit à petit avec l'expérience et avec la sureté de mes gestes.
Pour le spectateur, fais une pause dans l'urgence, c'est regarder, être happé ne plus pouvoir détourner le regard et observer tout ce qu'il y a à voir. Sortir du temps en somme pour pénétrer dans ce que l'artiste propose. 


 

 
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    • 2016-02-12 11:21:58
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