Les images de Fabrice Silly : une invitation au rêve et à l’imagination...

PARTENAIRES


Chercher une news

Publicité

Le photographe Fabrice Silly est à la recherche d’un esthétisme au sens global, qu’il tente d’apporter dans son environnement. Il aime contempler et se trouver au milieu d’un bel environnement qui procure du plaisir et un bien être inexplicables : "Mes images sont des invitations au rêve, à l’imagination et une proposition de ma version du «beau»". 
Les photographies de Fabrice Silly ouvrent des portes vers un monde utopique, procurant du plaisir et des émotions uniques, saupoudrées de songes… Ses oeuvres nous rappellent que le rêve est l’expression des besoins de l’âme et qu’il est tout aussi primordial de les satisfaire que ceux du corps. 


© Fabrice Silly

Né d’un père passionné par la photographie, vous avez toujours eu une relation privilégiée avec ce medium. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours … ? 
Cela n’a pas été une trajectoire simple et directe. J’ai toujours connu mon père consacrer beaucoup de temps et de passion à faire des photos, puis les développer dans le laboratoire qu’il s’était confectionné au sous-sol. Je me rappelle bien de l’ambiance qui régnait dans ce labo, l’odeur de la chimie, la lumière noire, un peu de musique… tout était bien en place pour que la magie opère : les feuilles blanches pouvaient alors révéler peu à peu les images qu’on leur confiait. Ainsi donc, avec un peu de magie, on pouvait transmettre sa mémoire au papier. 
Bien sûr, enfant, je ne passais pas tout mon temps libre dans le labo avec mon père mais sûrement assez pour qu’une autre chimie s’opère insidieusement, la transmission d’une passion. Celle de la photographie était en train de naître en moi sans que je ne le sache.
Au fil des ans, je pratiquais de manière épisodique la prise de vue, le plus souvent au cours de voyages, car finalement, la partie développement ne me plaisait pas tant que ça, trop contraignant, trop long à mon goût et à ma nature impatiente. La passion était donc toujours en sommeil au plus profond de moi-même.
A l’approche de Noël, je courais toujours les librairies plus ou moins spécialisées à la recherche du « beau bouquin N&B d’un photographe » pour l’offrir à mon père. Une année, un ami m’a conseillé Michael Kenna « Les jardins de Le Nôtre », j’ai tout de suite trouvé ce bouquin fantastique, je n’avais jamais vu ce style de photo et le pensais révolutionnaire, moderne, épuré, bref un chef d’oeuvre ! Depuis cet instant, le goût pour la photographie est revenu mais à l’état d’observateur admiratif.
Il aura fallu encore attendre quelques années avant l’achat d’un boitier numérique, l’auto-apprentissage de Photoshop pour que la passion se révèle complètement à moi.
 

© Fabrice Silly

Comment cet intérêt s’est-t-il développé ? 
Depuis cet instant, le goût pour la photographie n’a fait qu’accroître, plus je voyais et découvrais des photographes qui s’adonnaient à la pose longue, plus cette envie de réaliser moi-même ce type de cliché devenait grande. Il faut avouer que la réalisation d’une pose longue est un plaisir égoïste inégalable qui démarre à la prise de vue et se poursuit jusqu’à la post-production. Le temps de la prise de vue se fait souvent dans des conditions climatiques difficiles et nécessaires, seul, au milieu de nulle part, tous les éléments sont là pour exalter tous ses sens, on se sent vivant, privilégié et fragile !
Sans le savoir, je devenais accroc à la photographie, bientôt m’intéressant à différents styles, sans cesse à la recherche de nouveaux procédés pouvant offrir des résultats et des émotions, émotions qui font l’âme d’une oeuvre.


© Fabrice Silly

  
© Fabrice Silly
 
Que vous permet-t-il d’exprimer ?
Je pense que chaque être humain possède une sensibilité propre qui, au fil du temps, se transforme en besoin de création. Bien sûr, il faut entendre «création» comme sens que l’on donne à sa vie et donc cela peut se concrétiser de différentes manières. Pendant que certains créeront des associations d’aide humanitaires, philosophiques, de partage..., d’autres créeront une oeuvre d’art. 
Quoi qu’il en soit, tout le monde ou presque créera quelque chose dans sa vie pour lui donner un sens et de manière plus ou moins inconsciente laisser une trace de son passage éphémère sur Terre.
Pour ma part, l’esthétisme au sens global, est toujours quelque chose que je recherche et tente d’apporter dans mon environnement ; contempler quelque chose que l’on trouve beau, se trouver au milieu d’un bel environnement procure un plaisir assez inexplicable mais assez puissant qui ne nécessite pas de mot, mais juste un bien être. J’exprime donc avant tout dans mes créations un esthétisme. Mes images sont des invitations au rêve, à l’imagination et une proposition de ma version du «beau». 
 

© Fabrice Silly
 
Vos photographies semblent « brouiller les pistes » entre l’imaginaire et la réalité…. Comment définiriez-vous votre univers artistique ?
Je ne pense pas avoir un univers artistique, mais «des univers» artistiques. 
Mes images reflètent l’instabilité de l’âme, un jour légère et le lendemain plus lourde que le corps. Malgré tout, il est vrai que l’être humain n’a pas beaucoup de place dans mes images, sa place est plutôt en dehors, ou mieux encore, en face du cadre pour le laisser aller rêver, imaginer tout ce que l’image lui procure. La meilleure définition de mon univers artistique serait donc une invitation au rêve !


© Fabrice Silly
 
Quelles impressions souhaitez-vous laisser aux spectateurs ?
Une oeuvre d’art quelle qu’elle soit, lorsqu’elle est présentée au public devient  un peu «la sienne» dans le sens où chacun l’appréciera plus ou moins, la verra à sa façon, la ressentira avec ses propres références et donc se l’appropriera avec des codes bien subjectifs qui pourront être très loin de ce que son créateur avait voulu lui donner ! 
Pour ma part, mon seul souhait est donc de procurer des rêves, émotions uniques à chacun avec le plus de plaisir possible ! Disons que je souhaite juste leur ouvrir une porte pour rêver un peu.  


© Fabrice Silly

Vos œuvres mettent en scène le « presque rien », le vide dans un contexte temporaire déformé. C’est une confrontation de l’homme « face à un environnement réduit aux éléments. »
Pouvez-vous nous en dire plus sur vos thèmes de prédilection et la manière dont vous les abordez ?
Comme je le disais plus haut, l’homme n’a pas vocation à être dans mes images mais à se positionner devant pour contempler ou faire marcher son imaginaire. J’aime beaucoup arriver dans un endroit qui me plait (cela peut être un lieu désert ou alors une grande ville) et le photographier. De ces photographies, je prendrai les parties qui me plaisent, effacerai celles qui ne me plaisent pas et reconstituerai un univers qui est bien celui du lieu ou bien alors qui n’a plus rien à voir, mais revisité à mon goût, ma vision de cet endroit tel qu’il devrait être à mes yeux. 
Plus le temps passe, plus je suis attiré par les grandes et grosses villes, elles ont quelque chose de fascinant, elles témoignent quartier par quartier, d’une histoire de l’homme, des technologies et de l’esthétisme de chaque époque qui les ont faites. Mon rêve serait d’avoir une grande ville vide d’êtres humains le temps d’un shooting, je ne trouve rien de plus troublant et fascinant qu’un urbanisme géant vidé de son humanité, en ce sens c’est la raison pour laquelle j’utilise la pose longue. La pose longue permet de pas faire apparaitre les personnes en mouvement, ou alors sous forme de «fantômes» errants, c’est avec un peu de recul ce que nous faisons tous sur cette planète, un passage éphémère qui ne laisse que peu de trace mais qui a vécu là. La pose longue dans une mégalopole est donc pour moi le meilleur reflet et donc la meilleure image de la vie de l’homme,  qui ne cesse de construire, de créer... et de mourir, laissant là la ville comme elle était, est et sera avec de futurs «fantômes».

© Fabrice Silly
 
Quelles sont vos diverses inspirations… ?
Ma principale inspiration est le voyage, de plus en plus attiré par les mégalopoles et aller dénicher des «spots» d’ou je puisse les photographier sans laisser l’humain «polluer» l’image. Mais j’aime tout autant les endroits désertiques ou la nature elle même est une oeuvre d’art.


© Fabrice Silly
 
Pouvez-vous nous parler de votre processus créatif… Comment préparez-vous en amont vos shootings ? 
La principale préparation des shootings est surtout sur le web, Google Earth pour faire du repérage et images que l’on trouve sur le net pour pouvoir avoir une première idée de l’endroit vers le quel on se dirige. 
Ensuite, en fonction de la cible, ce sera la préparation du matériel, chois des objectifs, filtres...

 
© Fabrice Silly
 
Vous arrive-t-il de photographier sur le vif ? 
Oui, de plus en plus, mais de différentes manières. Parfois pour un détail d’image qui me servira plus tard, ou alors le plus souvent maintenant en multi expositions, ce processus permet d’avoir un rendu particulier qui me plait de plus en plus.

© Fabrice Silly

De quelle manière menez-vous vos projets photographiques (de l’idée au rendu final) ?
Il n’y a pas de ligne conductrice ferme. Il peut y avoir une idée assez générale mais jamais très précise, pour laisser la place à d’autres formes d’images pouvant parfois être plus intéressante que l’initiale. Je pars donc avec une «petite idée» que je n’exclue pas d’abandonner une fois arrivé si je pense qu’autre chose pourrait être plus intéressant, mais quoiqu’il arrive je shoote toujours plusieurs fois la même chose de manières différentes pour pouvoir exploiter le sujet différemment. 
Puis arrive le moment du post-traitement à la maison et là devant le Mac, une nouvelle idée peut encore éclore à la vue en grande taille de l’image.
Je dirais donc qu’il n’y pas réellement de charte du début à la fin, tout reste ouvert à l’improvisation jusqu’au dernier moment.
 
© Fabrice Silly
© Fabrice Silly
  
Quelle est la place de la postproduction dans votre travail?
Tout cela dépend dur style de photo et du fichier de base collecté durant le shooting. 
Là encore il n’y a pas de règle, je peux réaliser une image en 2 heures  de post-traitement pendant que d’autres me prendront 20 ou 30 heures de retouches et de composition. Quoiqu’il en soit, la post production est un poste important de mes images, c’est le moment final ou je vais donner l’orientation de mon image, de plus j’adore ce travail sur Photoshop et autres logiciels.


© Fabrice Silly

Pouvez-vous nous parler d’une série qui vous tient particulièrement à cœur ?
Je fais depuis quelques temps des clichés en multi expositions que je trouve assez intéressants. Ce procédé permet de créer une image assez complexe mais très spectaculaire. Selon le traitement qu’on lui apporte on peut lui amener beaucoup de nuances et se rapprocher de certaines techniques de peinture. Le sujet photographié est bien là présent à l’image, confus et très vivant mais lui donnant une grande dynamique, ce qui permet de pouvoir le regarder de différentes façons, d’en voir suivant le regard qu’on y porte une multitude de détails qui nous échappent à sa lecture globale et enfin qui donne un ensemble unique, un sorte de fresque très vivante. 
Pour pouvoir réellement apprécier ces images, il faut par contre de très grands tirages qui dépassent le mètre carré et un peu de recul pour en tirer la meilleure vision. C’est pour moi actuellement un rendu très contemporain de la vision d’un monde complexe et fascinant pour peu qu’on y trouve ses repères.  
 

© Fabrice Silly

Quelles sont vos envies, projets en cours et à venir ? 
Il n’y a pas de projet en cours, un petit break depuis maintenant 1 an mais je sens que le manque de réalisation d’image se fait sentir de plus en plus donc il va être temps de reprendre d’ici la fin de l’année la réalisation de nouvelles images. 
Sans parler de projet définitif, mon prochain objectif sera probablement une très grande ville !

 
© Fabrice Silly

Mot de la fin ? 
Nous vivons dans une époque où l’image n’a jamais été aussi présente ! Tout être humain devient « photographe » dès lors qu’il achète un smart phone, chaque jour de nouvelles applications naissent pour donner un aspect vintage ou futuriste à vos « i.photos », des réseaux sociaux et des sites web, blogs etc… sont là pour vous exposer virtuellement. 
Pourtant, parmi ces millions d’images prises chaque année, quelques unes d’entre elles ne seront retenues et reconnues, difficile de sortir d’une telle jungle ! Sans éducation photographique, difficile de distinguer une photo d’art une photo basique. 
A l’heure où des expositions consacrées aux paparazzis se mettent en place, il devient parfois décourageant de s’investir dans la photographie. Pour autant, le plaisir de réaliser une belle image, une image forte, une image qui vous procure le plaisir de la contemplation est un réel accomplissement de créativité. Ne jamais oublier que l’image est le résultat final que retiendra la personne qui la regarde, la littérature du concept qui l’enveloppera ne sera retenue que si les images sont saisissantes. Bien des artistes conceptuels d’art contemporain ont fait fuir le grand public des galeries et expositions leur étant dédiées en présentant un concept original sur le papier et pourtant décevant dans sa réalisation. Il est donc important de remettre l’image au coeur de l’art de la photographie et non son concept.


© Fabrice Silly


SUIVEZ LES ACTUALITES DE FABRICE SILLY sur :

PAGE ARTIST'UP
SITE OFFICIEL
PAGE FACEBOOK
  • Artist UP
    (hôte)
    • 2017-04-14 14:22:04
    • 2 343 views
  • Tags - #photographie #photography #Voyage #Paysage #nature #Fabrice Silly
  • Ajouter aux favoris

Photos

PLUS D'ARTICLES ICI