Cédric Viollet, photographe en quête de liberté... !

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Cédric Viollet est arrivé à la photographie par le biais du skateboard. Elle lui a aussi permis de dépasser sa réserve naturelle, le poussant vers les autres et l’amenant à sortir de son monde.
Ses études en histoire de l’art lui ont permis d’entrevoir les différentes manières d’appréhender l'image avec un grand I, les couleurs, les formats… lui donnant ainsi les moyens d’exprimer et d'extérioriser ses sentiments…
Porté par les voyages qui "alimentent (son) imaginaire", les photographies de Cédric Viollet sont exposées en France comme en Europe et publiées dans différents magazines.
Tout en travaillant sur des commandes pour la presse et la publicité, aujourd'hui Cédric Viollet continue à développer des projets personnels, car pour lui "
il s’agit de deux domaines indissociables".


© F. Mery - portrait Cédric Viollet 

Comment vous êtes-vous familiarisé avec la photographie ?
J’ai tout de suite su que je n’étais pas fait pour travailler dans un cadre normal. Les règles m’ont vite ennuyé. Je voulais vivre simplement, sans être obligé de subir quoi que ce soit.
Une fois mon bac en poche, j’ai enchainé avec des études en Histoire de l’art durant 2 années puis j’ai abandonné les amphithéâtres de la fac pour la vraie vie… Skateboard, surf, voyages...
Je suis donc arrivé à la photographie par le biais du Skateboard. 

© Cédric Viollet - Charles Collet

Après plusieurs fractures, ma motivation première était donc de suivre mes potes dans leurs pérégrinations avec mon appareil tout en skatant moi-même. De fil en aiguille cela s’est mué en « travail » monopolisant naturellement une grande partie de mon temps pendant 8 ans, parcourant un grand nombre de pays pour différents magazines et marques.
Ce fut une très belle période, je vivais dans un monde sans règles précises sans même de réel chez moi…

 
© Cédric Viollet - Kevin Long skateboarder pro

Qu’appréciez-vous dans ce médium/moyen d’expression ?
Je suis quelqu’un de très réservé. Le fait d’avoir un appareil photo m’a permis de me rapprocher des gens d’une façon qui me convenait plus. En d’autres termes cela m’a poussé vers les autres et m’a amené à sortir de mon monde.

© Cédric Viollet - Sport&Style
© Cédric Viollet - Sport&Style

Quelles sont vos influences et sources d’inspirations ?
J’aurai tendance à citer des personnes sortant du champ de la photographie puisque j’ai commencé mon approche de « l’image » par la peinture, le dessin etc. Les influences, n’ont pas forcément un impact direct sur ce que tu fais. C’est plus une image, un artiste auquel tu vas être sensible à un moment donné de ta vie, qui va te permettre de prendre des risques et d’avancer.
Je trouve l’inspiration dans tout un tas de caractères, Cormac McCarthy, William Burroughs, Francis Bacon, Jack Kerouac, Bob Richardson, Caravaggio
J’ai découvert la photographie par le biais d’un livre de Josef Koudelka. Sa vie tout d’abord et bien sur sa liberté en terme d’esthétisme (incroyable pour l’époque), sa justesse m’ont tout de suite séduit. J’étais fasciné par le fait que toute son œuvre ait été dirigée par son exil à l’issue de la publication des images réalisées lors de la révolution de Prague en 1968! 
Pour moi le travail d’un photographe est indissociable de son parcours personnel, voilà pourquoi Daido Moriyama, Robert Frank, Jim Goldberg, Tom Wood et Boris Mikhailov m’ont toujours inspirés dans leur manière d’appréhender la photographie dans leur quotidien.

© Cédric Viollet - Werner schreyer - L'officiel Hommes

L’histoire de l’art et la peinture vous sont familiers, vous arrive-t-il encore de peindre ? De quelle manière la peinture se retrouve-t-elle au sein de vos créations photographiques ? 
Arrivé à l’université, le fait d’être noté allait à l’encontre d’une pratique artistique. Cela m’a naturellement éloigné de la peinture. J’ai pris ça comme un signe qui me dirigera doucement vers autre chose...
Pour l’anecdote j’ai d’ailleurs détruit tous mes travaux car je n’en étais pas satisfait, j’avais besoin je pense, de passer à autre chose.
La lenteur du processus de peindre impose une précision dans le cadre, cela s’accélère grâce au moyen technique de la prise de vue photographique. Le cadrage reste une part importante pour moi.
Un jour je reviendrai à la peinture, avec un esprit plus apaisé, j’ai l’impression d’avoir besoin de plus de temps pour cela…

© Cédric Viollet 

Quel matériel et/ou techniques utilisez-vous ? 
J’utilise tout et n’importe quoi à partir du moment où l’appareil me permet de produire une image! Cela va du film, polaroid en passant par le numérique. J’ai toujours considéré qu’un appareil photo était une sorte d’outil pour produire un type d’image. J’essaie donc d’utiliser le boitier qui semble le plus correspondre à mon sujet ou à la situation dans laquelle je vais me retrouver.
La peinture, la photographie, le numérique ne sont qu’une évolution pas forcement positive où l’on utilise de moins en moins de matière pour révéler une image. A chacun son outil suivant sa sensibilité du moment.


© Cédric Viollet - Crista Cober - L'Officiel

Comment se passe votre processus de création ?
Le processus de prise de vue est simple, il consiste juste à prendre des images qui me ressemblent le plus. Pour cela il faut être le plus instinctif possible tout en étant réactif, une balance qui est une des particularités de ce métier qui me procure le plus d’excitation.
Oublier la technique pour être le plus réceptif aux éléments qui nous entourent.

© Cédric Viollet - DOLORES DOLL X AIRBORN
© Cédric Viollet - DOLORES DOLL X AIRBORN

Vous vous êtes orienté vers l’univers de la mode/fashion…
Pourquoi ce choix ? Qu’appréciez-vous dans cet univers ? 
Après presque huit ans d’images de skateboard, ma relation avec la photographie a évoluée. J’ai constaté quelques nuances…
Mon parcours personnel à ce moment là, m’a amené naturellement vers la mode.
La photographie de mode est un univers qui prend ses sources dans de nombreux autres genres photographiques, le portrait, le reportage, le documentaire, le commercial. Cette richesse et ce champ de possibilités étendues ont appuyé mon envie d’essayer.
Une image de mode est le fait de documenter un vêtement, une silhouette un peu comme lorsque l’on prend le portrait d’une personne. Chaque individu l’interprète à sa façon et se l’approprie comme nous pouvons le constater dans la rue chaque jour. La mode est partout.


© Cédric Viollet - MIA - Jalouse

Quelle a été votre collaboration la plus marquante ?
Ma collaboration la plus marquante s’est faite lors d’une commande pour le magazine Jalouse mettant en scène la chanteuse M.I.A. Cette série pour moi est le reflet des idées que je viens de développer précédemment. 

© Cédric Viollet - Alice Le Paige - Jalouse

Quel rapport établissez-vous entre vos travaux sur commande et vos créations personnelles. Quel est le plus difficile/facile dans chacun de ces deux contextes créatifs ? 
Avez-vous de sujets/projets personnels qui vous tiennent à cœur ?
Il s’agit pour moi de deux domaines indissociables. Je ne fais aucune différence entre commandes et créations personnelles. Lorsque tu fais des images, tu es juste heureux de faire ce que tu fais. Au même titre la notion de « facile/difficile » n’a aucune importance dans ces deux domaines respectifs. 
Commercialement il y a juste plus de personnes impliquées lors de la création, c’est juste une manière différente de travailler. 
Niveau travail personnel, en ce moment je viens d’entamer une série de travaux sur les pays de l’ex block soviétique. Il va s’agir pour moi de dresser un état des lieux photographie entre paysages, portraits et photos d’architecture dans une zone aux tenants et aboutissants complexes.

 
© Cédric Viollet - Anton Krupicka

Vous avez eu l’occasion de voyager… comment les voyages ont-t-ils influencé votre travail ?
Par la série "Burnout Texas", il nous semble que vous entretenez un rapport particulier avec les Etats-Unis… Est-ce exact ? Pouvez-vous nous en dire plus ?
Quel est/serait le lieu le plus original où vous avez déjà ou vous souhaiteriez shooter ?
Les voyages alimentent mon imaginaire, me confrontent toutes proportions gardées aux réalités de certaines zones géographiques. Ils influencent donc tacitement mon travail.
Pour ce qui est de « Burnout Texas » pas réellement. Je n’ai fait qu’essayer de retranscrire en images ma vision de cet état dans lequel je me suis retrouvé par hasard.
En ce moment je m’intéresse aux zones les plus à l’Est de l’ex-union soviétique. Je citerai donc pour le moment cette vaste étendue de mer située à droite de la péninsule du Kamtschatka. Cet endroit me fascine de part sa relative proximité avec les Etats-Unis, situation géopolitique improbable.
En ce qui concerne un lieu magique pour une série de mode j’aimerai beaucoup réaliser un trip au Groenland ou dans les fjords de Norvège…

© Cédric Viollet - Viollet Marlon#2

Quels sont vos projets et vos envies pour l’année 2015 ?
Pour mes séries de mode, je vais continuer à approfondir certaines idées qui me tiennent à cœur de réaliser dans un futur proche.
D’un point de vue personnel, cette série sur l’ex bloc soviétique commencée cette année va me demander deux séjours supplémentaires pour cerner au mieux la région qui m’intéresse et m’en imprégner afin d’être au plus près de la réalité de la situation.

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  • Artist UP
    (hôte)
    • 2017-04-17 13:47:24
    • 2 508 views
  • Tags - #photographe #photographie #portrait #mode #fashion #magazine #Voyage #sport #rencontre #Cedric Viollet #skateboard #jalouse #MIA
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