Rencontre avec Yael Naim et David Donatien à la 17ème édition du festival Solidays !

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La chanteuse franco-israélienne Yael Naim et son alter ego David Donatien ont sorti en mars dernier sur le label Tôt ou Tard leur troisième album « Older ». Un opus intensément émouvant et personnel, dans lequel la joie côtoie la souffrance au coeur des grands cycles de vie : de la venue au monde à l’inévitable départ sans retour…
Le duo a répondu aux nombreuses questions quelques heures avant d’entrer sur scène de Solidays, festival porteur d’espoir et d’humanité !


Sur scène, est-ce qu’on retrouve tous les instruments de l’album - que ce soit les banjos, les cuivres, les cordes… ?
Yael Naim : Oui, nous avons un chapeau magique duquel on sort des instruments… rires. Plus sérieusement, nous sommes 6 et on fait beaucoup de bruit. Il y a les « 3SomeSisters » qui sont avec nous - c’est groupe vocal incroyable ! Ils vont jouer tous les instruments magiques comme les dulcitones, les glockenspiel, les orgues welson… un peu toute cette famille de sons.
On échange aussi nos instruments : David passe de la batterie à la basse, au piano… Finalement on se retrouve avec presque tous les instruments, sauf les cuivres et les cordes.


Crédit photo Isabelle Chapuis


Dans le cadre de votre collaboration, qu’est-ce que vous vous êtes mutuellement apportés ? 
David Donatien : Notre histoire a commencé il y a 10 ans déjà, sur le premier album où Yael avait fait ses chansons et j’avais décidé de l’aider à ce moment là…. et puis à force de l’aider on a décidé de le faire ensemble…. et à force de le faire ensemble on est devenu un groupe qui s’appelle Yael Naim. Depuis ce jour là on collabore ensemble. 
Qu’est ce que l’on s’apporte ? 
On est d’origine différente - Yael est israélienne, moi je suis métisse martiniquais. On a des racines qui nous nourrissent et qui nous complémentent. De plus, Yael vient du song writing de la musique classique etc., moi je suis percussionniste, plutôt influencé par la musique noir américaine et la musique world en général.On s’est donc apporté une ouverture sur des musiques qu’on ne connaissait pas, ce qui nous a amené à comprendre des choses dont on avait pas idée. Une sensibilité pour moi dans la musique notamment… et plein d’autres choses encore…
Au début on s’est complété de manière normale dirais-je, mois rythmicien - Yael pianiste guitariste. Mais les années passent et aujourd’hui Yael commence à faire des rythmiques, quand moi je commence à faire du piano… on devient tout au lieu de se compléter !


Crédit photo Isabelle Chapuis
 

Pouvez-vous nous en dire plus sur la signification de votre pochette d’album. Cet artwork a-t-il une histoire particulière?
Yael Naim : Oui, cet album traite beaucoup de la vie et de la mort, de la manière de se voir brut, tel que tu es avec notamment le titre « Coward ». 
Nous avions envie de travailler avec Isabelle Chapuis qui fait des portraits très forts. 
Pour moi, la musique est un monde abstrait qui relève de l’imaginaire, des fantasmes… Nous avons avons travaillé avec des symboles et les pétales de fleurs représentent le monde éphémère - sujet essentiel de cet album. 
Par ailleurs, le hibou est réalisé par des illustrateurs incroyables. Dans beaucoup de cultures, le hibou est le symbole du passage entre la vie et la mort. C’est aussi l’animal qui a la meilleure vue nocturne - malgré l’obscurité et les périodes difficiles il garde la vue et la conscience des choses. 
C'était donc une manière pour nous de continuer à traiter les sujets de l’album à travers l’image.
 



Vous parliez de vie et de mort… sur l’album on passe des titres très dynamiques, joyeux aux mélodies plus sombres… Cet album raconte-t-il l’histoire de votre vie ?
Yael Naim : L’album suit ce qui s’est passé : le début de l’album c’est la projection de soi-même de la vie, de la naissance avec « I Walk Until », « Make a Child », « Dream In My Head ». 
Ensuite, il y a un passage de panique et une étape de de remise en question avec des morceaux comme « Trapped » et « Coward ».
Je pense que le titre « Ima » (qui signifie maman en hébreux), au milieu de l’album - correspond vraiment au moment de bascule. Lorsque tu vis un événement crucial, dans lequel il y a beaucoup d’inconnues…
Ensuite, avec des chansons comme « She said » et « Walk walk » il y a une forme de soulagement et d’explosion de joie. 
S’ensuit l’affirmation sur « Take me down » et la séparation de la vie sur « Older » et « Meme Iren Song » tout à la fin de l’album… - c'est un au revoir à la vie.
C’est ainsi que j’ai ressenti et vécu ces événements - ce qui s’est traduit en musique...




Les thèmes de la vie et de la mort font aussi résonance par rapport au festival Solidays. Va-t-il se passer quelque chose de spécial sur scène en rapport avec Solidays ?
Yael Naim : On est très sensible au lieu et à ce festival en particulier qui est un de nos préférés, car il y a une connexion avec les gens et une ambiance vraiment particulière. 
Je pense que ce « quelque chose de spécial » va arriver aux Solidays grâce à cette connexion entre le thème, la cause soutenue et le public qui vient ici…. plus que quelque chose que l’on essaie de maitriser. 


Crédit photo Isabelle Chapuis  


Auriez-vous le temps d’aller voir jouer d’autres artistes aujourd’hui aux Solidays ?
David Donatien :  On l’espère. Il y a le groupe Die Antwoord qui passe ce soir et qu’on adore.
Il y a aussi RONE avec qui nous avons collaboré pour le remix de « Coward » et que nous n’avons toujours pas réussi à croiser - compte tenu de nos agendas respectifs.




Yael Naim, vous êtes très engagée : marraine de l’association Solidarité Sida, vous avez offert votre chanson «If you see» à Amnesty International... Comment, selon vous un artiste peut-t-il concrètement continuer la lutte ?
Yael Naim : Je ne sais pas si c’est énorme, mais c’est le peu que l’on puisse faire pour donner et rendre ce que l’on a reçu. C’est un échange naturel et important pour moi.
David Donatien : Aujourd’hui on vit dans une époque un peu particulière où le message du « vivre ensemble » reste pour l’instant des mots.
On a envie de nourrir cette cause, essayer d’ouvrir les gens les uns envers l’autre. Le « couple » que l’on représente fera peut être réagir les gens sur le fait que l’on peut se rencontrer et faire des choses ensemble. Dès qu’on peut donner ce message là et le nourrir, on essaie d’être là !


--- Propos recueills à la conférence de presse du 27 Juin 2015 au festival Solidays



Crédit photo Isabelle Chapuis  


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    • 2015-12-04 10:44:12
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