"Ballroom" : album hommage à la Pop 70's par Tahiti 80, INTERVIEW!

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Après avoir bravé le froid et les nombreuses coupures de courant, nous nous installons enfin dans la yourte réservée aux VIP du festival Rock In The Barn. Tahiti 80 est ce soir l'une des têtes d'affiche et même Xavier, le chanteur semble étonné. Pourtant, les normands de Tahiti 80 assument désormais une vraie renommée. Actifs depuis 1993 c'est à l'étranger et notamment au Japon que leur carrière s'est envolée. Aujourd'hui le quintet défend son sixième album "Ballroom" plus pop 70's que jamais et terminera sa tournée par deux dates japonaises les 18 et 19 janvier 2016. Rencontre avec Xavier Boyer, chanteur du groupe, qui a répondu à nos questions quelques minutes avant de monter sur scène. 

 


Ballroom disponible sur iTunes 

 

Ballroom est votre 6ème album, qu'est-ce qu'on a à défendre après 5 albums ? Quels étaient les enjeux de ce disque ?

C'est vrai qu'on s'est posé pas mal de questions. Aujourd'hui, on est dans un contexte différent, celui de music business qui ne marche pas très bien, donc tu te poses forcément des questions, tu te demandes ce qui n'a pas marché sur le dernier disque, pourquoi les gens n'ont pas complètement adhéré etc...
Du coup on s'est demandé ce qu'on avait pas encore fait, ce qu'on aimerait bien faire, et au moment de ce disque là, j'étais en train de vivre un truc personnel, une séparation et le pendant à côté, une rencontre. C'était un peu comme un gros cliché de musicien... J'avais envie de faire un album très personnel, très intimiste et je me suis dit que j'avais envie d'expérimenter ce que j'aime bien dans les 70's, quand tu as des expérimentations avec des synthés, sans aller vers la pop synthétique des 80's, on n'est pas dans Depech Mode mais je parle par exemple de certains albums des Beach Boys. J'avais envie qu'on aille dans cette voie là, qu'on ait des nappes, qu'on soit dans un album très abstrait et un peu dansant, d'où ce titre Ballroom, et en même temps un peu clostro, un truc qui te hape, qui t'interpelle. 

 

 

Ballroom est sorti 3 ans après "The Past, the Present & the Possible", j'ai lu que c'était un album très réfléchi et sur lequel vous avez beaucoup travaillé… quelles étaient les lignes directrices de cet album ?

On a mis du temps à faire ce disque là, on avait déjà fait beaucoup de choses, on s'est posé des questions et à un moment, peut être que tout le monde attendait que je prenne les rennes. A un moment, on se demande dans un groupe qui écrit les chansons, qui est à telle place, c'est un truc un peu démocratique.
Donc finalement, c'est moi qui ai repris les rennes, j'ai dit "je pense que l'album que je veux faire c'est ça, est-ce que vous avez envie de le faire avec moi ?" . Une fois qu'on a mis les choses au clair, tout le monde était dedans et c'était parti. 

 


© Fred Margueron

 

Vous n'êtes pas tenté par un album solo ?

J'en ai déjà fait un en 2007. Justement parce que dans un groupe ça demande beaucoup de partage, mais aussi parfois trop de compromis donc ça peut être un peu négatif parce que tu ne fais pas tout ce que tu veux.
Donc j'avais fait ce disque, je faisais tous les instruments ou presque, et c'était des chansons un peu plus intimes. J'avais l'impression qu'on ne pouvait pas les faire avec Tahiti parce que les gens s'attendent à quelque chose, il faut que le guitariste ait son moment, c'est vraiment un truc de groupe. Là j'ai un album solo qui est fait. Je l'avais commencé au moment de Ballroom, je l'ai continué depuis mais je ne sais pas encore quand je vais le sortir. J'ai aussi un nouvel album de Tahiti 80 qu'on a pas encore répété mais que j'ai écrit. Mais c'est différent parce que je me trouve dans une position où je me demande quelles chansons j'écris pour Tahiti et quelles chansons pour moi. Dans 80% des cas, c'est moi qui écris le morceau, donc c'est une question que je me pose souvent. 

 


© Unoeilordinaire

 

Pourquoi avoir monté votre propre label, Human Sounds ?

C'était assez pratique. On sortait d'une expérience un peu négative avec nos labels précédents, on était passés par Atmosphéric qui était un label bien mais qui avait d'autres groupes qu'on aimait moins, et puis il y avait des problèmes d'argent car l'économie avait changé. Donc le contrat a été racheté par Universal, c'était très bien, on était chez Barclay c'était un bon label mais totalement inadapté pour nous.
On s'est retrouvé à sortir le disque en Angleterre sur un label de World music alors qu'on se disait qu'on était chez Universal donc qu'on allait avoir un réseau de distribution énorme. Et en fait non.
Donc on s'est dit qu'on allait monter notre label pour pouvoir choisir les gens avec qui on travaille. C'était la volonté principale. Après c'est beaucoup de boulot, mais je pense que pour l'économie dans laquelle on se situe, c'est à dire un groupe qui marche mais qui marche pas énormément, c'est un truc assez adapté. Ce n'est pas une auto-production, c'est autre chose. Après on aimerait bien signer d'autres groupes, mais c'est tellement de boulot que se dire qu'on re-passe par ce cycle administratif, alors qu'on pourrait écrire des chansons, ce côté multi-casquette, c'est le problème. 

 

 

Vous jouez aujourd'hui à Rock In The Barn à Giverny, en Normandie, votre région d'origine, vous qui avez souvent joué loin, c'est toujours un plaisir de revenir ?

Oui, c'est un truc chouette, je trouve que c'est un festival qui est intéressant, un festival à petite échelle, avec des groupes pas forcément super connus. La preuve tu vois, on est une tête d'affiche ce soir donc c'est un peu bizarre. Mais on est contents parce qu'on a un attachement à la région. La dernière fois qu'on a joué en Normandie, c'était au 106, avec La Maison Tellier. Il y a un truc cool ici, dans ce festival. Je n'adhère pas à tous les groupes qui ont joué jusqu'à présent, mais c'est plus l'esprit que je trouve bien, tu es ici, tu vas peut être découvrir des choses. Alors que les festivals depuis quelques temps, c'est plus mainstream. Les têtes d'affiches sont des groupes qui ont sorti des disques généralement il y a deux ans, et qui étaient même têtes d'affiche l'an dernier parce que la musique marche un peu mal. Donc c'est chouette, c'est vraiment raffraîchissant.

 


© Unoeilordinaire

 

Vous avez un vrai succès en Asie, notamment au Japon, pourquoi un tel succès selon vous ? Vous pensez que les japonais vous considèrent un peu comme le « french band » typique ? Est-ce que le Japon est un pays que vous appréciez finalement ?

Je pense qu'on a fait une partie de nos disques pour le Japon. Le Japon étant le pays où on a l'impression que les gens nous ont compris. Nous on fait de la pop musique, donc ça a toujours une vocation à plaire au plus grand nombre et en même temps, on n'a jamais sombré dans un truc commercial.
On a toujours voulu créer la chanson pop parfaite, avec un refrain accrocheur. Le Japon a tout de suite compris nos références. On parlait des Zombies par exemple, qui est un groupe un peu pointu des sixties même si on les entend parfois dans les pubs aujourd'hui. Et les gens comprenaient, ils voyaient la filiation des années '60 et ce n'est pas par défaut, mais j'ai l'impression que les japonais ont très bon goût, parce qu'ils ont les mêmes goûts que nous. On aime les mêmes choses et c'est pointu.
Le Japon c'est pas juste Mario Kart, même si la musique de Mario Kart est appréciée par pas mal de gens ! On a essayé de reproduire cette réussite ailleurs mais on n'a pas réussi à franchir les mêmes portes. C'était un peu malgré nous mais on a essayé, et on essaye encore.

 

 

Le tahiti Lab ça n'existe plus ?

Non mais maintenant il y en a un nouveau, qui s'appelle le Nama Bīru ça veut dire "bière pression" en japonais. On cherchait un nom à la con donc voilà ! Le tahiti Lab, c'était dans les sous-sol du Kalif et la commission de sécurité a dit que c'était complètement impossible, trop dangereux. Donc à regrets on est partis parce qu'on était quand même bien dans cet endroit là. On avait nos livres, tous nos disques, nos vinyles... Tu avais l'impression d'arriver chez quelqu'un, c'était cool même si c'était une cave, il faut dire ce qui est. Là on a un nouveau studio, toujours à Rouen, à la Croix de Pierre. 

 

© Droits Réservés

 

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  • Saam WB
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    • 2015-10-12 13:31:17
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  • Tags - #pop #normandie #Rouen #nouvel album #japon #giverny #rock in the barn #TAHITI 80 #BALLROOM
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