"Shadows", un nouvel album autour de Nat King Cole par Hugh Coltman

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Avec "Shadows", le songwriter Hugh Coltman s'éloigne un peu de son blues de prédilection et confirme sa récente rencontre avec le jazz. Par ce nouvel album, le parisien d'adoption a voulu rendre hommage à Nat King Cole, il s'est interrogé sur son quotidien de musicien noir américain durant les années '40 et sur son incroyable silence quant aux actes racistes dont il était victime. "Shadows" est un album touchant et sensible, nostalgique et à fleur de peau. Sur scène, Hugh Coltman défendra ce nouvel opus lors de nombreuses dates, en passant notamment par le Trianon (Paris) le 6 février prochain
Je vous laisse en compagnie du "franglais parfait" comme il le dit si bien - qui nous parle de ce nouveau projet et de sa sensibilité pour la musique. 

 


"Shadows", disponible sur iTunes

 

Tu as commencé la musique avec The Hoax, ton premier projet, que retiens-tu de cette expérience ? 

The Hoax, c'est en partie la raison pour laquelle j'ai commencé la musique. Je viens d'un petit village dans le sud ouest de l'Angleterre ou il n'y a pas grande chose. Deux frères ont monté ce groupe et ils savaient que j'avais chanté dans des chorales quand j'étais plus jeune. Le fait de commencer à chanter devant un public m'a convaincu que c'était cela que je voulais faire.
Ce groupe existe toujours d'ailleurs, nous nous sommes réformés il y a quatre ans pour enregistrer le disque Big City Blues, hommage BB King. Mais en dehors de la musique, il y a aussi une amitié très forte qui me lie à ce groupe.

 

Quels sont tes derniers coups de cœurs musicaux ? 

Camélia Jordana m'as bluffé lors d'un enregistrement qu'on a fait pour un disque hommage à Chet baker qui sort chez Blue Note bientôt. Je l'avoue, peut-être que j'avais des a-priori vis à vis des ex-candidats d'émissions comme la Nouvelle Star mais elle les a tous bouleversés avec sa chanson. Une telle justesse émotionnelle et un tel vécu de la part de quelqu'un de 23 ans, cela m'a scotché. Sinon dans un autre style Jeanne Added, c'est une force de la nature.

 


© Droits Réservés

 

Pourquoi avoir choisi la musique de Nat King Cole pour cet album ? 

Le pianiste Belge Eric Legnini m'a invité pour réaliser son dernier disque, Sing Twice. J'ai toujours été sensible au Jazz mais je ne l'avais jamais chanté. Donc pour moi cette experience a été très enrichissante et une fois que la tourné s'est terminée, j'avais envie de continuer avec un projet présentant cette liberté qu'offre le jazz.
Ma mère écoutait souvent du Nat King Cole et c'est très naturellement que j'ai commencé à réécouter sa musique. Néanmoins ce n'est qu'en lisant sa biographie et en me renseignant un peu sur sa vie que l'idée m'est venue d'en faire un disque. La vie d'un artiste noir dans les années 40-50, avec ses risques et ses dangers... Je trouvais intéressant le fait qu'il n'avait quasiment jamais pris position pour le mouvement des droits civiques à cette époque. Il s'est même fait critiquer pour le silence gardé à ce sujet par certains qui étaient, eux, plus engagés. Malgré ce non-engagement, il a quand même failli se faire kidnapper par le Klu Klux Klan et a reçu une croix brulante sur la pelouse de sa résidence à Beverly Hills. Il a aussi vu son émission de télévision retirée après seulement une saison diffusée, car à cette époque, voir un noir à la télé dérangeait.
Ce qui m'a intrigué, c'est ce qui devait lui passer par la tête lorsqu'il écrivait et chantait ses chansons. L'ensemble est souvent mielleux, enveloppé par des orchestrations sirupeuses. En total contraste avec ce qu'il a dû affronter dans sa vie. Comment chanter Smile en souriant à une salle de blancs quand ta famille vient de se faire menacer de mort ? C'est pour cela que les arrangements sur ce disque sont très bruts, même dissonants par moments, pour souligner ce paradoxe.

 

 

Tu as l'habitude d'écrire, d'enregistrer et d'arranger tes chansons avec un grande précision. Le jazz est plutôt une musique improvisée, comment as-tu adapté ton travail pour l'enregistrement de cet album ? Et sur scène… ? 

C'est vrai que mes disques précédents ont été enregistrés assez précisément. D'ailleurs, même avant d'enregistrer, les chansons existaient déjà en version maquette, avec tous les arrangements. J'aimais bien arriver en studio très bien préparé. Pour Shadows j'ai fait le contraire. A part les arrangements de base à la guitare, les chansons prenaient réellement vie en studio. Nous avons tout enregistré en live, tout le monde ensemble - à part Freddy Koella qui habite aux Etats Unis - dans la même pièce.
Je voulais qu'on grave des moments autant que des chansons. C'est une confidence mais c'est d'ailleurs pour cela que certaines chansons n'ont pas vraiment de fin précise. On laissait les choses venir. Cela m'a fait un peu peur au début car je n'ai pas l'habitude de travailler comme ça. Mais le fait que celui qui m'a introduit dans le Jazz, Eric Legnini, était lui au piano et à réalisé le disque m'a donné plus de confiance dans mes choix.
Sur scène c'est pareil, c'est réjouissant et stimulant de faire deux concerts dans la semaine qui sont assez différents l'un de l'autre. On travaille dans la forme de la chanson, certes, mais en laissant plein d'espace pour que de jolies choses émergent de manière inattendue.

 

 

Pour quelles raisons es-tu venu vivre en France ? 

Tout cela part de ma grand-mère, avec qui je vivais depuis la disparition de ma mère, et qui avait vécu en France pendant un moment et me disait toujours des petites phrases en français. A la fin de ma période avec The Hoax, je me suis retrouvé dans mon village d'origine sans possibilité musicale et sans beaucoup d'options financières.
J'ai visité Paris avec une copine et l'idée folle m'est venue d'y vivre un an pour apprendre le français, tout en écrivant un disque. Ensuite j'allais rentrer en Angleterre, trouver un groupe pour sortir ce disque. Finalement, j'ai rencontré Spleen avec qui on a monté un projet. Et puis je suis resté. Cela fait 15 ans maintenant. Je suis un vrai Franglais !

 


© Droits Réservés

 

Tu as monté ton label, tu es maintenant plus libre, mais c'est aussi peut-être plus de travail ? Pourquoi penses-tu que beaucoup d'artistes font ce choix ? 

En effet il y a plus de travail. Cela peut devenir un problème lorsqu'on a envie de se consacrer à la musique, mais c'est comme ça, je fais avec ! Les deux derniers disques de The Hoax étaient sortis dans l'indépendance totale, et c'est très satisfaisant et libérateur, je ne regrette pas de m'être lancé.
Beaucoup d'artistes font ce choix car aujourd'hui les ventes de disques ont tellement chutées qu'il faut être plus efficace et à cheval sur le côté business afin de s'en sortir. Je souhaite faire ce que je fais dans la durée, c'est donc très important pour moi de créer un modèle qui soit viable financièrement. Je dois dire que j'ai aussi bénéficié d'un soutien considérable de la part de l'Adami, je ne suis donc pas tout seul !

 

© Droits Réservés

 

Aujourd'hui, quel lien partages-tu avec ton public ? En France, au Royaume-Uni… ? 

Je chante pour moi, principalement. Ca me plait de chanter, d'écrire les chansons et partager la scène avec des musiciens avec qui j'ai le plaisir de jouer. Mais chaque artiste sait que sans un public on ne va pas très loin. Etre musicien c'est communiquer avec son groupe et le public, pour générer des émotions. Les meilleurs concerts sont pour moi, ceux où je peux ressentir qu'un moment spécial a été partagé. Certains diront qu'on peut faire sans mais c'est beaucoup moins drôle.

 

 

Quels sont tes projets par la suite ? Revenir à une musique plus pop, continuer dans le jazz, as-tu d'autres collaborations artistiques en cours ?

Pour l'instant je me concentre sur ce disque et les lives qui s'en suivent, mais entre temps j'ai pu collaborer avec Jean Pierre Como sur son disque qui est sorti le 9 Octobre et le disque à paraître chez Blue Note, « Autour de Chet » qui sort prochainement.
Sinon pour la suite, je vais commencer à penser les choses, travailler et voir ce qui sort. Une fois que j'ai la guitare en main je ne peux pas me dire "Bon, maintenant, je fais un disque Pop, Jazz ou autre". Je trouve un truc chouette et puis un autre et puis... j'ai un disque. On verra ! 

 

"Shadows", disponible sur iTunes

 

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HUGH COLTMAN EN CONCERT :

14.10 | Salle Poirel Nancy
16.10 | Théâtre Municipal Raymond Devos Tourcoing
17.10 | Magic Mirror Roubaix
24.10 | La Spirale Friboufg (Suisse)
04.11 | Le Carré Sévigne Cesson Sevigne
06.11 | Théâtre de l'Hotêl de ville Saint Barthelemy d'Anjou
07.11 | L'Astrada Marciac
12.11 | MJC Picaud Cannes
19.11 Espace Carpeaux Courbevoie
20 & 21.11 | Théâtre municipal de Fontainebleau
04.12 | Opéra Garnier de Monte Carlo
08.12 | MC2 Grenoble
17.12 | Théâtre Charles Dullin Le Grand Quevilly
29.12 | La Lucarne - Centre culturel Arradon
06.02 | Le Trianon Paris
25.02 | Maison de la Culture Tournai
11.03 | Théâtre du Merlan Marseille
15.03 | Théâtre de la Fleuriaye Carquefou
17.03 | Le Vigean Eysines
18.03 | Salle Nougaro Toulouse
27.05 | Espace des Arts Les Pavillons sous Bois

  • Saam WB
    (Owner)
    • 2015-10-14 15:41:57
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  • Tags - #folk #rock #jazz #hugh colman #nat king cole #album hommage
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