Julie Coustarot : un regard photographique sur l'intime...

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Julie Coustarot vit et travaille à Paris depuis près de 10 ans où elle exerce en tant que photographe. Son champ d’action est vaste : mode, portraits, travaux de commande, de plateau en passant par les tournages de cinéma…  En parallèle Julie Coustarot poursuit ses travaux personnels, donnant naissance à des séries artistiques à ambiance onirique comme  "Les Trophées" ou encore "Du bleu sous les ongles" (sélectionnée pour le Prix Picto Mode 2013). Une autre série très personnelle "Léon" - qui met en scène son grand-père, lui vaudra la nomination en 2013 en tant que Finaliste de la Bourse du Talent #54 Portrait.
Dans une approche très personnelle, Julie Coustarot croise le travail documentaire à la photographie d’art. A travers le médium photographique elle pose la question de l’autre, entrouvrant avec pudeur la fenêtre sur l’intime…

 

Comment est née votre passion pour la photographie ? 
Quel a été votre parcours artistique, les temps forts jusqu'à présent ?
Enfant, communiquer par l'image (dessin, peinture, photographie) était plus simple pour moi.
La photo est devenue rapidement mon moyen d'expression.
J'ai eu mon premier polaroïd à l'âge de six ans, empruntais souvent un vieux boîtier qui appartenait à ma mère et photographiais mes proches, dont Léon mon grand-père, les amis aussi, parmi eux des danseuses, de là sans doute ma curiosité pour le mouvement et les corps mouvementés.



© Julie Coustarot - Léon

Après le bac, j'ai suivi des cours d 'Histoire de l'Art et d'Archéologie à Pau, puis une école de photographie à Lyon. Une première immersion en milieu professionnel m'amena à travailler sur le tournage du film 'Les Parrains' de Frederic Forestier avec Jacques Villeret, Gérard Darmon et Gérard Lanvin.
Les études terminées, je file vivre à Paris et travaille comme libraire à la MEP (Maison Européenne de la Photographie). Être entourée de livres et d'expositions m'a enrichi et encouragé à poursuivre un travail plus personnel.



© Julie Coustarot - Léon
 
Votre série « Léon » a fait l’objet de repérage et mise en avant au Salon de la photo 2013. 
Pouvez-vous nous parler de la genèse de ce projet photographique…
Pourquoi avoir choisi votre grand-père comme sujet ?

Qu’avez-vous souhaité exprimer, transmettre à travers ces photographies ?
J'ai grandi aux côtés de Léon, au milieu des champs face aux Pyrénées. C'était un homme d'une grande sagesse, paysan il avait un ferme et des potagers. Les moments passés en sa compagnie étaient simples, nous ramassions les haricots, épluchions les pommes, buvions le café. Nous parlions peu.
Ces moments étaient apaisants et suspendus. J'avais besoin de retranscrire cet état sensible qu'il m'amenait à éprouver par sa manière d'être là au monde. Je me sentais bien. Il me fascinait.
J'attachais toujours de l'importance aux lieux, aux espaces, leurs couleurs, leurs matières – la chambre verte, l'oiseau rouge, les tapisseries aux fleurs oranges, le bois de la porte de la grange.


© Julie Coustarot - Albin et Léon - série Léon
 
Avez-vous rencontrée des difficultés… mais aussi des facilités, dans le fait de travailler avec et sur un sujet aussi personnel ? 
Photographier un proche, c'est faire avec nos pudeurs et nos intimités respectives, ainsi pour les saisir je ne peux être autrement que délicate.
Par exemple, photographier mon grand-père en train de faire la sieste a été compliqué pour moi. Je retardais cet instant mais lorsque je lui ai demandé et ai fait ces photos, sa quiétude m'a rassurée.
Heureusement, il jouait le jeu et ne me demandait jamais pourquoi je le photographiais avec une chapska sur la tête ou encore avec des crocodiles naturalisés! Au contraire, ça le faisait rire.
Sa présence laissait beaucoup de place. Et, il laissait de la place à mon imaginaire.




© Julie Coustarot - Les trophées

Dans vos séries « Les Trophées » ou encore « Du bleu sous les ongles », vous plongez le spectateur dans une ambiance onirique et très énigmatique. Entre ombre et lumière, pouvez-vous nous en dire plus sur vos clichés… ? 
Toutes mes séries, qu'elles soient orientées reportage,mode,portrait... sont avant tout des envies, des rencontres.
Je fonctionne beaucoup au feeling. Je fais une série photo sans l'intellectualiser et attend de voir ce qui va se déployer.
Ce qui est important pour moi c'est l'échange. Je ne m'impose pas dans un reportage, je prends le temps de connaître mon sujet et fait en sorte qu'il se sente en confiance. 
La photo est un beau prétexte pour moi pour rentrer dans des univers différents que je ne côtoie pas au quotidien et qui m'intriguent, me fascinent.


© 
Julie Coustarot - Du bleu sous les ongles

Dans les séries plus artistiques comme "Du bleu sous les ongles" et "Les Trophées", l'univers est effectivement onirique, tend vers l'absurde et ne nécessite pas d'explication. 
J'aime travailler à l'instinct. Parfois, je fais une série car le lieu me plaît (couleur d'un mur, tapisserie ancienne et abîmée...) ou bien par ce que j'ai envie de travailler avec un modèle.


© 
Julie Coustarot

Comment pourriez-vous décrire votre(vos) univers photographique(s) ?
Mon univers photographique m'est difficile à décrire avec des mots. Je m'en remets à ce qu'avait écrit Isabelle Lassignardie sur mon travail, autour de l'idée d'une approche « documentaire sensible » :
« Julie Coustarot développe une approche documentaire, plus impressionniste que journalistique, animée par cette nécessité de saisir des bribes de réel et de quotidien, en marge des clichés conventionnels – comme le révèle la série « Romanes, cirque tsigane », ou encore le travail ayant pour sujet Léon, son grand-père.
Elle y propose un juste regard sur la sphère intime, sur ces moments souvent invisibles, ceux qui se glissent dans le quotidien, dissimulés derrière les murs, les façades de notre chez soi – l'anodin du moment. Avec honnêteté, elle saisit des proches ou des méconnus (il s'agit toujours de rencontres) qui lui entre-ouvrent leurs lieux de vie, leur espace singulier – là où ils sont un moment à leur place et où ils se permettent de se livrer, comme on le ferait assis seul quelque part, les pensées errantes. »


© 
Julie Coustarot
 
Quelles sont vos sources d'inspiration ? 
Un environnement, contexte particulièrement propices aux idées et à votre inspiration ?
En ce qui concerne mes inspirations, elles sont souvent artistiques. Ça peut être à partir d'un spectacle de danse de Mats Ek, d'un film de David Lynch ou encore d'un tableau de Francis Bacon.

 

© Julie Coustarot - Le grand combat

Mot de la fin… ? Des envies, idées, projets à venir, que vous souhaitez partager avec nous ?
Je continue mes séries personnelles tout en travaillant avec d'autres artistes. Le travail en équipe me plaît beaucoup et je privilégie plus les échanges, les collaborations avec d'autres artistes (écrivain, illustrateur, metteur en scène, plasticien...)
Par exemple, j'entretiens une correspondance photographique depuis plus d'un an, sur un carnet, avec une amie photographe Chloé Jafé, qui vit à Tokyo. Il y aura une expo et un livre à partir de cet échange Paris-Tokyo.
Cet hiver, je vais travailler sur  l'exposition et l'édition d'un livre sur la série Léon et vais y inclure des photographies n&b de lui des années '40 à '90.

  
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  • Artist UP
    (hôte)
    • 2015-11-11 19:57:22
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  • Tags - #photo #paris #journalisme #cinema #photographie #portrait #documentaire #mode #sensible #plateau #absurde #enigmatique #esthétique #MEP #Julie Coustarot #intime
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