Corinne Heraud photographe intimiste portée par l'élan pictorialiste

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Après un virage professionnel, Corinne Heraud décide de faire de la photographie son métier. Autodidacte, sa vocation s'affirme lorsqu'elle découvre les possibilités infinies qu'offre cette pratique et notamment l'argentique.
Profondément inspirée par le mouvement pictorialiste du 19e siècle, Corinne Heraud mène un travail d'introspection qui aborde des thèmes comme l'identité, la solitude... Son univers composé principalement de visages et de paysages met en scène des portraits nostalgiques et mystérieux qui ouvrent la porte sur un imaginaire contemplatif, s'interrogeant sur notre nature humaine.
Passionnée et très rigoureuse, elle pratique le façonnage manuel à partir de diverses techniques, ce qui donne un caractère unique à chacune de ses photographies. 



©  Corinne Héraud - Errances #11


Artiste autodidacte, comment êtes-vous arrivée à la photographie ? 
Pourquoi avoir choisi ce médium ? Racontez-nous votre parcours...

Je suis née dans une famille où « être artiste » n’était pas synonyme de sérieux mais du plus loin que je me souvienne j’ai toujours été sensible aux arts. Je garde le souvenir d’un calendrier dans ma chambre de petite fille sur lequel figuraient des reproductions de Jérôme Bosch. J’étais totalement fascinée par la créativité, l’univers et l’ambiance dégagés par ses œuvres. On ne peut jamais juger de la portée de ses souvenirs sur ce que l’on devient, mais aujourd’hui encore, Bosch figure dans mon Panthéon artistique.
En grandissant, je me suis docilement tournée vers des voies « normales » au regard de mon milieu  et j’ai exercé d’autres activités très éloignées du monde artistique. Ce n’est qu’à trente ans, en 2001, que je me suis lancée dans la photo d’abord comme photographe équestre sur les terrains de concours. Bien qu’ayant débuté avec les premiers boitiers réflex numériques, je me suis très vite formée à la photo argentique et plus tard, en 2005, à l’occasion d’un stage à l’école des Gobelins j’ai découvert le travail à la chambre et le Polaroïd. Ma vocation artistique est véritablement née à cette occasion car j’ai trouvé dans la photographie et toutes ses techniques, des plus anciennes aux plus modernes, une voie de créativité infinie. Dès lors, mais sans que cela soit véritablement conscient, je me suis tournée vers un travail d’artiste et ma première exposition date de 2006. 

©  Corinne Héraud - Les Ames Silencieuses
Je ne suis pas celle que vous croyez (81x65)
 

Comment se déroule votre processus de création pour une série photographique ? 
Pouvez-vous nous parler des techniques et médiums utilisés ? 
Le travail manuel est au cœur de votre démarche artistique, en quoi est-il si important pour vous?

Cela peut venir d’un sentiment diffus qu’il s’agit d’incarner. C’est le cas dans la série des Errances même si la mise en scène des images demande de la réflexion et du temps.
Les autres séries de portraits (Ames silencieuses, Icônes cathodiques et dernièrement les Miroirs secrets), sont quant à elles moins instinctives car elles s’inscrivent dans un travail de fond sur un questionnement  autour de l’identité notamment féminine.
Dans les deux cas, le travail manuel est primordial car je ne peux pas envisager de livrer une image au regard du public sans intervenir sur le tirage. Cela peut prendre la forme d’un pelliculage (décoller une émulsion de son support pour la recoller sur un autre support), d’une altération, d’un ajout d’encre ou d’acrylique, peu importe la manière, pourvu que l’image colle à mon imaginaire. Ce sont des techniques laborieuses et aléatoires qu’il me plait de mettre en œuvre dans un monde où il suffirait d’appuyer sur un bouton. C’est un peu comme arrêter le temps dans cette époque folle où tout va si vite, où tout est consommé pour être jeté aussitôt.


©  Corinne Héraud - Errances #6


Quelle est la place de l'introspection au sein de votre univers photographique ? 
Fait-elle résonance à un besoin de questionnement personnel ? 

L’introspection est au cœur de mon travail et bien entendu elle est le reflet de mes propres questionnements mais il me semble que c’est le cas de tous les artistes. Sur ce point, j’ai beaucoup de mal à mettre des mots sur ce processus et je me retranche souvent derrière cette citation d’Edward Hopper qui disait "Si vous pouviez le dire avec des mots, il n'y aurait aucune raison de le peindre." Pour ma part, c’est la photographie qui est devenu le moyen d’exprimer mes tourments, mes questionnements, mes doutes. La photographie et les techniques que je mets en œuvre sont ainsi devenues mon vocabulaire du sensible.

©  Corinne Héraud - Les Ames Silencieuses - L’éveil (81x65)

©  Corinne Héraud - Miroirs Secrets #35

Quels artistes et/ou courants artistiques sont une source d'inspiration pour vous ? 
Quels liens établissez-vous entre la pratique de la photographie et d'autres disciplines artistiques ? 

La photographie à ses tout débuts fut perçue par certains peintres comme une technique qui pouvait remettre en question leur raison d’être. Si la question d’élever la photographie au rang des beaux-arts se pose encore aujourd’hui c’est sans doute que cette inquiétude n’a pas tout à fait disparu. Pour ma part, je suis très inspirée par le mouvement pictorialiste qui a posé les bases de la photographie artistique à la fin du 19ème. L’ambition de ces photographes était de s'écarter de la dimension technologique de la photographie - ayant pour objet de représenter le réel - pour créer des images dans lesquelles  la subjectivité et l'imagination propres à l'Art auraient toute leur place. Robert Demachy ou Edward Steichen qui furent d’illustres acteurs de ce mouvement sont à cet égard de véritables références artistiques pour moi.

©  Corinne Héraud - Errances #12

Les titres de vos œuvres sont particulièrement évocateurs...
Quel part prennent-ils dans la composition de vos photographies ? 
De quelle manière guident et accompagnent-ils la lecture des œuvres ? 

Les titres ont une grande influence sur la façon dont une œuvre peut être lue. En cela, c’est un – petit – danger car s’il oriente le regard il peut également le brider. Ainsi, la création d’un titre se fait avec beaucoup d’instinct, un peu comme une écriture automatique, en espérant ne pas trop restreindre l’imaginaire de ceux qui lisent l’œuvre.

©  Corinne Héraud - Errances #16

`©  Corinne Héraud - Les Ames Silencieuses - La Promesse (81x65)

On retrouve beaucoup de femmes dans votre univers créatif...
Pourquoi avoir choisi la figure féminine comme modèle de prédilection ? 
Quelles intentions et réflexions souhaitez-vous communiquer à travers votre travail ? 

C’est vrai que la figure féminine occupe une place prépondérante  dans mon travail et pour être tout à fait honnête je ne m’explique pas vraiment cela. C’est peut-être ma part féministe qui s’exprime ici mais il est important de dire que les femmes mises en scène sont issues de photographies prises sur mon écran de télévision. Les femmes que je choisis sont les anonymes que l’on place dans le public des talks-shows, derrière les invités ou les présentateurs.  Parfois se mêlent à ces anonymes quelques visages de femmes iconiques (Maggie Cheung, Louise Brooks, Camille Claudel, Anna May Wong…) dont l’aura exceptionnelle me fascine.
Cette « capture d’écran », matière à la fois brute et désincarnée, est ainsi la base d’un travail qui consiste à redonner à ces figures une identité. Ces visages honorés, embellis et proposés à un regard attentif deviennent ainsi les miroirs d’une civilisation entrée dans l’ère de l’image qui, se suffisant à elle-même, dévore d’identité de ceux qu’elle reflète.
Quoi qu’il en soit, je trouve dans cette question de la féminité un sujet de questionnement et d’inspiration si vastes qu’une vie ne suffira pas à traiter de façon exhaustive.

©  Corinne Héraud - Errances #4

©  Corinne Héraud - Les Ames Silencieuses - La Mélancolie (81x65)

Quelles sont vos projets, actualités à venir ?

Participation au salon international Fotofover au Carrousel du Louvre à Paris du 13 au 15 novembre avec la galerie Courcelles Art Contemporain.

Exposition collective de photographie à la Galerie Courcelles Art Contemporain à Paris du 24 novembre au 16 janvier 2016

Exposition personnelle à la galerie Catherine Mainguy à Lyon du 7 janvier au 13 février 2016.

Exposition personnelle à la galerie Begramoff à Bruxelles du 12 septembre au 11 novembre 2016


©  Corinne Héraud - Errances #9


EVENEMENTS PASSES :

Artiste présente au FOTOFEVER Paris (Carrousel du Louvre) du 13 au 15 novembre 2015.


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  • Elina Tarade
    (hôte)
    • 2017-04-14 15:03:54
    • 4 370 views
  • Tags - #photo #paris #photographe #exposition #photography #argentique #Catherine Mainguy #Corinne HéraudCorinne Heraud #photo fever #pictorialisme
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