Yz Yseult, une artiste engagée portée par l'humanité

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Yz Yseult est avant tout guidée par un profond sentiment d'humanité. Engagée, à travers son travail elle tente de refléter notre époque, notre identité à travers sa propre histoire et son métissage culturel.
Pluridisciplinaire, l'artiste investit la ville et les murs comme "matière qui participe à raconter une histoire". Ainsi, elle souhaite décrypter la place des êtres dans notre société et aborder des thèmes qui lui sont chers comme la lutte pour les droits civiques et la lutte contre l'esclavagisme... Interview!

Quelles ont été les étapes clés de votre parcours ?
J’ai commencé à peindre dans la rue lorsque je suis arrivée à Paris en 2000. Je peignais à la bombe de grands portraits puis j’ai découvert le pochoir. C’est en 2003, que je me fait connaître sous mon pseudonyme YZ grâce au projet Open your eyes, que je commence à Paris avec une amie et que je porte ensuite à l’international ; Berlin, New York, Londres, Bamako, Moscou, Brazzaville…
Contrainte par la technique du pochoir, je commence alors à travailler à l’encre de chine et au rouleau sur du papier. Le collage devient alors très présent dans ma pratique. Au début ce sera du papier kraft, il sera ensuite froissé, aujourd’hui j’utilise le papier de soie tant dans la rue que sur mes productions en atelier.


© Yz Yseult 
© Yz Yseult


Comment votre pratique artistique a t-elle évoluée depuis vos débuts ?
Mon rapport à la ville et l’intention même de réaliser des œuvres dans l’espace urbain a évolué, effectivement. Au début, la visibilité de mes travaux dans la ville m’intéressait, même si j’ai toujours tenté de donner une seconde lecture à mes séries comme pour l’approche géographique du projet Open your eyes.
Aujourd’hui, chaque projet questionne un lieu, son histoire et ses habitants. Ainsi, ce qui importe ce n’est pas le nombre de personnes qui verront mon œuvre en situation mais plutôt l’invitation au voyage à travers plusieurs supports que sont la restitution des œuvres in situ via la photographie, la vidéo ou bien la réinterprétation des visuels sur des supports empreints au lieu originel. Je n’investis pas la ville juste pour me « montrer », je la questionne pour en extraire une interprétation personnelle.


© Yz Yseult


Franco-anglaise avec des origines guadeloupéennes, vous avez été bercée par de nombreux voyages. 

De quelle manière votre histoire personnelle a t-elle impacté votre univers artistique ?
Très tôt, il m’a semblé important de vivre mes origines, une manière de me construire et de mieux me connaître. C’est ainsi que je suis partie habiter au Sénégal à 20 ans. Le continent africain semblait une évidence du fait de mes origines guadeloupéennes. Suite à cette expérience, je me suis installée à Londres.
Ce n’est que plus tard, que je suis allée en Guadeloupe, dans la maison de mon grand-père pour quelques mois. Cela a d’ailleurs donné lieu à la série : « Back to the roots ». Finalement, mes projets parlent des autres pour parler de moi, de mon histoire, de mon identité.


© Yz Yseult 
© Yz Yseult


Votre travail semble s'interroger sur la place de l'homme en milieu urbain.
Quel lien entretenez-vous avec la culture urbaine et pourquoi avoir choisie de vous exprimer dans la rue ?
Comment choisissez-vous vos espaces de création ?
Mon univers se rapproche plus de l’environnement naturel que du milieu urbain. Ainsi, la ville, me passionne autant qu’elle m’effraie. L’investir, c’est un peu l’apprivoiser, la rendre plus personnelle, plus douce.
En fonction des projets, il y a toujours une réflexion sur le support. Celui-ci participe à l’intention que je souhaite porter à l’œuvre et/ou à la série. Avant d’aller coller ou peindre sur un mur, je passe de longs moments à sillonner la ville, comprendre sa structure, son architecture et son histoire. Je prends en photo chaque mur, pour avoir une idée plus précise de l’intégration du visuel que j’y apposerai.


© Yz Yseult


Quel est le lieu particulièrement marquant où vous ayez réalisé une fresque ?
L’usine de Docelles, le lieu portait une histoire particulièrement forte.
Mais également Brazzaville ; lorsque j’ai peint un visage Open your eyes, le retour des passants et l’émotion que cela créé chez eux en lien avec l’histoire difficile de leur pays m’a beaucoup émue.
Ou encore Open your eyes à Berlin, sur un lieu emblématique ; le Tacheles.


© Yz Yseult 
© Yz Yseult 
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Quel est le mode opératoire dans votre processus créatif ?
Pouvez-vous nous en dire plus sur votre technique, matériaux et supports utilisés ?
Je travaille a partir de mes photos ou de photos d’archive que je modifie. J’utilise principalement de l’encre de chine et parfois de l’acrylique que je dilue du plus foncé au plus clair pour pouvoir travailler mes ombres et mes lumières. Lorsque j’entame un travail en atelier, je récupère alors des matériaux qui s’inscrivent dans la continuité du projet. Briques, zinc, ardoise, métal, bois… Les supports sont multiples et portent en eux une histoire.


© Yz Yseult 


Vidéaste, affichiste, plasticienne... vous avez expérimenté de nombreuses pratiques artistiques.
De quelle façon influencent-elles votre manière de travailler et votre univers créatif ?
Avez-vous envie d'expérimenter d'autres médiums ?
Pendant plusieurs années, avant de m’engager pleinement dans l’art plastique, j’étais vidéaste/réalisatrice de documentaire. Je réalisais principalement des portraits d’individus inscrits dans un milieu spécifique ; Loveville/squatville, You go tempo, New York city girls, Dr Knock… Cette approche documentaire est très présente dans la manière dont j’aborde un projet aujourd’hui. J’aime raconter l’histoire des gens, proposer un voyage à travers plusieurs mediums.
Il m’est arrivé de composer ma musique pour certain de mes projets. L’envie d’approfondir est là. Mais il est facile de se perdre dans une recherche trop pluridisciplinaire.


© Yz Yseult 


Artiste engagée, l'humain est au cœur de votre œuvre, avec une place privilégiée pour les représentations féminines.
Quelles problématiques souhaitez-vous questionner à travers vos créations ?
Quelles réflexions, réactions aimeriez-vous susciter chez le spectateur ?
Les thèmes récurrents dans les sujets que j’aborde sont finalement liés à mon identité ; le droit des femmes, la lutte contre l’esclavage, les droits civiques, mais également notre rapport à l’urbain et le vivre ensemble. Tout ces thèmes sont naturellement portés par l’histoire des personnes que je portraitiste. Si ces histoires s’effacent, les combats de nos pairs disparaissent également.
Une émotion, quelle qu’elle soit.


© Yz Yseult 


Selon vous, la création dans l'espace urbain (vous) permet-elle d'agir au sein de notre société ?  


Pour ma part, je n’utilise pas l’espace urbain pour montrer mon travail. Ce dernier est utilisé comme une matière qui participe à raconter une histoire. Peu de gens voient mon travail dans la rue. Les restitutions se font via internet ou bien intramuros.


© Yz Yseult 
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Quels sont vos rêves, projets ou actualités pour la suite ?
Mes rêves : continuer à en avoir et d’avoir le luxe de pouvoir les réaliser...
Profiter du temps que je passe au Sénégal approfondir mon projet actuel « Amazone » et en développer d’autres.
Actualités : Exposition « Amazing Amazons » à French Art Studio à Londres.


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  • Elina Tarade
    (Owner)
    • 2015-11-25 12:09:30
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