Les oeuvres de Seb Jarnot : quand la réalité dérape...

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Seb Jarnot n'a jamais cessé de dessiner ! Artiste touche à tout, fasciné par les images et la musique il s'empare de différents médias pour les faire parler à sa manière. Dans ses oeuvres il ouvre des portes vers des mondes parallèles, joue avec les mots, les signes et les espaces.
En quête de perceptions et de sensations, Seb Jarnot cherche à saisir ce moment charnière où la réalité dérape, où les décors se décalent et les intimités s'emmêlent... 
Une immersion dans un univers artistique riche et surprenant...


Artiste touche-à-tout, passionné d'art au travers de multiples médias...
Comment votre appétence pour l'image et tout particulièrement les arts graphiques est-t-elle née et comment a-t-elle évoluée ?
J'ai toujours dessiné et ai toujours été fasciné par les images. Sans hiérarchie, petit, je recopiais tout ce qui me tombait sous la main, aussi bien Astérix que des tableaux de Renoir ou Degas, les caricatures de Morchoisne, Ricord et Mulatier (Les Grandes Gueules) etc.
Mes parents tenaient un bar, lorsqu’un de leurs clients, m’a donné une cinquantaine de numéros du magazine « PHOTO » (des années 70/80). Je devais avoir 12 ou 13 ans et je découvrais les photos de Mary Ellen Mark, Helmut Newton, Kishin Shinoyama, les junkies de Larry Clark, les images bizarres de Pierre Molinier, les archives trash de la PJ, le milieu gay new-yorkais, etc. Des images souvent dures, crues, érotiques. J’adorais tous ces magazines et ces images qui n’étaient absolument pas faites pour un gamin de mon âge. Les pubs aussi m'intéressaient, je redessinais également les typos, d'où mon intérêt pour les arts graphiques. Le travail que je fais aujourd'hui est un peu le fruit de tout ça.


© Seb Jarnot - extralucide


Quelles ont été les étapes clés de votre parcours ?  
1989/1992 : Ecole Brassart - Tours (communication graphique)
1997 : Licenciement économique de l'agence de communication dans laquelle j'étais graphiste depuis 3 ans, à Nîmes. L'opportunité pour moi de me lancer en tant qu'illustrateur freelance.
1999 : Mes premières pochettes de disques pour F Communications
2002 : Commande d'illustrations de Wieden & Kennedy (Amsterdam) pour une campagne print internationale pour Nike.
2004 : Sortie de mon livre « 3x7=15 » Die Gestalten Verlag (Berlin)
2008 : Début de ma période « collage »
2013 : Expo collective « french touch » au Musée des Arts Décoratifs à Paris.


© Seb Jarnot - dashsnow
© Seb Jarnot - lowfrequency


Votre univers est complexe, riche et explosif... Quelles sont vos influences et inspirations ?
En vrac et entre autres, Richard D. James (Aphex Twin), Tumblr, Neo Rauch, David Lynch, David O’ Reilly, Serge Gainsbourg , Suzanne Ciani, les magazines bizarres, le Krautrock, Sonic Youth, l'expressionisme allemand, la science fiction, Saul Steinberg, la peinture naïve, Louise Bourgeois, Elvis, Father Yod, l'art cinétique, le Bauhaus, les années 70, Mike Kelley, Aya Takano, Moebius & Jodorowsky, la danse contemporaine, les Beatles, David Shrigley, Daniel Higgs, Robert Beatty, Crumb...

© Seb Jarnot - opticnerve


Artiste du sensible, quelles émotions guident votre instinct créatif ?
Qu'est-ce que la création artistique vous permet-t-elle d'exprimer, d'extérioriser ?
Quand je crée une image, je recherche une harmonie, une musique, une évidence… Mais cela doit également me permettre d’extérioriser ou de canaliser mes névroses. On m'a souvent dit que je devrais montrer mon travail à un psy.


© Seb Jarnot - spektranalyse


Passionné de musique, vous avez participé en 2013 à la l'exposition sur la French Touch aux Musées des Arts Décoratifs à Paris et avez réalisé de nombreuses pochettes d'albums.
De quelle manière la musique et particulièrement l'électro s'immiscent-t-elles dans votre pratique créative ?
Je pense que la musique est mon inspiration principale. Ce que je ressens à travers la musique c'est ce que j'essaye de transmettre ou retranscrire dans mon travail. Bien évidement, l’arrivée de la musique électronique dans les années '90 m’a beaucoup marquée, cette scène m’a confortée dans mes envies d’ambiances graphiques, d'atmosphères au-delà des mots. 
Je suis vraiment content d’avoir participé à cette rétrospective au Musée des Arts Déco et que ce travail (qui commence à dater) soit aujourd’hui reconnu. Depuis quelques temps, je fais des artworks pour des labels de cassettes comme Big Ear Tapes (USA) ou Carpi Records (FR), là il s’agit plus de musique expérimentale.


© Seb Jarnot - untitled


Pouvez-vous nous parler d'une collaboration dans l'univers musical qui vous aie particulièrement touchée ?
Vers 2001, Eric Morand (co-fondateur de Fcom avec Laurent Garnier) m'a proposé de travailler sur un maxi, justement, pour Laurent. C'est, je crois, la première fois que je dessinais à la souris sur illustrator, ce trait net et mal maîtrisé m'a tout de suite plu, à Eric et Laurent aussi.
Après avoir fait 2 ou 3 maxis avec ce traité assez minimal, ils m'ont demandé de faire l'artwork de l'album à venir (Unreasonable Behaviour). J'ai eu de longues conversations avec Laurent sur l'esprit de l'album et ce qu'il souhaitait que la pochette dégage, il m'a raconté l'histoire de chaque morceau, etc.
Puis j'ai commencé à travailler, toujours à la souris. Je ne sais plus combien de temps cela à duré mais ça a été une vraie galère. Je leur ai présenté des tonnes de propositions et rien ne convenait. Ce traité qui fonctionnait très bien sur des maxis (2 , 3 ou 4 titres) ne marchait plus du tout pour un album,... trop léger, un peu vide...
Au bout d'un moment, Eric a commencé à me dire qu'il envisageait de proposer le travail à un autre graphiste, ce que je ne pouvais pas entendre !!! J'étais dans un état de stress stratosphérique et j'ai jeté mes dernières forces dans un dessin hyper-nerveux, exutoire, un geste à la craie grasse, ils ont adoré et on est parti là-dessus, ouf !! Cette pochette a marqué, on m'en reparle souvent. 


© Seb Jarnot - Garnier
© Seb Jarnot - Garnier 


Depuis quelques années, le collage occupe une place importante dans vos oeuvres... Comment avez-vous été amené à développer cette technique ?  
J’avais de nombreux magazines des années 70/80 mais l’idée de les découper ne m'avait jamais vraiment traversé l'esprit, jusqu'au jour où j'ai découvert les collages de Dash Snow (artiste américain assez trash, mort d'une overdose en 2009 à l'âge de 27 ans). Son travail m’a mis une claque. Il émanait de ses collages une telle force, une telle énergie que ça a été un déclencheur. J’ai fait un 1er collage, puis un 2ème et ne me suis plus arrêté depuis. 
Pour moi, c’est une pratique libre, sans règle, à la portée de tout le monde et qui peut emmener assez loin au niveau graphique et métaphysique. J’aime beaucoup l’idée de recyclage, les vieilles choses, la fragilité, les vieux papiers, les rencontres hasardeuses, les dissonances…


© Seb Jarnot - synesthesia


Que vous permet-t-elle de mettre en lumière ?
Avant de me mettre au collage, je faisais principalement du dessin au trait en noir et blanc, avec un vrai blocage sur la couleur. Donc mes premiers collages étaient N&B, mais déjà je gagnais en nuances. Et petit à petit, j’ai essayé la couleur et là, j’ai senti quelque chose d’intuitif et d’évident dans son utilisation. Toutes les questions et les problèmes que je me posais autour de la couleur se sont évanouis grâce au collage.


© Seb Jarnot - hounds at the barrier


Pouvez-vous nous décrire votre mode opératoire ?
Au départ, il y a souvent une rencontre entre 2, 3 ou 4 images ou parties d'images qui créent chez moi un sentiment ou un pressentiment, une sorte d'embryon d'atmosphère. À partir de là, je vais chercher, creuser, expérimenter, pour essayer de me rapprocher du premier sentiment, même si parfois, ça peut prendre une toute autre direction... Bref, dans cette première étape, je ne colle rien, je compose, je teste, j’ajoute, j’enlève...
Cette étape me fait penser à une espèce de transe où le temps n’existe plus vraiment.. L’état Alpha peut-être ?
Une fois satisfait de la composition, je prends une photo de référence, j’enlève tous mes morceaux et recompose en collant. Ensuite, vient une étape un peu mystique qui consiste à accrocher cette composition au mur dans mon atelier pendant 1 ou 2 semaines. Durant cette période, mon regard s’y accroche régulièrement et j'ai la sensation que le collage se charge d'énergie plus encore. Je travaille fréquemment sur plusieurs collages en même temps, ce qui permet de m’en échapper, d’avoir un regard neuf.
Pour info, je ne travaille qu’à partir d’images originales trouvées dans des livres et des magazines d’époque, et jamais à partir de photocopies. J’aime travailler sans filet.


© Seb Jarnot - afrikaa


Vous travaillez pour de nombreuses marques en tant que directeur artistique et graphiste.
Qu'est-ce qui est le plus difficile/facile dans le travail de commande ?
Comment parvenez-vous à garder votre "patte" au sein de ces travaux ?
J’aime assez travailler sur commande, avoir une mission bien précise au sein d’un projet déjà existant. Mais le fait de ne pas avoir le « final cut » est souvent assez douloureux. Un p’tit côté maso, peut être? En même temps ça n'est que du dessin, il y a pire comme métier. 
Lorsqu’il s’agit de portraits, comme je fais pour des magazines ou des journaux, j’ai un style assez identifié qui correspond à ma façon naturelle de dessiner. Mais lorsqu’il y a de trop nombreuses modifications, on peut facilement perdre sa « patte », tout devient trop réfléchi, trop contraint, figé. J’ai quand même besoin d’une bonne marge de liberté.


© Seb Jarnot - paulhares-bigeartapes


Vous exposez régulièrement vos créations personnelles et participez à des projets collectifs... Pouvez-vous nous parler d'une de ces expériences ?
Au printemps dernier, j’ai participé à une expo collective à Athènes, « Strange Cities » à L’Onassis Cultural Centre. J’ai reçu, comme chaque artiste, un « kit d’inspiration » contenant une recette, des poèmes, des extraits de livres, des sons de la rue, une chanson, un instrumental, le tout en rapport avec Athènes, le thème de l’expo, mais aucune image. 
À partir de cette matière, il nous fallait représenter la ville ou l’idée que l’on s’en fait sans utiliser d’image d’Athènes. À l’écoute de la chanson (Manos Hadjidakis) et de l’instrumental (Konstantinos Vita), la couleur bleue s’est imposée à moi, je suis donc parti sur des collages assez tourmentés à dominante bleue. Ces 3 collages ont été scannés et imprimés en grand format. Grâce à ce projet, j’ai pu m’apercevoir que mes collages agrandis avaient un assez bon impact… Pour accompagner mon travail visuel, Mika Perez (aka Sylvia Monnier aka Sunny Dunes) a créé une bande son « ambient/drone » assez fantomatique. 

© Seb Jarnot - abstrmoo
© Seb Jarnot - xtk


Quels sont vos projets, actualités à venir ?
Parmi d’autres collagistes d’un peu partout sur la planète, je participe à un projet de livre qui devrait sortir l’été prochain chez Die Gestalten Verlag. Mes collages ont été jusqu’alors moins exposés que le reste de mon travail, j’aimerais beaucoup à présent montrer l’ensemble de cette production… 




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  • Elina Tarade
    (Owner)
    • 2015-12-15 10:55:09
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  • Tags - #graphisme #art #photo #contemporain #musique #dessin #collage #expostion #Seb Jarnot #laurent garnier
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