Yohan Terraza : artiste photographe conteur d'histoires...

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Yohan Terraza est un artiste de l'instant, passionné de photographie par ce qu'elle lui fait vivre... Conteur d'histoires, il nous emmène à la rencontre de ce qui fait la richesse de notre monde et de sa liberté. L'artiste joue sur les clairs obscurs, donnant un regard profond aux images qu'il capture. Son ballet saisissant d'étoiles et de paysages se retrouve dans un baiser ou une danse de jeunes mariés.
Photographe aux multiples casquettes son objectif premier est de partir avec le spectateur en quête d'espoir, de partage et d'horizons lointains...


Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? D'où vient votre intérêt pour la photographie ?
J'ai commencé la photographie relativement tard, à 27 ans, voulant trouver la passion que j'avais perdu depuis longtemps dans mon précédent métier, graphiste. J'en avais marre de « vendre » des concepts, des produits, créer des identités pour des entreprises. Ca ne me convenait plus dès lors que j'ai compris que je ne pourrai pas exister à travers ce métier. Ce qui est difficile, c'est quand la plupart des personnes autours de vous ne voient pas les choses comme vous et donnent la solution « miracle » qui consiste à trouver un travail alimentaire pour exercer une passion à côté. Je ne pouvais pas faire ça, je n'aurais jamais pu. Il fallait que mon métier soit mon médium d'expression et d'existence.
La photographie est arrivée à ce moment là, bien que je n'avais pas l'ambition d'en faire mon métier. J'ai découvert un monde que j'ignorais totalement, avec ses stars, ses domaines divers et variés mais surtout cette flamme passionnelle qui manquait à ma vie depuis un moment. Je me souviens très bien, au moment où j'ai décidé de m'aventurer dans ce domaine, que la photographie allait me servir à prendre en photo les forêts de mon enfance et la nature qui existait dans la région où j'ai partiellement grandi. Cette notion là était très importante car elle a tout de suite placé la photographie dans ma vie à la place qui lui revenait de droit : le prétexte à l'existence et l'action. Comme j'aime à le répéter pour recadrer les choses quand on me le demande, je ne suis pas un passionné de photographie mais un passionné de ce qu'elle me fait vivre. Ca n'est qu'un outil, une manière de penser une réalité à travers un spectre personnel. Avec le graphisme, on pouvait me demander de refaire une charte graphique jusqu'à ce que le client en soit satisfait. Je conçois les concessions professionnelles très différemment aujourd'hui dans le sens où une fois que la photo est livrée, on ne revient jamais dessus. C'est ma manière d'exister, d'avoir le dernier mot en accord avec la demande. Cette manière de conceptualiser les choses est encore plus évidente dans la photographie de mariage et bien plus encore dans le paysage, les deux domaines qui font mon identité de photographe aujourd'hui, bien que je fasse également du portrait et du reportage.
D'un côté purement matériel, je suis affilié Nikon depuis 6 ans maintenant avec 2 boitiers Full-Frame, mon bon vieux D700 et mon D750. Je possède un 24-70mm f/2,8, un 70-200 f/4, et toute une batterie de focales fixes dont je me sers la quasi totalité du temps en reportage. Le reste est plus évident, comme le trépied, une télécommande, des cartes mémoires. Rien de secret en somme.

© Yohan Terraza - série Outdoor
 
Vous faites de la photographie d'extérieur principalement et réalisez aussi beaucoup de photos de mariage, de mode... Vous avez d'ailleurs deux sites web distincts....
Je ne supporte pas la lumière artificielle. Ca n'est que très récemment que j'ai compris pourquoi je n'étais pas bon avec un flash. Ca n'est tout simplement pas fait pour moi. Je suis bien plus à l'aise avec des lumières sombres, de forts contrastes et la possibilité d'y figer une scène (sur un mariage par exemple) où d'un paysage qui se suffit à lui-même. Je garde cette logique contemplative et j'ai arrêté de me battre avec des concepts photographiques qui ne sont pas faits pour moi. J'ai besoin de voir les choses et je travaille bien mieux la lumière naturelle en projetant tout de suite le résultat dans mon esprit qu'avec un flash qui va figer une action qui n'a jamais existé devant mes yeux.
Mes deux sites Internet ont pour but de rendre plus clair mes deux activités. Sur www.yohanterraza.com vous trouvez mon travail de photographe de mariage, de portrait et de reportage. Je suis très investi dans le mariage, avant tout parce que j'aime ça et mon travail en portrait est assez personnel. J'ai également cherché dans cette branche une identité avant de comprendre que je n'étais pas un bon photographe du corps. Mais je pose sur mes portraits une approche paysagiste.
Sur mon autre site, www.frenchoutdoorphotographer.com, vous trouvez tout mon travail de paysage, de voyages et d'expéditions avec leurs récits, tout les travaux outdoor ainsi qu'un journal avec des textes, histoires et autres poèmes. Je crois que l'écriture m'apporte plus de satisfaction que la photographie car si aujourd'hui je ne peux concevoir mes images sans les habiller de mots, je peux tout à fait concevoir mes récits imagés par les mots qui les composent sans que la photographie n'intervienne. Les pensées se tissent et s'arborent dans un texte. En photographie, ma démarche ne restera qu'un reflet d'une réalité présente ou passée. Cela force l'humilité. On n’en a jamais assez.
Si la photographie humaine m'est inspirée directement par les gens qui la compose sur l'instant, la photographie que je réalise en paysage et surtout mon approche de la photographie de nuit sont clairement influencées par de la musique assez sombre et aérienne comme Dead Can Dance, Hammock, Devin Townsend et les compositeurs comme Debussy, Hans Zimmer, Wojciech Kilar et beaucoup d'autres ; la peinture romantique paysagiste (Friedrich, Turner,…) avec ses atmosphères si bien racontées par le pinceau et l'intelligence de leurs créateurs. Je suis également sensible aux souvenirs associés aux odeurs. Tout ceci influence à plus ou moins grand échelle une démarche dont le point de départ est à chaque fois différent.
La nature est un tout, elle est tout ce qui unifie mes travaux en mariage, portrait ou paysage. Je tache de ne jamais l'oublier. L'avantage de travailler avec investissement sur plusieurs domaines et que ces derniers se nourrissent entre eux. Je travaille à renouveler et remettre en question mes approches photographiques dès qu'il le faut.

© Yohan Terraza - Série Mariage
© Yohan Terraza - Série Mariage

Vous avez été exposé à l'Opéra National de Bordeaux où vous aviez réalisé une série photographique...
Pouvez-vous nous en dire plus sur cette expérience ? Que vous a-t-elle apporté ?
L'exemple typique de la mission avant tout humaine. Mon travail consistait à photographier d'une manière très personnelle et peu conventionnelle le ballet de l'Opéra de Bordeaux. Je ne connaissais absolument rien à la danse ce qui a sans doute été mon avantage. J'arrivais dans un milieu codifié, souffrant de ses préjugés mais suscitant tout de même une vive curiosité. Il a fallu se faire accepter, bouleverser un peu les habitudes, apprivoiser et se faire apprivoiser. Ce travail a autant été le mien que celui du ballet. Je les connais tous aujourd'hui et je suis très fier d'avoir pu découvrir ce milieu par un accès privilégié. Pendant ce travail, j'ai laissé faire les choses, artistiquement parlant pour voir où la photo allait me mener. Au bout d'environ un mois et demi j'avais trouvé ma direction, celle qui vous porte comme un plume plutôt que celle que vous devez porter vous-même sous le bras. Il y a clairement eu un avant et un après Opéra pour moi dans ma carrière de photographe dans le sens où jamais auparavant la photographie ne m'avait servi à ce point à être moi-même. J'ai pu tirer des leçons de tout ça.

© Yohan Terraza - Série Opéra National de Bordeaux
© Yohan Terraza - Série Opéra National de Bordeaux
© Yohan Terraza - Série Opéra National de Bordeaux

En 2015, vous avez remporté le premier prix du Mont Blanc Photo Festival.
Comment avez-vous appréhendez cette récompense ? Quelle est l'histoire de la photo récompensée ?
J'ai été très surpris de la récompense et très honoré d'autant que cette année Vincent Munier, très grand photographe des milieux sauvages, était le parrain. J'ai appris la nouvelle par un autre participant du concours. J'étais vraiment très heureux de cette récompense car la montagne a une réelle importance pour moi ; c'est un terrain de jeux incroyable qui sert une poésie que je ne commence qu'à comprendre... Je crois...
Cette photo avait une valeur particulière à mes yeux car elle été directement liée à un moment fort, les traces d'un ours pyrénéen à quelques minutes ou heures de nous. J'étais parti avec un de mes plus proches amis d'aventures et nous devions finir la montée à pied car la route était coupée par d'énormes éboulements de neige. Au bout d'environ 30mn, mon ami me dit de bien regarder la plaque de neige. J'étais passé devant sans voir les traces très distinctes d'un ours dans la neige. Un moment magique ! Le soir, j'ai pu réaliser des photos de nuit assez fortes tout en pensant que l'ours n'était pas loin de moi. Encore une fois, la photographie prend ici une place de prétexte à une intensité dans l'existence. Ca n'est que la nuit d'après que j'ai réalisé la photographie qui a gagnée le concours. Replacer l'homme dans son contexte naturel et y apporter une touche personnelle. Ca n'est que très récemment que j'ai fait la « paix » avec l'Homme et son histoire. Mes premières années de photographie paysagiste étaient dirigée par une ferme volonté d'absence de toute trace humaine ; l'envie de faire disparaître ce qui causait du tort à une nature dont je ne saisissais même pas la portée spirituelle.

© Yohan Terraza - Série Outdoor

Vos photos sont souvent accompagnées de textes...
De quelle manière les écrivez-vous ?
Quelle valeur apporte-t-il à votre travail ? Souhaitez-vous guider la compréhension et l'appréhension de celles-ci ?
Que souhaitez vous transmettre à travers vos photographies ?
Effectivement, le processus est indissociable de la photographie dans le sens où la finalité reste le partage. L'image étant le résultat d'une pensée ou d'une action, il me paraît évident d'y raconter ce qu'elle a voulu dire mais libre à chacun de la sortir de son contexte. Je suis souvent très surpris de voir ce que les gens voient dans mes images ; des choses que je ne vois pas moi-même et qui sont propres à chacun. C'est très intéressant.
Mes textes sont inspirés de mes images et font figure d'interprétation des faits mais n'ont pas nécessairement vocation à guider le spectateur vers une compréhension que ne serait pas la sienne. Ils sont un cadre personnel ouvert sur l'interprétation de chacun. Si j'aime vivre des histoires, c'est avant tout pour les raconter. L'écriture, tout comme la photographie, me sert à ça. Que les gens puissent apprécier ces photos comme ils le veulent est une réelle récompense. La meilleure photographie est celle que l'on aime. Pas une autre.

© Yohan Terraza - Série Outdoor
© Yohan Terraza - Série Outdoor
© Yohan Terraza - Série Outdoor

Quelles leçons avez-vous apprises depuis que vous avez commencé la photographie ?
La patience, la persévérance, le goût du doute et du découragement mais aussi l'espoir qui réside dans l'accomplissement. Avant que je ne commence la photographie, j'avais assisté à une conférence au Salon de la Photo à Paris où on posait la sempiternelle question au photographe : "Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui voudrait se lancer dans la photographie professionnelle ?" Sa réponse a été sans équivoque : Je lui dirait d'arrêter. Mais celui qui ne m'écoutera pas, lui, il réussira.
Je crois que cette réponse résume parfaitement les joies et les peines de ce métier pas plus difficile ni facile qu'un autre.
La photo me permet de parler à un auditoire plus large ce qui influence naturellement mon travail.

© Yohan Terraza - Série Outdoor

Quels sont vos projets, rêves professionnels à venir  ?
Je pars travailler en Californie vers le début 2016 pour quelques semaines. Il me tarde de vivre cette expérience. La Nouvelle-Zélande devrait repointer le bout de son nez d'ici quelques temps également. Je rêve de fouler les terres arctiques, d'approcher les tornades et de passer un moment dans le désert à photographier la nuit.
D'autres projets d'ici à quelques années sont également prévus mais il est beaucoup trop tôt pour en parler.
J'espère bien arriver à réaliser tout ça et tout ce que je ne pense pas encore à faire.

  • Elina Tarade
    (hôte)
    • 2015-12-08 16:12:37
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  • Tags - #photographe #photographie #mariage #mode #Voyage #Paysage #nature #Yohan Terraza #opéra de Bordeaux
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