IBEYI : le duo magique porté par une pop exotique… interview !

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►►► EVENEMENT : IBEYI en CONCERT AU CASINO DE PARIS
le 23 MAI 2016


Quelle joie pour nous de rencontrer ces jumelles musiciennes, portées par un talent extraordinaire depuis leur plus tendre enfance. Naomi et Lisa sont les filles du percussioniste cubain Anga Diaz qui officiait au sein du Buena Vista Social Club. Bercées par les rythmiques cubaines dès la naissance, les extraits de chansons joliement interprétés durant l'interview n'ont fait que confirmer le talent que nous connaissions déjà chez Ibeyi. En live, la magie s'opère briallemment, entre morceaux au groove puissant et chansons sous forme de prières, le public est souvent conquis dès les premiers instants du concert. 
Quelques instants avant de monter sur la scène du théâtre de Villefranche pour le festival Nouvelles Voix En Beaujolais, nous nous sommes entrenus avec les deux jeunes musiciennes, elles nous parlent de leur parcours déjà bien riche et du futur de ce beau projet... 

 


Ibeyi, le premier album eponyme disponible sur iTunes

 

Votre histoire avec XL Recordings a commencé lors de votre premier concert parisien, vous vous y attendiez ?

Naomi : Non, pas du tout, on n'y pensait pas du tout. On savait qu'ils étaient là mais on ne savait pas du tout qui étaient XL avant.
Lisa : Tout le monde nous a dit, c'est super important, mais on ne savait pas qui c'était !
Naomi : On nous a dit : "vous connaissez Adèle, les White Stripes", on a dit « oui », « bah voilà ! ».

 



© Flavien Prioreau 

 

Vous écrivez vos chansons sous forme de prières, c'est une façon de rendre hommage à la culture Yoruba ?

Lisa : Non, ça pour le coup je pense que c'est vraiment une histoire de goût. Je me suis rendue compte que les chansons que j'aime sont les chansons très répétitives et quand ça me touche c'est quand c'est vraiment très très répétitif. Et la transe, c'est quelque chose qui m'attire énormément dans la composition. Même dans les rythmes, quand une mélodie revient comme ça. En exemple typique, je dis souvent Nina Simone, c'est la chanson « I Put a Spell on You », quand elle dit (en chantant ndlr) « I love you, I love you, I love you, I love you, I love you anyway, How I love you… » 15 fois bah c'est ultra fort, tu y crois et tu y crois un peu plus à chaque fois donc moi je me suis rendu compte que c'est un peu pareil.
« Take me Oya, Take me Oya, take me Oya, Take Oya… » plus tu le dis, plus tu arrives vers le sentiment qui est juste.

 

 

Justement, qu'est-ce qui vous attire chez Nina Simone ?

Lisa : La différence, la rage, la beauté, la subtilité, cette voix incroyable...
Naomi : Cette femme est un peu un génie quand même... à commencer par son jeu de piano… 
Lisa : La compositrice qu'elle est… 
Naomi : Oui, en plus c'est une chanteuse qui avait une voix très spéciale...
Lisa : Même encore aujourd'hui, il y a des gens qui ne peuvent pas écouter Nina Simone. Ils trouvent que c'est bizarre.
Naomi : Elle a pas une voix de chanteuse « normale », elle pas une voix magnifique, cristaline,
Lisa : Mais ce que je préfère c'est qu'elle crois en chaque mot qu'elle dit et c'est une évidence. Quand elle chante, elle est complètement dans ce qu'elle dit. C'est pas une chanson et puis « wouh, c'est super léger », en même temps tu peux chanter une chanson légère et y croire vraiment, mais c'est vrai qu'elle a ça des grandes grandes chanteuses qui est que chaque mot est pensé, justifié. C'est comme quand tu vois Juliette Gréco par exemple, je dis ça parce que je l'ai regardée sur Thé ou Café en novembre, et chaque mot est vraiment important. Elle n'oublie pas de mot, même quand elle dit « le chien » ça résonne.

 

 

Avez-vous un meilleur souvenir en live à nous raconter ?

Naomi : Il y en a plusieurs !
Lisa : Je dirai que le Bénin, c'était vraiment cool.
Naomi : Le Bénin c'était cool, les Etats Unis c'était génial. Vraiment le Bénin c'était super, c'était incroyable.
Lisa : C'est un concert qui change une vie...
Naomi : On a joué en face des Yorubas pour la première fois. On chantait en Yoruba devant des Yorubas qui venaient de chez eux. Les Yorubas étaient des esclaves qui sont arrivés à Cuba. Nous on chantait donc l'ancien Yoruba aux Yorubas de maintenant. C'était impressionnant…

 

Cela a bien été accueilli ?

Naomi : Oui! En fait, on avait super peur et ils étaient très contents finalement qu'on sache que ça vient de chez eux. Je pense que parfois, ils pensent qu'on ne sait pas que ça vient d'Afrique... En fait tous les cubains aimeraient aller en Afrique. C'est le rêve de tous les cubains de pouvoir voir d'où leur culture vient. Donc ils étaient assez contents parce que c'était une certaine façon de les remercier d'avoir cette culture dans nos vies, même si l'histoire est très dure.

 



© Dominik Fusina - Nouvelles Voix en Beaujolais, Villefranche

 

Et les Etats Unis ?

Lisa : Aux Etats Unis, tu joues devant des latinos, devant des blacks, des afro-américains. En fait ce que j'aime aux Etats Unis, et c'est pour ça que je suis d'autant plus touchée, c'est que c'est rare en fait que tu te trouves dans une salle de concert avec toutes les couleurs, c'est rare d'avoir un mélange et nous on en a un vrai, un vrai mélange de culture.
Naomi : Et puis ils sont fous, ils crient à tue tête, ils chantent tout...
Lisa : Oui, ils ne demandent pas la permission...
Naomi : Ils te montrent et s'expriment beaucoup ! Il faut aller nous voir aux Etats Unis, je pense que ça peut être très intense. Ils font "Hey !" "Ho !" Ils font n'importe quoi, ils dansent, ils chantent, tous les Yorubas.
Lisa : Ils s'expriment tout simplement et à Cuba c'est pareil. Un exemple, à Cuba, tu vas voir un film au ciné, c'est tout le monde commente le film ! « embrasse la !!! » « mais t'attends quoi, embrasse la !! ». Et puis quand ils s'embrassent tout le monde applaudit. C'est une autre culture, c'est plus interactif et si personne ne parle, c'est qu'il y a un problème dans le film. Aux Etats Unis, en tous cas dans les concerts c'est comme ça.

 

 

On vous a vues aux Nuits de Fourvière à Lyon cet été…

Lisa : Ha oui j'étais sous cortisone... c'était étange parce que je ne me drogue pas et je ne bois pas, donc je ne suis jamais sous médication forte, et en fait je ne sentais rien, je ne contrôlais pas ma voix...
Naomi : Pas facile en effet... mais malgré ces conditions très spéciales nous avons réussi à faire le concert.

 


© Flavien Prioreau 

 

…Vous étiez en ouverture de soirée aux Nuits de Fourvière, aujourd'hui, vous êtes en tête d'affiche du festival, quelle situation préférez-vous ?
Lisa : Ça dépend, mais au fond cela n'a aucune importance, tant qu'on est dans un festival…
Naomi : La tête d'affiche, c'est plus une question d'image et peut-être que les gens t'écoutent plus... La plupart du temps ils ne viennent que pour un artiste. Donc pour ça c'est mieux d'être tête d'affiche, car tu sais que les gens écouteront.
Lisa : Pour moi cela n'a aucune importance, ce qui est chouette quand tu es tête d'affiche, c'est que tu es sur une belle scène dans de grands festivals ! 

 


© Sophie Wright

 

Oui, en plus votre musique nécessite une certaine écoute tout de même…

Naomi : Pas forcément, on a déjà eu des vrais drogués devant nous, c'était aux Etats Unis, tout le monde était à poil... Et en Angleterre, pareil, sauf qu'ils n'étaient pas à poil. Ils étaient tous défoncés et ils avaient sur eux tout et n'importe quoi comme costume.
C'était drôle parce qu'on a joué en début d'aprèm et l'artiste qui a joué à une heure raisonnable - où normalement c'est plein - il n'y avait personne, nous on avait beaucoup de monde! C'est vrai que c'est mieux si on écoute, mais il y a aussi des gens qui sont complètement "stone" qui écoutent… 
Lisa : C'est aussi une musique sur laquelle on peut danser. Ce n'est pas "la grosse fête", mais tu peux quand même bouger...!

 

© Sophie Wright

 

Quels sont vos projets ? Un deuxième album prévu pour bientôt peut être ?

Naomi Lisa : On tourne jusqu'en août, on a deux mois où l'on écrit et on entre en studio en novembre 2016. A suivre...

 

 

Avez-vous un petit rituel avant de monter sur scène, en sortant de cette interview ?

Naomi : Oui, on en a plein, on se tape dans les mains !
Lisa : Un des trucs qu'on fait et que le public voit mais ne comprend pas ce que c'est, moi je dis « je t'aime » en Yoruba en chantant, en coulisse et Naomi me suit.
Naomi : On s'est rendues compte que cela prédispose les gens dans une position d'écoute.
Lisa : On chante ça en général hors de scène. Les gens se taisent et ça nous permet de nous concentrer...
Naomi : Sinon, on fait plein de trucs bizarres, même si en ce moment on en fait moins, par exemple on a fait des sauts, on danse etc.

 

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IBEYI EN CONCERT EN FRANCE :
18.03 | Maison des Arts Créteil
22.03 | Le Carré Cesson Sévigné
23.03 | La Carene Brest
23.05 | Le Casino de Paris

  • Saam WB
    (Owner)
    • 2016-05-19 14:03:51
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  • Tags - #musique #INTERVIEW #IBEYI #nouvelles vois en beaujolais #théâtre de villefranche #face to face #naomi #lisa #yuruba #xl records
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