Le «Calligraffiti» d'eL Seed : un pont entre l'Orient & l'Occident

PARTENAIRES

Vous désirez communiquer
sur Artist Up ?

Etablir un partenariat
pour votre évènement ?

Contactez nous !

Chercher une news

Publicité


El Seed - artiste d’origine tunisienne né à Paris en 1981 - utilise la calligraphie arabe comme l’expression de son questionnement identitaire franco-tunisien.

A travers le « Calligraffiti », dont il est l'un des précurseurs, eL Seed croise avec poésie et sensibilité la calligraphie arabe avec l'art du graffiti contemporain, ce qui lui "permet de rapprocher les peuples, les cultures et les générations". C'est ainsi que, dans ses fresques apposées sur les murs des villes tout autour du globe, eL Seed délivre des messages de paix, de respect et de tolérance… créant un pont entre l’Orient et l’Occident.

 
Qu’est-ce qui vous a amené à vous exprimer via la calligraphie arabe ?
Je suis né et j’ai grandi à Paris. J’ai vécu une crise d’identité qui m’a poussée à revenir vers mes origines arabes. J’ai commencé à apprendre l’arabe à l’âge de 18 ans. Je ne savais ni le lire ni l’écrire avant ca. J’ai commencé à m’intéresser au graffiti fin des annees ‘90. La rencontre avec le graffeur français Hest 1 m’a ensuite inspiré à croiser le graffiti et la calligraphie arabe. 



Didouche Algeria © eL Seed 


Pourquoi avoir choisi de délivrer des messages sur les murs des villes ?
Je ne pense pas que ce soit un choix mais plus une évolution de mon travail. Quand j’ai commencé à peindre en arabe, j’écrivais simplement mon nom eL Seed. Mon intérêt pour la calligraphie arabe a suscité un intérêt parallèle pour la tradition proverbiale arabe, ou le nom s’efface pour laisser place au message. Aujourd’hui, j’écris des messages qui sont en relation avec l’endroit où je peints. Un mur a Paris sera diffèrent d’un mur a Melbourne ou Rio de Janeiro.



Kairouan Tunisia © eL Seed 
It impossible Cape-Town South-Africa © eL Seed Douz Lost Walls Tunisia © eL Seed 


Vous souvenez-vous de votre première fresque… quel souvenir en gardez vous ?
J’ai peint une de mes premières fresques à Teboulbou dans le sud de la Tunisie en 1998. Je me rappelle avoir amené des bombes de peinture avec moi par avion. J’ai peint le mur en pleine journée et la police municipale était venue me poser des questions sur mes motivations.  Le mur est aujourd’hui toujours visible sur la route de la plage de Teboulbou. 

 

Chott eL Jerid Lost Walls Tunisia © eL Seed 
eL Seed Lost Walls Tunisia © eL Seed 


Depuis plusieurs années vous développez le «Calligraffiti». De quoi s’agit-t-il et comment cette technique a-t-elle vu le jour ?
Le terme Calligraffiti a été utilisé pour la première fois en 1984 lors d’une exposition collective organisée par Jeffrey Deitch a New York. A l’époque, l’exposition présentait les travaux de graffeurs et d’artistes en calligraphie. Le mix entre les deux formes artistiques n’existait pas encore apparemment. Je n’ai rien inventé. De nombreux artistes avant moi ont mixé la calligraphie et le graffiti, notamment Shoe, Marko 93, Shuck 2, Hest 1 ou encore Zepha



Kebili Lost Walls Tunisia © eL Seed 
Star Wars Lost Walls Tunisia  © eL Seed 
 

Que vous permet-t-telle d’exprimer ?
Le calligraffiti m’a accompagne dans une quête d’identité. Il m’a permis de réconcilier deux éléments de mon identité qui semble-t-il s’opposaient. Aujourd’hui, il est un moyen d’affirmer une certaine fierté culturelle, d’être un contrepoids aux stéréotypes véhiculés par les medias sur ma culture. Il me permet surtout de rapprocher les peuples, les cultures et les générations.



Temoula Lost Walls Tunisia © eL Seed 


Comment votre style a-t-il évolué depuis vos débuts ?
Mon style a évolué au cours de ces dernières années, autant en terme de forme, de couleurs, de taille. Depuis 2 ans, je développe des sculptures. Mon style est en constante évolution. Le medium aussi. Je ne veux pas me mettre de limites. 



Arab World Institute Paris © eL Seed 


Vous vous êtes nourri d’influences diverses... Des sources d’inspirations qui ont particulièrement marqué votre parcours ?
Mes principales sources d’inspiration sont la scène graffiti parisienne et la calligraphie traditionnelle arabe. Ce qui a inspiré mon approche artistique sont les ‘7 poèmes suspendus’ qui sont l’archétype de la tradition proverbiale arabe.



Tour 13 Paris © eL Seed

Tour 13 Paris © eL Seed


Quel est  le mode opératoire de votre processus créatif ? Votre trait est-t-il guidé par la spontanéité ou basé sur la réflexion ? 
En fonction de la taille du mur, le mode opératoire est diffèrent. Sur les grands murs, je ne fais jamais d’esquisse. C’est spontané. Une sorte de chorégraphie naturelle à main levée.



Jara Mosquée Minaret Gabes Tunisia © eL Seed 


Véritables messagers de la paix, vos fresques évoquent le respect et la tolérance… créant des ponts entre l’Orient et l’Occident. Pouvez-vous nous parler de votre expérience en 2012, lorsque vous avez peint sur une face de la mosquée de Gabès ?
En 2012, je suis à la recherche d’un grand mur dans ma ville d’origine Gabes dans le sud de la Tunisie. Il s’avère que la grande mosquée de Gabes a été érigée en 1994 et pendant 18 ans le plus haut minaret de Tunisie est reste gris, sans peinture. Lorsque j’ai approché l’Imam de la mosquée avec mon intention de peindre le minaret, il m’a répondu : «Dieu merci, je t’attendais ». Il ne m’a rien demandé, ni esquisse, ni ce que j’allais écrire. 
En juillet 2012, le climat politique, économique et social tunisien était instable. Il était évident que le message devait être un appel à l’unité et à la tolérance. S’inspirer du Coran devenait aussi une évidence dans la mesure où je peignais sur une mosquée. J’ai décide d’utiliser le verset 13 du chapitre 49 du Coran : « O vous les Hommes, nous vous avons crée d’un mâle et d’une femelle et fait de vous des peuples et des tribus afin que vous rencontriez ». 


Jara Minaret Gabes Tunisia © eL Seed 


Quelle a été la réaction des spectateurs ? 
Le projet a créé une certaine dynamique auprès de la population locale, lorsqu’ils ont vu l’intérêt que la presse internationale a porté au projet. Pour l’Imam, il espérait que l’œuvre sur le minaret allait ramener une certaine attention sur la ville de Gabes.

 
Djerbahood © eL Seed 
Djerbahood © eL Seed 


Certains de vos "calligraffitis" sont en couleur, d'autres en noir. La couleur a-t-elle une importance significative dans votre oeuvre ? 
Quels sont vos procédés de création ? 
Le procède de création est très spontané. Les choix des couleurs le sont tout autant. J’utilise beaucoup le rose sans pour autant chercher une justification quand à ce choix de couleur.

 
Pont des Arts © eL Seed 
Pont des Arts © eL Seed 


Dernièrement, vous avez "fait parler" l'un des monuments emblématiques français : Le Pont des Arts. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur cette expérience ? 
Je trouve que c’est une belle métaphore de peindre sur un pont quand j’essaie avec mon travail de créer un lien entre les cultures et les peuples. Je me suis permis de traduire en arabe une citation de Balzac qui dit : « Paris est un véritable océan. Jetez-y une sonde, vous n’en connaitrez jamais la profondeur. »



London Shubbak Festival © eL Seed 


Quelles sont vos envies et actualités à venir ?
Je ne parle jamais de ce que je n’ai pas encore réalisé. Restons connectés.



Amman Jordania © eL Seed 


   
SUIVEZ LES ACTUALITES DE EL SEED :

SITE OFFICIEL
PAGE FACEBOOK
TWITTER
INSTAGRAM
  • Artist UP
    (Owner)
    • 2018-02-09 15:06:19
    • 5,452 views
  • Tags - #art #paris #street art #graffiti #painting #calligraphie #TUNISIE #eL Seed #pont des arts #calligraffiti #Arabic calligraphy #alphabet #Gabes #minaret #La Tour Paris 13 #DjerbaHood
  • Ajouter aux favoris

Photos

PLUS D'ARTICLES ICI