ROVER ressuscite les fantômes de l'analogique avec "Let it Glow"!

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Lorsque Rover sort son premier album éponyme en 2012, les critiques sont unanimes...! 200 concerts et une nomination aux Victoires de la Musique plus tard, Timothée Régnier revient avec Let it Glow, un album brillament composé. Comme à son habitude, Rover l'a produit seul, a enregistré sur bandes, et a choisi "des instruments qui ont déjà vécu" pour l'enregistrer.
Il se démarque depuis toujours par sa volonté de faire résonner l'authenticité, de faire revivre des saveurs, des odeurs, des sons. La réaction est la même lorsque l'on parle du vinyle, il faut rechercher cette chaleur dans le son, cette vie qu'aucun appareil numérique ne sait restituer.

Rover est est fraîchement reparti sur les routes de France mais nous avons quand même pu nous entretenir quelques minutes avec ce haut personnage de la pop française. 


 
Let it Glow disponible sur iTunes

 

Que retiens-tu de tes nombreux voyages (USA, Liban…). Rover est d'ailleurs né après un retour du Liban… 

C'est assez mystérieux de savoir ce que l'on met dans nos valises, ce que l'on retient des voyages, c'est assez flou. Ce sont des odeurs, des expériences, j'ai souvent utilisé cette expression : « les voyages déforment la jeunesse », je crois que c'est réellement ça. Ça nous met sur des rails parallèles, ça nous permet d'avoir un regard sur son pays, en l'occurence en ce qui concerne la France qui est assez parfois romantique, qui peut être fantasmé de l'étranger, un peu comme en amour. La distance avec un pays peut l'embellir… Je suis rarement déçu quand je rentre en France, j'aime par dessus tout mon pays. C'est aussi un rapport à sa musique, avec des sonorités. Je sais que les Etats Unis, ça a été une découverte du son américain, du hip hop, d'une culture, d'une aisance à s'exprimer, d'une ambition dans les projets etc… Le Liban, ça a été la découverte du Moyen Orient avec des sonorités, des rythmiques différentes, des saveurs. Il y a plein de choses, c'est toujours assez mystérieux de savoir d'où viennent les chansons, d'où vient l'inspiration mais ça y a contribué, ça c'est indéniable.

 


© Claude Gassian

 

Tu as vécu la guerre au Liban il y a quelques années, quel regard portes-tu sur les attentats en France en 2015 ?

Je n'ai aucun recul là dessus. Je ne pense pas qu'on puisse en avoir aussi tôt. Je pense que même des évènements comme la guerre au Liban qui a eu lieu dans les années 80, on en a toujours pas du recul. L'insensé ne s'explique pas. Ce qui s'est passé en France avant Noël est insensé, donc essayer de mettre du sens, une explication, expliquer aux plus jeunes ou aux plus anciens, ce qui se passe à notre époque et qui touche une génération qui est la nôtre, et encore plus avec la symbolique du Bataclan par exemple, et puis une ville comme Paris… C'est assez inexplicable, je n'ai pas vraiment de mots à mettre dessus. Un deuil ne s'explique pas, c'est très violent et je pense qu'on ne s'y habitue jamais et heureusement. Pour avoir vécu dans un pays qui a connu la guerre comme le Liban, c'est une génération qui tente de s'habituer à cette tension permanente, aux conflits… Elle vit avec le poids qu'ont connu nos grands-parents avec la 2ème guerre mondiale. Ce sont des choses qui sont assez vicieuses et qui s'intercalent dans des zones de sensibilité qui sont compliquées. C'est difficile d'en parler, moi j'essaye de rester assez pudique là dessus.

 

 

Tu écoutais beaucoup de vinyles avec tes parents, quel lien as-tu avec cet objet ? C'est un plus pour toi de sortir ta musique sur ce support aujourd'hui par exemple ?

C'est une chance, je ne vais pas faire la publicité de mon label, mais c'est un des rares labels qui sort tous ses artistes en vinyle. Chez Cinq7 on sort tous les artistes en vinyles et c'est génial. C'est à la fois l'objet, la pochette prend encore plus de sens, le fait de tenir l'objet moi j'y suis très attaché. Je pense que je fais en plus une musique qui se prête bien à ce format là. Je me rends compte que le public qui adhère à mon projet, qui s'y intéresse et qui achète des disques les achètent en physique et non en numérique.
D'un point de vue personnel, c'est un plaisir d'écoute, ça donne une cohérence à l'écoute, on écoute le disque dans son intégralité. Ça justifie un tracklisting, un ordre des chansons, des effets de levier, le placement des morceaux n'est plus fait au hasard. C'est comme ça que je réfléchis. Le format disque permet comme une toile pour un peintre, ça permet à un moment de savoir s'arrêter. Un format en art, c'est en fin de compte un défi, et j'adore ces défis là, au même titre que d'enregistrer sur 24 pistes, il n'y en a pas 25 quoi, il y a 24 pistes, sur un magnéto, ou le fait qu'il n'y ait que 6 cordes sur une guitare. On se rend compte que tous ces formats font qu'il faut jouer avec ces règles, comme au football, comme au rugby et comme dans la vie, donc c'est assez excitant, j'aime bien.

 

© Julien Mignot

 

Parlons un peu de ce clip avec Diane Kruger, comment est née cette collaboration ?

Ça a été une rencontre avec Fabienne Berthaud, la personne qui a réalisé le clip. On s'est rencontré dans la rue, elle m'a interpelé parce qu'elle connaissait ma musique, elle m'a demandé si elle pouvait utiliser mes chansons sur son prochain long métrage qui sort en mars qui s'appelle Sky, dans lequel joue Diane Kruger. J'ai plongé dans son univers, je ne la connaissais pas, on s'est rencontré et humainement ça s'est tout de suite bien passé, on a bien rigolé. C'est une femme extraordinaire et qui est très rock n' roll dans son attitude.
Je lui ai dit que j'étais en ce moment en train de chercher un lieu, une personne pour tourner un clip. Elle m'a dit « allons à New York, toi tu n'y ai pas retourné depuis des années alors tournons un clip avec Diane Kruger, elle est disponible et adore ce que tu fais… ».
Ça s'est fait simplement avec beaucoup d'évidence et de naturel, et c'était assez rock n' roll en fin de compte. Même si le clip a une espèce de pudeur et de douceur comme ça, c'était dans cette ambiance là, avec beaucoup de respect mutuel, elle l'a fait gracieusement, avec quelque chose de très pur. Je suis très heureux, c'était assez spontané, en one shot, j'aime ce côté rock n' roll justement.

 

 

C'est vrai que nous avons l'impression que ce clip est très sincère… 

Oui complètement, ce sont des gens aimants. Diane Kruger est quelqu'un de passionnée, elle adore le cinéma et la musique, elle en parle très bien. Fabienne aussi, ce sont des gens qui aiment les projets, qui aiment aller au bout, qui aiment les défis dans les projets. C'est rare, c'est pas toujours le cas et quand ça se passe comme ça, on sent qu'on est entre de bonnes mains. Moi je suis venu avec mon univers. Ce mélange là fait que c'est une photographie, c'est comme ça que j'aime faire la musique et les clips, donc ça s'est bien goupillé !

 

© Julien Mignot

 

As-tu réalisé et produit ce nouvel album seul comme pour le premier ?

Oui, sur celui là aussi oui, à part la batterie où j'avais un compagnon de route, Arnaud Gavini qui a joué sur toute la première tournée et qui m'accompagne encore sur la deuxième. J'aime beaucoup son jeu de batterie et l'humain, le partenaire en musique qu'il est et je me suis payé le luxe de l'inviter pour m'éviter le dur travail de batteur sur un disque. Il est meilleur que moi, il faut que je l'admette, il ne faut pas lui dire, mais je l'admets, et du coup j'ai pu me concentrer sur le travail de production, et sur tous les instruments harmoniques.

 

 

Tu as débuté une nouvelle tournée, dans quel état d'esprit es-tu ? Est-ce que le live est un exercice que tu apprécies ?

Oui c'est très sain. Je me rends compte avec le recul maintenant. C'est un peu à l'image des saisons, il y a une logique entre le moment où on hiberne, où on écrit les chansons, le printemps où on a les enregistrer, il y a un côté très estival dans le live. On est tout fou, on se réinvente, on fait vivre le disque réellement, on le dégèle de son support et c'est très excitant.
Moi j'ai un grand bonheur à aller sur la route, à partager la musique en direct avec les gens… Cette interaction est fascinante, il y a quelque-chose qui est inexplicable aussi, c'est très organique, c'est loin d'être quelque chose qui me déplaît. C'est excitant de se mettre en danger, de faire vivre un disque sur des mois, tous les soirs, de re-piocher dans l'émotion, de voir les chansons se transformer avec le temps et vieillir sous nos yeux et nos oreilles et puis de faire de la musique.
On dit « jouer de la musique », donc on joue, on le fait sérieusement sans se prendre au sérieux. Il y a vraiment quelque-chose d'exultant avec le live. Ça justifie de faire des disques en fin de compte, je me rends compte que c'est une chance absolue de pouvoir s'exprimer après sur scène. Je serai très malheureux si je ne pouvais pas avoir cette phase là en fait.

 

 

Est-ce qu'il n'est pas compliqué de combiner cette solitude que tu apprécies tant et la vie en tournée ?

Non pareil, la solitude je l'ai même au milieu des gens… Je suis aussi entouré de gens que j'ai choisi. Pas uniquement pour leurs qualités artistiques mais aussi pour leurs qualités humaines. C'est aussi intéressant, on n'est pas dans l'exécution des chansons du disque pure et simple, ça deviendrait assez monotone, monochrome et fatigant d'être juste dans une forme de travail comme ça.
J'ai plaisir à les voir, même si on ne faisait pas de musique, je pense que j'aurai plaisir à prendre un bus avec ces gars et jouer au basket avant les balances et partager le goût pour des films, pour des disques. Il y a cette forme de légèreté, je garde un souvenir très chaleureux des gens avec qui j'ai partagé la première tournée, certains musiciens, certains techniciens et c'est quand même un privilège. La solitude on l'a malgré tout, on ne joue pas tous les soirs donc une fois par semaine, j'ai le droit à une journée où deux où je pense m'ennuyer face à moi-même, face à mon égo.

 

© Julien Mignot

 

As-tu des projets après cet album ?

Je ne peux pas vraiment en parler, mais il y a des brides de choses que j'ai envie de faire, des rencontres que j'ai envie de faire, des zones de danger que j'ai envie d'explorer etc… Même pour la musique de Rover, j'espère avoir l'inspiration pour un 3ème disque. S'il y a des choses à dire, il y aura peut être un 3ème, si ce n'est pas le cas, c'est déjà bien d'avoir fait 2 disques que j'assume et que j'aime. Rien n'est planifié, j'ai tendance à me laisser porter par des rencontres, des choses. Il y a aussi des projets dans les tiroirs, des projets que j'aimerais bien concrétiser mais qui sont encore au stade de maquettes donc c'est encore un peu tôt. Là je suis très concentré sur la tournée pour qu'on parte sur un bon pied et qu'on ait plaisir à aller sur scène et que les petits détails soient ficelés pour pouvoir être très à l'aise et en confiance.

 

Let it Glow disponible sur iTunes

 
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Cinq7

ROVER EN CONCERT :

17.03 • Stereolux Nantes
18.03 • Centre Culture Jacques Duhamel Vitré
19.03 • Les Arcs Queven
23.03 • L'Orangerie Bruxelles
24.03 • L'Olympia Paris
25.03 • L'Ouvre-Boîte Beauvais
26.03 • Espace Pierre Amoyal Morangis
30.03 • Le Moloco Audincourt
31.03 • La Coopérative de Mai Clermont-Ferrand
01.04 • Centre Culturel Saint Jean de la Ruelle
02.04 • La Luciole Alençon
03.04 • Festival Chorus Fontenay-aux-Roses
08.04 • La Nouvelle Vague Saint Malo
09.04 • L'Estram Binic
14.04 • Le Printemps de Bourges
23.04 • Festival Mythos Rennes
29.04 • L'Usine à Gaz Nyon
10.05 • Les Mardis du Grand Marais Riorges
11.05 • Les Trinitaires Metz
12.05 • Le Cèdre Chenôvre
13.05 • Château Rouge Annemasse
15.05 • Festival Art Rock Saint Brieuc
20.05 • MJC de la Vallée Chaville
25.05 • Complexe Jean Carmet Allonnes
08.07 • Grand Théâtre Albi
11.07 • Festival de Poupet Saint-Malô-du-Bois
16.07 • Francofolies La Rochelle

 

  • Saam WB
    (Owner)
    • 2016-03-15 12:41:17
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  • Tags - #pop #folk #paris #clip #rover #nouvel album #Olympia #some needs #let it glow #diane kruger #songwritter
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