L'IMPERATRICE, une révérence à la musique instrumentale !

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L'Impératrice est bien plus qu'un projet musical, c'est une cachette secrète, la face visible d'un petit jardin secret. Avec cette musique d'une élégance rare, souvent instrumentale, le groupe souhaite que chaque auditeur ait sa propre interprétation de ce qu'il ressent. 
Récemment rejoints par une chanteuse, les membres de l'Impératrice s'ouvrent peut être déjà à de nouveaux espaces à conquérir… Un nouvel opus est dans les tiroirs mais vous pouvez d'ores et déjà écouter Odyssée, le dernier EP du groupe. 

Alors qu'il visitait les magnifiques studios Ferber, nous avons pu discuter avec Charles, l'initiateur de ce majestueux projet… 

 
Odyssée disponible sur iTunes

 

Charles, tu étais journaliste avant ce projet, qu'est-ce qui t'as poussé à faire de la musique ? J'imagine que tu en faisais avant déjà… Tu t'es dit que l'Impératrice avait le potentiel pour fonctionner ?

Pas vraiment non, en fait j'étais critique musical et ça m'a poussé à pianoter un peu. Quand tu écris sur les autres, il y a toujours un moment de réflexion pendant lequel tu te dis « est-ce que je ne suis pas trop méchant, est-ce que je ne suis pas trop en train de raconter ce que j'aimerais entendre… ».
Ça m'a paru assez légitime comme démarche de commencer à faire de la musique moi-même pour tester. J'ai commencé à faire de la musique pour délivrer certaines choses chez moi et surtout pour comprendre la démarche et pour me dire « qu'est-ce que j'ai envie d'entendre, quel serait mon morceau idéal ? ».
En fait j'ai commencé à faire quelques morceaux mais juste pour moi, je continuais à écrire à côté. J'ai changé plusieurs fois de rédaction, je suis arrivé dans une grosse boîte dans laquelle j'étais conseiller éditorial et où ce n'était plus vraiment du journalisme. Ça m'a poussé à ne faire que la musique. Le passage d'amateur à moins amateur, c'est le moment où j'ai fait écouté ce que je faisais à une personne puis à une autre puis à un label qui s'appelle Cracki Records, qui m'a contacté pour me proposer de sortir le disque.

 


© Mélanie Bordas Aubiès

 

Nous avons l'impression que l'Impératrice est un nom derrière lequel se cachent beaucoup de choses, peux-tu nous en dire un peu plus… ?

Pour commencer, le nom de l'Impératrice, c'est parce que je ne me sentais pas légitime en tant que musicien, que c'était plus facile pour moi, plus rassurant de me cacher derrière une entité, une espèce d'allégorie qui n'était pas choisie au hasard. C'était vraiment l'idée que je me faisais de la musique.
J'ai découvert avant tout que j'avais une grande part de féminité, ou en tous cas un sentiment très fort et très féminin que je n'avais pas encore exprimé ni par l'écriture, ni par la parole, ni par quoique ce soit. J'ai découvert en musique ces espèces de longues plages assez émouvantes. C'est un sentiment qui est devenu un peu addictif que je pouvais retrouver qu'en faisant cette musique. Il est devenu tellement addictif et tellement puissant que je me suis dit que c'était assez impérial comme truc et que c'était un peu insaisissable comme une impératrice. Il y avait aussi une certaine idée de l'élégance.

 

© Jérémy Toix 

 

Vous utilisez beaucoup de vieux synthés, peux-tu décrire un peu le matos utilisé pour ce dernier EP ?

On utilise plein de trucs, des vieux pianos électriques comme le Rhodes, des Moog, des Juno, des vieux séquenceurs, le Dave Smith Prophet, un SH 101, des boîtes à rythme comme la Roland TR 707, essentiellement des synthés analogiques qui n'ont pas d'égal. La chaleur analogique pour moi prend tout son sens dans la musique qu'on fait. Si on faisait de la techno ou de la folk, on pourrait utiliser d'autres trucs, plus simples, plus légers, moins fragiles, moins poussiéreux.
J'aime le côté très marqué, très taté de tous ces synthés. C'est quand même le premier parti pris de notre musique. C'est une révérance à beaucoup de belles choses qui ont pu se faire avant dans les années 70, 80 et même 90. On a compilé toutes ces influences pour créer ce qui est devenu l'Impératrice. C'est un mélange de disco, de funk et surtout de BO (François de Roubaix, Michel Legrand). C'est quelque-chose qui m'attire spontanément et puis j'ai beaucoup de mal avec la froideur numérique.
Il y a quelque-chose de très linéaire, ce qui est beau avec l'analogique, c'est l'oscillation d'une note, quand tu appuies sur une touche pendant 3 minutes, tu n'auras jamais une ligne droite, ça va prendre plein de chemins, ça va monter, descendre, ça ne sera jamais vraiment juste, donc si tu fais ça sur 5 touches, ce sera encore plus beau.
Le numérique pourra le reproduire mais ce ne sera jamais qu'une reproduction. Le numérique, c'est très froid et c'est quelque-chose qui me dérange à l'oreille. Je ne ressens aucune émotion avec un clavier midi. Même si ça peut être très pratique parfois, moi, ça me bloque dans le processus de compo, je n'y arrive pas, tout simplement. Les artistes qui ont pour habitude de composer avec Ableton, des logiciels comme ça, des plug-in midi, je trouve déjà qu'ils sonnent tous pareil, et je trouve que ça manque vraiment de chaleur et de puissance.

 


© Lucie Coudurier

 

On sent qu'il y a un gros travail en studio. Comment restituez-vous ça en live ? L'exercice n'est-il pas trop complexe 

En fait c'est l'inverse. C'est plus compliqué pour nous d'être en studio que sur scène. C'est une démarche qui est complètement différente dans le sens où sur scène tu as une énergie brute et qui faite pour durer le temps d'un concert. Alors qu'en studio, ta réflexion va plus aller vers le fait de rendre ta musique pérenne, dans les arrangements etc… Une fois que c'est fait, c'est fait, c'est cramé pour l'éternité. Tes potes, ta mère, ta petite sœur vont tous entendre ça comme ça.
Je pense que ça rend la démarche plus difficile parce que plus exigeante mais du coup moins spontanée. Nous on a beaucoup plus de facilités en live parce que j'ai la chance d'avoir de très très bons musiciens qui m'entourent, qui sont des mecs extrêmement exigeants, il y en a deux qui sortent d'une formation classique au conservatoire et qui jouent du synthé ou de la basse comme s'ils jouaient du violon ou du violoncelle donc c'est très agréable.
En studio, tu as plus de pression et puis il faut être très juste… Jusqu'à maintenant on a toujours fait l'erreur de ne pas jouer ensemble en studio mais en piste par piste. On a toujours un peu perdu de la dynamique de groupe. Moi à la base je compose tous les morceaux et j'écris une ligne de basse et chacun se les ré-approprie, il y a une réflexion de groupe à ce moment là. Le bassiste se ré-approprie complètement ses lignes de basse, le batteur pareil, chacun y ajoute sa touche.

 


© David Delruelle

 

C'est osé aujourd'hui de faire une musique instrumentale quand on fait de la pop, pourquoi avoir fait ce choix ?

Peut être justement pour être à contre-courant de ce que les gens aiment. Ce n'est pas la première volonté mais justement, quand tu arrives à une époque où il y a tellement de groupes de musique qui font des trucs, et à une époque où la musique pop est extrêmement formatée, on associe toujours le leader au chant et se fient ça, ils sont guidés par une voix et on oublie tout le reste. Des fois c'est limite « si je kiffe la voix tant mieux, le reste je m'en fous et si je kiffe pas la voix je m'en fous quand même du reste ».
Au départ, on voulait proposer aux gens autre chose qu'une voix figée. Je voulais leur proposer d'écouter une belle ligne de basse, leur faire écouter des arrangements et leur faire écouter les morceaux d'une manière différente. J'ai écouté moi-même beaucoup de BO, mes musiciens viennent du classique pour 2 d'entre eux comme je disais et les BO passent par le son et l'image et tu n'as pas forcément besoin de voix dessus. Justement la voix, c'est peut être un peu trop un dictate, ça impose beaucoup de choses.
La musique instrumentale, elle, permet de se libérer, de fermer les yeux et d'imaginer ce que tu veux en fonction de ce que tu ressens. J'ai eu très souvent dans ma jeunesse une préférence pour les faces B des disques, les disco-edit instrumentales etc… C'est comme ça que je me suis rendu compte de tel instrument faisait tel bruit, que ce qui me faisait danser c'était la basse.

 



© Jérémy Toix

 

Mais tu apprécies tout de même la voix, il y en a sur Parfum Thérémine par exemple… 

Oui bien sûr, mais souvent dans la musique disco, les voix sont redondantes, les plans sont relativement similaires. Dans l'instrumental c'est différent, tu fais attention au groove, à la délicatesse, au doigté, au toucher etc… L'idée à la base était donc de proposer ce format, maintenant je n'écarte pas du tout la voix.
Je rêvais de faire un morceau hip-hop donc j'ai sorti ce morceau « L'Impératrice » pour avoir un truc hip-hop, c'était un fantasme et on me permettais de le faire donc je l'ai fait. La seconde apparition de la voix c'était sur le même EP sur le Baron Rouge où je voulais faire un truc un peu plus dub…
Après il y a eu un featuring avec le chanteur d'Isaac Delusion, le morceau avait plus de sens avec sa voix. Il avait vu ce morceau instrumental en live plusieurs fois et il voulait faire quelque chose dessus. On lui a filé la maquette, on a trouvé ça génial.
Moi je m'étais dit que je ne referai plus que de l'instrumental et puis j'ai rencontré la petite Flore qui est notre chanteuse et qui a un peu tout renversé parce qu'elle a une délicatesse et une manière d'utiliser sa voix qui m'a convaincu. Je me suis dis que c'était ça ou rien. Elle apporte des perspectives bien différentes et c'est génial de pouvoir construire les morceaux avec elle. Elle est arrivé sur le dernier Ep, "Odyssée". C'est vrai qu'il y a toujours un moment où tu as besoin de prendre une autre direction, des morceaux instrumentaux on en a à la pelle sur nos ordis. Je trouve ça super intéressant de les re-bosser avec Flore parce qu'on les restructure etc… 

INTERVIEW DE ISAAC DELUSION SUR ARTIST'UP


© Jérémy Toix 

 

Vos clips sont particulièrement travaillés et romancés, c'est important de mettre en image cette musique, elle a un vrai potentiel… 

Parfum Thérémine, c'est le morceau le plus cinématographique qu'on ait. C'est notre guitariste Martin qui est aussi Chef Op qui tenait vraiment à réaliser son clip à lui. Il nous a un peu fait la surprise, il nous a appelé en plein été en nous disant « les gars je suis en Ecosse, j'ai une petite équipe, j'ai envie de faire un clip pour Parfum Thérémine.
Avec Martin on se retrouve à la fois sur la musique et sur le cinéma parce qu'on est tous fans de cinéma. On s'est plus fait un clip pour nous que pour les gens, après on est contents que le clip ait marché ! Je pense que c'est génial de pouvoir illustrer ta musique aussi, on ne l'a pas fait beaucoup parce qu'on est très exigeants et que c'est très dur de tourner un clip, en tous cas de le proposer pour ton morceau.
Pour Parfum Thérémine, on voulait un truc très ciné, assez austère, totalement dans la veine des films d'auteur actuels mais sans prétention aucune. On voulait faire quelque-chose d'assez romancé avec vraiment l'intérêt du clip qui arrive à la toute fin, et un peu renverser la tendance des clips globaux où en général tout se passe dès le début et tu suis l'intrigue ou la résolution de l'intrigue, c'est comme un mini film en fait.

 

 

Quels sont vos projets ? La date au  Printemps de Bourges… Un album bientôt peut être ?

On est en train de bosser sur quelque-chose qui sera peut-être un album, peut-être un autre EP. Ça va dépendre de plein de trucs, c'est toujours compliqué comme démarche parce que ça demande beaucoup de temps, beaucoup de moyens, et surtout des moyens qu'on n'a pas encore. On a quitté Cracki Records il y a un peu plus d'un an après avoir signé un deuxième EP en licence avec eux. On voulait notre indépendant artistique, on voulait vraiment prendre le temps de se trouver et de réfléchir seuls, sans Directeur Artistique, sans pression et sans rien devoir à personne.
Ce qui est délicat aujourd'hui, c'est que quand tu travailles avec un label et qu'il te finance ton album et bien tu lui es redevable. On pensait que pour un EP ça ne servait à rien d'être redevable de qui que ce soit. Maintenant, les choses ont changé et on est dans une grande période de réflexion et on se demande avec qui est-ce qu'on a envie de travailler, ce sera réglé prochainement mais pour l'instant je ne peux rien dire. Dans l'absolu oui on va sortir un album, mais pas tout de suite. Déjà on tourne !

 

Odyssée disponible sur iTunes

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L'IMPERATRICE EN CONCERT :

14.04 • Le Printemps de Bourges
29.04 • La Bellevilloise Paris
04.06 • We Love Green Fontenay Sous Bois
10.06 & 11.06 • Citadelle de Bourg
08.07 • Philharmonie de Paris

  • Saam WB
    (Owner)
    • 2016-03-21 14:44:32
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  • Tags - #paris #musique #bo #l'imperatrice #odyssée #instrumentale #parfum thérémine
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