Les tableaux photographiques de Monch : le miroir de ses émotions

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A travers un travail de peinture et de photo-montage, Monch nous plonge dans son univers à la fois puissant et terrifiant. Il s'exprime avec beaucoup de beauté et d'originalité et mêle subtilement la violence, la finesse et l'intensité. Il nous confie : "L'émotion humaine et sa transmission sont au coeur de mon travail." 
L'étincelle créative a toujours été en lui. Monch se livre et nous parle de son parcours d'artiste plasticien.
… RENCONTRE !



Laloge galerie vous convie au vernissage
de l'exposition "Monch solo-show"

en présence de l'artiste, le jeudi 4 mai 2017 de 18h à 21h

Laloge galerie : 24 rue Morère 75014 Paris


© Monch - L'envol - 2013 


Artiste autodidacte, vous avez grandi dans un univers artistique. A quel âge considérez-vous être devenu un artiste à part entière ?
Se décréter artiste du jour au lendemain est pour moi chose impossible, c'est un long processus. C'est même bien souvent, un parcours du combattant !
Le premier déclic s'est effectué quelques années après le décès de mon père, qui était artiste, cela fait maintenant 10 ans. J'avais donc 42 ans.
J'ai mis un certain temps ensuite à réussir à désacraliser ce mot qui, pour moi lui était exclusivement réservé... Il prenait tant de place, le centre de mon monde ! La mise à feu avait donc commencé, mais l'étincelle était là, en moi, depuis si longtemps. En effet, j'ai toute ma vie accumulé énormément de cette matière artistique, comme une éponge, mais rien n'était alors en mesure de sortir.
Sa disparition - donc l'absence du regard de mon père - m'a précipitamment amené à devenir boulimique de création, exprimer enfin toutes ces choses enfouies que je m'étais inconsciemment interdites auparavant.
Mais créer ne suffit pas à s'autoproclamer artiste, surtout avec le poids immense que ce mot avait pour moi ! Je créais alors par besoin (aussi du plaisir... et de la douleur), pour me chercher, pour chercher des réponses à une avalanche de questions issues d'un bouleversement intérieur intense, je n'avais pas songé un instant à la perspective de devenir artiste. C'était donc surtout un indispensable besoin pour moi de m'exprimer, d'évacuer.


© Monch - Embranchement 2 - 2013 - Autoportrait


Puis, doucement, naturellement, l'idée a germé. J'ai réalisé que je ne pouvais me passer de cet acte créatif, alors quitte à prendre un temps infini à bosser mes images de jour comme de nuit, autant que j'essaye d'en faire une activité à part entière... et si possible qui me permette, au moins modestement, d'en vivre.
Mais cette envie inédite ne me serait bien évidemment jamais venue à l'esprit sans le regard bienveillant des autres sur mes créations. Cet accueil et ce retour positif inattendus que j'ai reçu en publiant mon travail sur les réseaux sociaux, ensuite dans les expos... ainsi que par le soutien d'amis proches (qu'ils en soient tous remerciés !) ont largement contribués à ce processus. Cette réaction des "autres" m'a toujours un peu surpris, je n'aurai jamais pensé qu'une chose si personnelle puisse susciter un intérêt quelconque.
Il ne faut pas se leurrer, je me connais un peu, cette légitimité d'être "un artiste à part entière" me semblera toujours assez prétentieuse et déplacée, même si la décision d'en être a maintenant été prise.
Alors pour éviter la gonflette de l'ego, ou son contraire, le manque de confiance en soi qui bloque tout envie de continuer, je m'applique à quelques règles glanées ici et là...
- Ne jamais se comparer aux autres, même si je me sens si petit face au génie de nombreux autres artistes ;
- Créer pour moi-même, être sincère coûte que coûte, ne pas essayer de faire ce qui va plaire aux autres mais ce qu'on a dans le bide, quitte à décevoir parfois ;
- L'humilité bien sûr ;
- Et surtout bosser, bosser et encore bosser, car... il n'y a pas de miracle, même si la spontanéité est indispensable, le regard et le geste ne s'aiguisent qu'avec l'expérience !

Pour revenir à votre question, cela fait environ trois ans que ma décision a été prise d'en faire un "métier".


 © Monch - Bruit Blanc - 2010 - Autoportrait


Comment se sont manifestées vos premières tentatives de création ?

Tout est arrivé un peu près en même temps. Je me suis mis plus sérieusement à la photographie il y a une dizaine d'années, surtout des pareidolies (anthropomorphismes trouvés dans les matières, taches, racines etc.) et, en parallèle, je me suis aussi inscrit dans un atelier collectif de peinture.
Pour la peinture, je suis resté environ 3 ans dans l'atelier, je ne peignais que là-bas, une fois par semaine, ne trouvant pas dans le domicile familial la place physique et psychologique à cette pratique.
Je me suis rendu compte de l'ampleur de travail et de pratique que la peinture représentait pour arriver à quelque chose de tout juste potable (je suis très exigent avec moi-même), surtout que je n'avais jamais pratiqué le dessin sérieusement auparavant.
Alors j'ai mis mes (maladroites) peintures à la cave et me suis rabattu presque exclusivement vers la photo et la manipulation numérique. Je m'influençais de mon interprétation des "dessins" de la nature. Maîtrisant un peu mieux l'outil informatique, j'arrivais à un résultat satisfaisant plus facilement, plus rapidement ainsi qu'à une très grande liberté que j'ai découverte au fur et à mesure de l'évolution de ma pratique. Je n'avais pas non plus à m'étaler et pouvais pratiquer dans mon petit coin d'appartement, de nuit comme de jour.




© Monch - Une nuit d'absence


Comment votre travail a-t-il évolué au cours des années ?

J'espère avoir gagné en subtilité, autant émotionnelle que technique. Les sentiments exprimés par mes premiers travaux étaient plus brutaux, directes, explicites. Ces premières images sont sorties comme un cri, un trop-plein. D'ailleurs, beaucoup d'entre elles représentaient des cris.
Ce qui est véhiculé par mes tableaux plus récents tente d'être plus intériorisé et à priori plus adaptable à l'histoire de chacun. Ce que je trouve intéressant dans l'art c'est ce que chacun transpose de son histoire et de ses émotions personnelles en regardant une oeuvre. Ce que l'auteur a voulu dire n'a que bien peu d'importance.
Mon dernier défi en date, dans une série en cours sur le thème du paysage, est de faire passer de l'émotion en se passant de l'humain. Juste par l'ambiance, la lumière, la texture, la poésie j'espère...



© Monch - Aouting - 2015

© Monch - Rêve parti - 2015


Votre art est à la croisée de plusieurs disciplines, comment qualifieriez-vous votre travail ?

Mon amour de l'art est très global et rassemble beaucoup de domaines. Peinture, dessin, gravure, sculpture, photographie, cinéma, littérature, poésie, BD etc. Comme, principalement, je ne pratique qu'une seule de ces disciplines, je pense que je tente de mettre un peu de tout cela dans mes images.


Quelle passerelle établissez vous entre la photographie, la peinture et la sculpture ?

Les comportements fréquemment claniques rencontrés dans les domaines de l'art ont tendance à me gonfler. Le fait d'apprécier une oeuvre qu'en conséquence de connaître la technique utilisée me semble réducteur. Pourquoi ne pas d'abord juger ce que l'on ressent en la regardant plutôt qu'en sachant si elle respecte les règles d'une discipline artistique établie ?
Combien de fois ai-je entendu, "j'aime beaucoup ce que vous faites, dommage que cela soit du numérique" ?
Je ne sais d'ailleurs toujours pas comment me qualifier moi-même. J'utilise un peu de toutes ces disciplines, sans toutefois faire vraiment partie de l'une d'entre elles.



© Monch - Le baiser - 2012

© Monch - Suivez mon regard - 2016

© Monch - Compléxité de l'intimité - 2014


Pouvez vous nous dire quelques mots sur le choix des médiums et techniques utilisés ?

Mon travail consiste principalement à faire disparaître la technique au profit de la forme. L'ambiguïté suscitée par la vision des mes tableaux vus "en vrai" est tout à fait volontaire et désirée. Sinon, il s'agit d'impressions numériques sur papier Fine Art mat, 320gr, 100% coton. Ces impressions papier sont ensuite contrecollées sur Dibond ou sur aluminium et encadrées en caisses américaines en bois patiné noir.


Vos oeuvres sont en grande majorité des visages, certaines sont même des autoportraits. Dans quelle mesure ce "sujet artistique" est-il inspirant ?

L'émotion humaine et sa transmission est au coeur de mon travail. Sans en avoir l'exclusivité, le visage et ses expressions sont un des principaux véhicule de cette émotion, d'où mon intérêt pour le portrait. J'ai effectivement fait une série d'autoportraits il y a plusieurs années, ceci pour différentes raisons :
- J'étais le modèle le plus disponible;
- Vu ce que j'inflige aux visages, il était plus facile de le faire sur moi, ce qui me permettait d'aller plus loin, de me sentir plus libre. J'évitais ainsi l'appréhension d'une éventuelle réaction négative de la part du sujet "portraitisé";
- Parce de toute façon, quel que soit le modèle utilisé, on y met forcément une grande part de soi...



© Monch - Faites comme si je n'étais pas là... - 2011 - Autoportrait
© Monch - Mauvaise direction - 2016


Quels messages et émotions voulez vous faire passer à travers ces représentations ?

Cela englobe toutes les grandes questions humaines existentielles. C'est donc avant tout une recherche de soi.
Rien est prémédité dans l'émotion voulue ni dans la forme définitive lors de la phase de création, je ne fais que me guider à l'instinct. Je mélange, je triture, je déforme, j'efface, je redessine, je joue des accidents jusqu'à ce que cela me "parle".
C'est ensuite, avec le recul, que je me fais une interprétation personnelle de ce que j'ai bien pu y mettre.
Mais comme dit plus haut, je garde cette interprétation pour moi. Le plus important est ce que l'autre y voit, ce qu'il a endossé, l'effet miroir de l'image.



© Monch - La petite danseuse d'ombre - 2014


En 2015 a été publiée une monographie intitulée "Nature Humaine", qui compile vos différents travaux et donne une vision globale de votre art. 
Quelle est la genèse de ce projet ? Pourquoi l'avoir concrétisé à ce moment précis de votre parcours ?

Il ne s'agit pas là d'un projet personnel. Jacques Flament est un éditeur courageux qui fonctionne uniquement sur ses coups de coeur. Il m'a tout simplement contacté après avoir vu mon travail sur les réseaux sociaux et m'a laissé carte blanche sur le choix des oeuvres du livre.
Jacques Flament Edition publie des romans, des essais, des revues, des livres d'art. Cette monographie fait partie d'une très belle collection appelée Arte Prima, commencée en 2015 et consacrée à l'expressionnisme contemporain. De cette collection, onze ouvrages d'artistes remarquables ont été publiées à ce jour. Je lui tire mon chapeau... un grand bravo M. Flament !!


© Monch - C'est quoi c't'embrouille ? - 2015
© Monch - A bien y réfléchir - 2015


Quel est l'univers de "Nature Humaine" et de votre travail en général ?

Cela représente surtout mon univers intérieur, mon côté "Mister Hide", donc un peu sombre. Mais je me prends rarement au sérieux... alors je félicite celles et ceux qui y voient aussi une belle dose d'humour et d'espoir... le tout baigné dans un peu de poésie, poésie sans laquelle, à mon goût, la noirceur perd tout intérêt, tout juste bonne à imprimer en poster pour une chambre de pré-ado.


Votre travail est très personnel, êtes vous néanmoins inspiré par d'autres artistes ou disciplines ?

Reconnaître un artiste sans avoir à lire sa signature est un des meilleurs compliment qu'il puisse recevoir... c'est qu'il a sa propre patte, son univers personnel.
Je m'applique donc à rester moi-même, à ne pas singer les artistes que j'admire. Alors inspiré, non, mais bien sûr, je suis influencé... par tout ce que j'ai vu, entendu, digéré, absorbé dans toutes les disciplines artistiques et aussi beaucoup par mon observation de la nature sous toutes ses facettes... et pas forcément les plus jolies. Je suis une véritable éponge... et quand j'essore cette éponge, cela donne les images que vous voyez. Citer des artistes qui m'ont bouleversé est très frustrant tellement la liste est longue... en voici quelques uns: Gustave Doré, Rembrandt, Turner, Marc Petit, Maya Kulenovic, Isabelle Vialle, Stani Nitkowski...



© Monch - Infusion - 2016 - Modèle : Audrey Charles  


Quelles sont vos envies et projets futurs ?

Faire sauter au plus vite les obstacles, autant financiers que psychologiques, qui freinent mon besoin d'aller plus loin dans la création.
Avoir un atelier, un lieu de travail (et de rangement), si possible attenant à mon domicile (mes envies créatives ne suivent pas les horaires de "bureau") afin de m'attaquer plus sérieusement à des activités plus "salissantes"... peintures, sculptures et bas-reliefs etc...
Obtenir les moyens de réaliser plus facilement mes tirages photographiques. Je n'arrive pour le moment à produire sur papier qu'une infime partie de mes créations, au vu d'un coût très important pour des impressions de qualité.
Me débarrasser le plus possible de l'autopromotion, cette facette qui me pèse tant ! Trouver la bonne personne, qui réussirait à m'affranchir de ce terrible poids...



© Monch - Pushing through - 2011 - Autoportrait  



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    • 2017-05-04 07:40:35
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  • Tags - #paris #photomontage #peinture #portraits #Plasticien #autoportrait #Monch #cave showroom gallery #bar des halles #étincelle
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