Jordane Saget : jeu de lignes en trois dimensions

PARTENAIRES

Vous désirez communiquer
sur Artist Up ?

Etablir un partenariat
pour votre évènement ?

Contactez nous !

Chercher une news

Publicité

Artiste urbain depuis peu, Jordane Saget a su imposer son style dans les allées de la capitale. Il troque son carnet de dessins pour laisser exprimer sa créativité aux yeux des passants. Virtuose des lignes et de la troisième dimension, il arpente les rues à la recherche des meilleurs spots de Paris. Son arme = la craie. Pour lui il existe " un rapport paradoxal au temps avec la craie, sur les murs de la ville on sait qu’elle ne tiendra pas alors qu’on a trouvé la trace de dessins à la craie datant de milliers d’années". Son travail est géométrique, son tracé est précis, l'émotion est forte... Interview d'un artiste à découvrir !



 Jordane Saget réalise une fresque à Drouot (Paris)
samedi 4 et dimanche 5 Juin 2016 de 11h30 à 15h30

REJOIGNEZ L'EVENEMENT FACEBOOK
TOUTES LES INFOS - ICI


© Jordane Saget


Comment l'idée et le thème de votre univers créatif sont-ils venus à vous ?
J’ai toujours dessiné depuis l’enfance mais ce que je faisais n’était jamais beau, comme j’avais l’esprit très mathématique donc j’ai voulu rassembler les deux, un peu à la manière des dessins de Vasarely. J’ai donc travaillé dans cette perspective géométrique en dessinant à partir de lignes, de triangles etc. Là encore ça ne me convenait pas, je ne trouvais pas ça assez vivant, je cherchais une règle primordiale pour avoir une colonne vertébrale, un vecteur d’unité.
Je ne saurais pas dire quel a été le déclic, comment, quel jour, mais il y a eu une sorte d’intuition, un passage du deux aux trois lignes, comme trois dimensions et ça ne m’a plus quitté.

Quel a été votre parcours ?
J’ai passé un bac spé histoire de l’art et après avoir été tenté par plusieurs matières dont la philosophie j’ai mis de côté les études, je n’étais ni studieux ni académique ! J’ai trouvé un petit job en tant qu’animateur en maternelle et ça a été décisif pour moi, j’ai trouvé plus de sens et plus d’inspiration au contact des enfants ; j’ai pu les observer, les regarder « travailler »  d’une certaine manière et c’est quelque chose qui m’inspire encore, cette immédiateté aux choses qu’ils ont par exemple.
Après j’ai travaillé en tant que barman sommelier et ça m’a conduit à une sorte de burn out, mes lignes sont vraiment nées de cette période là, c’était la seule chose qui me permettait de focaliser mon attention j’y ai eu un lien presque autistique, ça a été comme une base de réflexion et ça a scellé mon retour au monde.



© Jordane Saget


© Jordane Saget


Comment décririez-vous votre travail ? Pensez-vous appartenir à la grande famille de l'art urbain ?
On me pose souvent la question quand on regarde mes fresqus : « qu’est ce que c’est ? » Au début je me disais qu’il fallait que je sache répondre et puis au final je sais que c’est quelque chose de tellement complexe, tellement infini en même temps tellement simple pour moi que je n’arrive pas à le décrire avec des mots.
Quant à la deuxième question je crois que ce n’est pas à moi de le dire je travaille dans la rue que depuis tout récemment et je ne me sens pas la crédibilité d’affirmer ça.

Votre patte est très identifiable notamment par le jeu des motifs, l'accumulation et l'utilisation de la craie…Pourquoi la craie ?
Initialement mon travail s’articulait sur le papier et la toile donc j’étais enfermé. A un moment j’ai éprouvé le besoin de sortir, de marcher et mes lignes sont venues naturellement comme si elles m’accompagnaient. Je n’ai pas trop réfléchi.
Maintenant quand je regarde rétrospectivement ça me parle, j’aime ce que représente la craie : sa matière par exemple c’est presque sensoriel, quand une craie va pour s’écraser sur le support il y a comme une résistance au mouvement, quelque chose de friable. Il y a aussi un rapport paradoxal au temps avec la craie, sur les murs de la ville on sait qu’elle ne tiendra pas alors qu’on a trouvé la trace de dessins à la craie datant de milliers d’années.


© Jordane Saget


© Jordane Saget

© Jordane Saget


Utilisez-vous d’autres médiums ?
L’encre de chine sur papier, le feutre sur toile mais ca reste très rare.

Travaillez-vous uniquement en extérieur ?
Principalement, après lorsque je travaille pour certaines commandes là c’est en intérieur.

Comment choisissez-vous vos spots de création ?
Je marche et c’est au feeling, c’est une évidence.


© Jordane Saget- tous droits réservés 


Vous dites de votre travail qu’il est en 3 dimensions... Comment composez-vous vos œuvres ?
Je n’ai pas le sentiment de les composer, je me laisse porter par l’enchainement des lignes. Et je me suis rendu compte que plus on est détendu et plus les lignes sont vivantes.

Qu'apporte le choix du noir et blanc ?
Pour moi c’est une histoire de cohérence et d’équilibre, comme si le blanc et le noir se définissaient l’un par l’autre.


© Jordane Saget - Un dimanche en bord de Seine


Peu après les attentats de novembre votre travail était visible sur le sol du boulevard Richard Lenoir (Paris), une grande fresque sur laquelle les passants ont rajouté des éléments….
Quel a été votre sentiment face à la participation du public à votre art dans de telles circonstances ?

J’ai hésité au début, je ne voulais m’imposer ou donner le sentiment que je récupérais ce moment et j’ai repensé à une phrase qu’une femme m’avait dite dans le métro : « vos lignes m’apaisent » alors je me suis autorisé et j’ai commencé à dessiner, des gens se sont approchés, j’ai tendu une craie, puis d’autres les gens ont suivi ça ne m’appartenait déjà plus. Et puis ça n’était pas un cas isolé il y a eu plein d’artistes et de gens qui ont témoigné à leur manière un peu partout.




© Jordane Saget


Le street-art est-il, selon vous, être un art citoyen porteur de messages forts et engagés ?
Non pas forcément, c’est aux gens de décider ce qu’ils veulent y voir et "faire joli" peut être suffisant.

En général quelles réactions voulez-vous provoquer chez les passants ?
Je ne cherche jamais à provoquer quoique ce soit même si j’aime l’idée que certaines personnes soient touchées, surprises, émues… J’aime savoir que les gens vont regarder l’espace autrement. Et l’échange avec les gens est toujours incroyablement enrichissant pour moi !



© Jordane Saget


Nous avons pu découvrir vos œuvres en avril dernier au Cabinet d'amateur à Paris. Avez-vous d’autres projets, actualités ?
Je travaille actuellement sur la réalisation de grands dessins sur papier pour un palace qui va ouvrir à République. J’ai aussi une collaboration de prévue avec Pierre Frey, un festival à Chalon en champagne, des performances etc.

Y a-t-il des spots où nous pouvons voir votre travail à ce jour ?
Je pourrais vous dire où trouver certaine de mes fresques mais le temps que votre article paraisse elles auront peut être disparues !


© Jordane Saget




EVENEMENTS PASSES  :
Le vernissage aura lieu au Cabinet d'amateur 
14 avril à partir de 18H > EVENEMENT FACEBOOK


EXPOSITION du 14 au 22 avril 2016
 
12 rue de la Forge Royale 75011 Paris 

 RETROUVEZ JORDANE SAGET : 

FACEBOOK

    • 2016-06-03 07:18:54
    • 7,968 views
  • Tags - #paris #street art #dessin #graphique #rues #craie #cabinet d'amateur #metro #Jordane Saget #monuments
  • Ajouter aux favoris

Photos

PLUS D'ARTICLES ICI