Mister Pee : l'humour au milieu de la figure

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Mister Pee artiste urbain, colleur et illustrateur a une patte bien à lui, et à travers ses œuvres il évoque avec humour « ses visions sur la vie ». Ses travaux sont colorés, ses collages sont éclatants et ses personnages pleins de malice. En multipliant supports et techniques : du mur à la toile ou encore à l'affiche, Mister Pee est un artiste plein de ressources, aussi à l'aise avec son crayon qu'avec son pinceau.

Mister Pee peint et dessine des visages, des personnages, il s’amuse avec eux… Selon lui les corps sont « tels des pantins qu'(il) peut déformer à l’infini, les visages sont autant d’écrans qui (lui) permettent d’exprimer ses idées ». Un artiste original, décalé et plein d’humour à découvrir !




Exposition solo à la Gallery 21 du 5 au 10 décembre 2016.
Dessins, papiers découpés, paper toys, goodies...
plein de choses à découvrir !
Exposition organisée par les Humoristes, association d'utilité publique.

Gallery 21 | 21, rue Dauphine | 75006 Paris.
Quartier Saint-Germain-des-Prés


© Mister Pee - Echappées belles 


Vous avez baigné dans univers artistique très riche depuis votre enfance… à partir de quel âge vous êtes-vous essayé à l’art ?
Mes parents étaient très curieux de tout et passionnés de cinéma, de littérature, de peinture et de photographie. J’ai en effet eu la chance d’avoir plein de livres autour de moi et un regard affûté par les transmissions de mon père, photographe. Les images qui m’entouraient et les BD adultes que j’ai pu dévorer assez jeunes m’ont certainement inspirées et donné envie de dessiner. J’ai commencé à taguer et graffer assez jeune vers 13 ou 14 ans, mais je n’avais pas encore assez de connaissances ni de pratique pour proposer des choses solides ! J’ai compris avec la maturité que l’art est surtout un engagement, personnel, dont la difficulté principale est de réussir à se renouveler, dans la durée.

 Avez-vous eu une formation artistique ?
J’ai été diplômé en Images de communication à l’école Olivier de Serres, puis j’ai suivi un cursus de deux ans (DSAA) à l’école Duperré. Je me suis ensuite lancé sur le marché en tant que graphiste indépendant.


© Mister - Fuite des cerveaux


Quels artistes ou mouvements vous ont donné envie de vous lancer ?
J’ai toujours été fou de l’œuvre d’Egon Schiele, de Francis Bacon, aussi bien que Keith Haring, la bande-dessinée bien sûr avec des auteurs comme Nicolas de Crécy, les graphistes polonais…
En découvrant l’énergie piquante du graffiti et de l’art de rue, très jeune, je comprenais que toutes ces influences allaient se retrouver un jour à un carrefour. En attendant de revenir dans la rue, j’ai grandement eu besoin de travailler mes formes.

Si vous pouviez passer 24H avec un artiste (vivant ou mort) que vous admirez qui serait-il ? Pourquoi ?
Le choix est vraiment difficile, les époques ont été traversées par tant d’artistes fascinants ! Je me dirigerais plutôt vers un artiste disparu, ça serait bien plus excitant ! Mon choix pourrait paraître classique mais Picasso me fascine toujours autant, j’aurais bien aimé être une petite souris le temps d’une journée et voir tout le processus de création en action de cet artiste toujours aussi moderne et inventif.


© Mister Pee - L'Appel du Large - 2014.
Acrylique et encre sur papier | 30X40 


D’où vous vient cette passion ?
Ma découverte du graffiti dans les terrains vagues de mon quartier (le 13e arrondissement) a été un véritable déclencheur. La grande vague du graffiti de la fin des années 80/début 90, et le mouvement Hip Hop qui l’entraînait, on été très inspirants, et m’ont donné profondément envie de dessiner, et de travailler mes lignes.
J’allais faire des photos partout, et je m’étais constitué un book, qui devenait une source d’inspiration pour mes recherches. N’oublions pas que le net n’existait pas à l’époque, et peu de livres avaient été encore publié, mis à part les bibles que sont Subway art et Spray Can Art, que je découvrais en même temps.



© Mister Pee - Evolution - Mars 2015


© Mister Pee - Jeu d'esprit - Marseille - Mai 2014


Étiez-vous (êtes-vous) un rebelle ?
Rebelle est un mot un peu fort, je pense avoir toujours eu une forme de conscience et j’ai reçu un héritage post soixante-huitard qui m’a donné une position assez contestatrice !
Mes parents m’ont transmis le sens critique, et je vois les choses avec beaucoup d’ironie d’une manière générale. La prise de recul et la vigilance face aux institutions, les technocrates, les industriels, les consensus, doivent toujours être des réflexes, sans doute. Ayant bénéficié de beaucoup de liberté durant ma jeunesse (j’en respectais aussi beaucoup les limites), je n’avais pas de raison de vivre dans la rébellion à mon avis.

Vous avez commencé par le graffiti, qu’est-ce que cette pratique vous a t-elle apporté ?
Avec mes potes passionnés, dans la cour de récré, on se montrait nos esquisses respectives, il y avait un continuel challenge qui nous poussait à avancer, dans le lettrage, les personnages ; c’est certainement cette pratique qui m’a plongé plus sérieusement dans le dessin, et l’illustration. Le graffiti c’était aussi pour nous un beau moment à passer entre potes dans des lieux atypiques. Comme un rituel d’apprentissage aussi, j’étais en pleine puberté !



© Mister Pee - Retour aux sources
 Muraliza Art Festival - Cascais - Portugal - June 2014


Vous avez commencé en tant que graffeur, mais vous vous êtes ouvert à plusieurs autres disciplines notamment l’illustration. Vous créez ainsi un personnage M.Pee dont vous prendrez le nom... Comment et pourquoi vous êtes-vous orienté vers l’illustration ?
J’ai toujours aimé dessiner des personnages, que j’ai essayé de faire évoluer pendant de nombreuses années. Ayant été beaucoup nourri par la bande dessinée j’ai cependant toujours estimé qu’une image seule pouvait dire beaucoup de choses, à la manière d’une affiche ou d’un signe épuré. Mon parcours de graphiste y est certainement pour quelque chose. L’illustration joue parfaitement ce rôle, à mon sens, et c’est pourquoi je m’y plais et prends du plaisir.
 
Racontez-nous votre collaboration avec le magazine sciences et vie découvertes destiné au jeune public ?
J’étais venu montrer mon Book dans les locaux du magazine Sciences et Vie Découvertes (2008), et l’équipe a été accrochée par un strip (une BD sans paroles) que j’avais commencé à développer avec ce personnage. Commande était faite, j’allais faire vivre ce strip tous les mois dans le journal ! Cette chouette aventure à duré 5 ans, avec la difficulté de se renouveler tous les mois tout en gardant une mécanique scénaristique que j’avais mise au point. Mon plus grand plaisir était de découvrir les dessins reprenant mon personnage que les jeunes lecteurs envoyaient et qui étaient publiés dans une page du magazine.

Quelle relation entretenez-vous avec lui ?
Etant donné que je ne le fais plus vivre depuis quelques années, je m’en suis un peu détaché. Ceci dit, les scénarios s’inspiraient souvent de choses de mon quotidien, d’observations, et peut-être que certaines attitudes du personnage s’approchaient des miennes, qui sait ? Le côté râleur, peut-être ?!


© Mister Pee - Eléments perturbateurs - Janvier 2016 
Acrylique et encre noire - Papier a grain 40*50


D’où est venue l’idée du petit oiseau bleu ?
Le cheminement de la recherche graphique est parfois farfelu, ces satanés oiseaux s’imposent toujours à moi, que voulez-vous ! Je cherchais quelque chose de graphique et stylisé, le bleu est certainement ma teinte préférée, et je me rends compte d’ailleurs que ce bleu est quasiment toujours le même que j’utilise pour mes personnages. C’est une époque où j’étais plus à l’aise avec les animaux, très anthropomorphisés, certes. J’avais envie d’un anti-héros, un peu loser, un peu râleur, avec ce qu’il faut de ridicule. Dans le magazine, il est bien souvent la victime de ses propres inventions foireuses.

Peu à peu vos illustrations évoluent et vous vous attelez à l’art du portrait... un personnage au nez proéminent apparaît souvent dans vos œuvres, qui est-il ?
Mes personnages sont venus à moi peu à peu sous leur forme actuelle, il faut être à l’écoute des formes qui viennent et reviennent sous nos traits, et les accepter. Tisser un dialogue avec son inconscient, en quelque sorte. Vous parlez de l’art du portrait, thématique abordée non consciemment pour ma part, souvent matérialisé par un faux profil, ou un trois-quarts face. C’est certainement cette posture qui m’a poussé à exagérer le nez pour avoir une silhouette plus découpée et stylisé, en fait.
Je tend toujours à dessiner l’Homme, d’une manière assez universelle, je pense, il n’y a pas un personnage à part entière, mais une espèce. Les corps tels des pantins que je peux déformer à l’infini, les visages qui sont autant d’écrans et qui me permettent d’exprimer des idées.


© Mister Pee


Toutes vos œuvres sont très colorées, qu’est-ce que ce choix de couleur traduit-il ?
La couleur est un moyen de mettre en scène une image, d’agir sur la composition, de diriger le regard dans des cheminements et de créer des rythmes. La couleur c’est l’harmonie, et le travail sur les palettes chromatiques fines est un plaisir purement esthétique, aussi.

Que - quels messages  - traduisent vos œuvres ? 
J’aime le plus souvent glisser différents niveaux de perception dans mes images. Sous un aspect esthétique épuré, quasiment « vulgarisé », j’essaye d’amener d’autres idées plus universelles, les éléments ont beaucoup tendance à s’échapper dans mon travail actuel, comme autant de tentatives d’évasion du réel afin de s’asseoir dans l’imaginaire.
L’humour est aussi un bon moyen de traduire mes positions sur la vie, un décalage qui me paraît de plus en plus nécessaire face au monde et son âpre crudité.


© Mister Pee - Les têtes de l'emploi - 2014


Artiste urbain, illustrateur, colleur, peintre, vous êtes sans aucun doute un artiste aux multiples facettes... Comment aimeriez-vous être identifié et pourquoi ?
Avancer comme un électron libre, sans me spécialiser dans une discipline plus qu’une autre m’amuse beaucoup ! Je travaille sur des personnages en volume en papiers imprimés, coupés et pliés et sur des théâtres d’ombres en papier découpés qui me permettent également de varier les plaisirs, et d’amener du volume dans mon travail, par exemple. Je me considère avant tout comme un « faiseur d’images », et j’essaye avant tout de proposer un univers, ce qui peut englober de nombreux champs d’application.

Comment voyez-vous l’avenir ?
La pratique artistique est jonchée de surprises, de rencontres et de rebondissements, de projets qui se dessinent au détriments d’autres qui périclitent ; il est encore pour moi toujours difficile de prédire l’avenir, les futurs beaux ou mauvais moments ! Cependant, j’espère voir se réaliser quelques futurs beaux projets pour la rentrée prochaine, avancer dans ma production et faire évoluer mes formes. La quête d’une vie, quoi !



© Mister Pee - Sortie de Secours
Muraliza Art Festival - Cascais - Portugal - June 2014


© Mister Pee - Le Second Souffle - Paris Juillet 2014


Quels sont vos actualités, projets... futurs ?
Je participe au festival de street art Dans & Sur les Murs de la ville de Saint-Germain-en-Laye, du 4 au 13 mai prochains, patronné par la galerie itinérante Prat Marca. J’y exposerai avec les artistes Kashink, Philippe Hérard, Paella, les VLP, LN23, Zdey et Megumi Nemo, dans différents lieux. Je collerai également des affiches dans la ville, et peindrai un gros mur à l’espace culturel La Clef. Un événement qui s’annonce vraiment très bien, dans une ville qui n’est pas spécialement habituée aux interventions urbaines!

A la fin du mois de mai m’attend un autre festival, le SAFIR, à Roche-La-Molière, près de Saint-Etienne, j’y serai encore bien entouré, et je vais certainement avoir l’occasion d’y peindre un gros mur, avec une nacelle, s’il-vous-plaît !

Et enfin mon exposition personnelle, « Secondes Peaux », qui arrive le 3 juin 2016, à la galerie La Lanterne, boulevard Ménilmontant, une belle rencontre avec Alexandre Fialho, qui a crée la galerie qui est située dans un arrondissement qui m’est cher, qui plus est ! J’ai souvent été coller dans le 20e, et y exposer a pour moi du sens. On va préparer cet événement aux petits oignons, il va falloir radiner à tout prix vos frimousses !


© Mister Pee 


 Retrouvez Mister PEE :
    • 2016-12-01 13:47:18
    • 2 117 views
  • Tags - #art #paris #street art #urbain #collage #portrait #illustrations #exposition #peinture #urban #couleurs #show #personnage #mur #murs #Mr Pee #gros nez #La Lanterne
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