Kate Clark explore la complexité du règne animal

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Artiste-sculpteur new yorkaise, Kate Clark nous emmène dans un monde parallèle où les hommes fusionnent avec les animaux. Elle utilise la taxidermie, une technique traditionnelle qu'elle met au service de l'art contemporain. Son travail est déroutant mais tellement puissant qu'il laisse sans voix. "Le personnage dans ma sculpture est à l'aise, tandis que le spectateur se sent gêné jusqu'au moment où il trouve la beauté ou le sens de mon travail." 
Le message de Kate est fort, elle examine ici la société actuelle et l'évolution culturelle. "Même si nous avons une existence éclairée, nous sommes d'origine sauvage ; sujets du règne animal".
Les expressions des visages sculptés en argile sont bouleversantes et ne peuvent vous laisser indifférents, découvrez sans attendre Kate Clark... INTERVIEW !



© Kate Clark - A Rough Start - 2007
Medium: bear hide, foam, clay, thread, pins, bear fur, rubber eyes
Size: 24 x 29 x 65 inches 
 

Quand avez-vous commencé votre travail avec les animaux et la taxidermie ? D'où vient cette idée?
Au cours de mes études supérieures, mon art est devenu moins formel et plus conceptuel. J'ai commencé à pratiquer la taxidermie, non pas parce que j'aimais ça ou que j'étais documentée sur le sujet, mais plutôt parce que cette pratique m'a permise d'adapter le concept que j'avais en tête. Je voulais explorer la façon dont nos traits faciaux ont évolué, devenant de plus en plus communicatifs, et à l'inverse ceux des animaux qui n'ont pas vraiment changé. 
Le travail était expérimental, et alors que je créais ma première pièce qui ressemblait vraiment à un visage humain, je me suis rendue compte des idées que  cette oeuvre a soulevé. Elles étaient non seulement scientifiques et intellectuelles, mais aussi primaires et émotionnelles.


Kate Clark - Hybrids from The Bholdr on Vimeo.


Comme dans la mythologie grecque vos personnages sont mi-humains, mi-animaux… Que voulez vous exprimer, montrer à travers votre art ? Quel est votre opinion sur la condition animale ?
Après plusieurs années de travail avec les animaux, j'en suis venue à la conclusion suivante : je veux que chaque combinaison animal/humain soit digne. De nombreux spectateurs m'ont suggéré de prendre une nouvelle direction en tournant mes sculptures en une sorte de "monstre" mais je pense au contraire que cela les aurait discréditées. Au lieu de cela, je fais en sorte que l'animal, debout ou assis, soit en position de force, tandis que son visage apparaisse confortable et décontracté. 
Cela ajoute en effet de la complexité dans le rapport spectateur/sculpture. Le personnage dans ma sculpture est à l'aise, tandis que le spectateur se sent gêné jusqu'au moment où il trouve la beauté ou le sens de mon travail. 
Mon travail fait référence à la mythologie grecque et aussi à l'aspect spirituel, à la biologie futuriste, à l'environnement, etc. Pour moi, ce travail est contemporain, il examine notre situation actuelle et l'effet de l'évolution culturelle. 
Le fait que l'humain n'ait pas physiquement évolué depuis la mythologie grecque jusqu'à maintenant… et probablement qu'il n'évoluera pas physiquement dans le futur, est un fait étonnant compte tenu des changements et des rebonds culturels que nous avons traversé. 
Même si nous sommes les mêmes personnes physiques, nous sommes passés maîtres dans l'adaptation face à ces changements culturels. Je crois que nous sommes à un croisement important : les hommes peuvent décider de suivre les incessantes avancées culturelles, ou de revenir vers la nature, selon leur libre arbitre et ressenti personnel.


© Kate Clark - A Small Disturbance - 2008
Medium: Hyena hide, foam, clay, pins, thread, rubber eyes, cardboard 
Size: 54 x 56 x 38 inches

© Kate Clark - And she meant it - 2010
Medium: Ram hide, apoxie, clay, foam, thread, pins, rubber eyes
Size: 26 x 25 x 21 inches

© Kate Clark - Antics - 2007
Ibex, bobcat, jack rabbit hides, foam, clay, pins, thread, rubber eyes
Size: 88 x 28 x 36 inches


Que pouvez vous nous dire sur les méthodes et les médiums que vous utilisez ?
Quand je fais mes sculptures, je monte traditionnellement une peau d'animal sur une forme animale (comme le ferait un taxidermiste). 
Puis je place la peau de la gueule de l'animal sur une tête humaine en argile que j'ai sculpté. 
J'ai parfois du mal à croire que j'utilise des peaux, mais le concept le plus important dans mon travail consiste à utiliser la peau réelle de l'animal en la transformant, plutôt que de combiner des matières artificielles.
J'utilise la peau des têtes d'animaux pour recouvrir mes visages humains. Je tente de faire correspondre les sections de la peau, par exemple, en utilisant les paupières et les cils de l'animal autour des yeux de l'homme.
Je rase la fourrure, afin que le spectateur puissent retrouver les différentes caractéristiques poreuses et huileuses de notre peau. La transformation de l'animal à l'homme se fait en douceur, afin que le visage de l'animal reflète le nôtre, non seulement dans la forme et l'expression, mais aussi, indéniablement, dans les caractéristiques de peau.
A travers mes oeuvres je dis simplement que même si nous avons une existence éclairée, nous sommes d'origine sauvage ; sujets du règne animal.


© Kate Clark - Ceremony - 2011
gemsbok antelope hide, horns, foam, clay, pins, thread, rubber eyes
Size: 120 x 120 x 72 inches
 

Votre première exposition personnelle à Claire Oliver Gallery à New York était en 2008... Qu'est-il arrivé depuis?
Depuis j'ai participé à des expositions personnelles et collectives au Musée Aldrich d'art contemporain, au Musée d'Art Islip, mais aussi, au Bellevue Arts Museum, au Mobile Museum of Art, MOFA (Florida State University), Cranbrook Art Museum, Centre Frist pour les arts visuels, à la galerie Winnepeg Art, au Musée Glenbow, au Musée de la Halle Saint Pierre (Paris), à la Galerie d'art à Cleveland State University, au Centre Hudson Valley pour l'art contemporain, au Musée d'Art du Nevada le Newcomb Art Museum et David Winton Bell Gallery à l'Université Brown.
Mon travail est collectionné à l'échelle internationale et a aussi rejoint  des collections publiques comme le Morgan Chase Art Collection JP, la collection 21c, la Fondation David Roberts Art à Londres, et le C-Collection en Suisse. On m'a accordé les bourses de la Jentel Artists Residency dans le Wyoming, The Fine Arts Work Centre Residency à Provincetown MA., et le Programme de studio Sharpe Marie Walsh à New York. 
Je suis également en lice pour un prix Comfort Tiffany Louis et une Bourse de Etats-Unis, j'ai aussi reçu une subvention de la Fondation Virginia Groot en 2013 et une bourse de la fondation de New York pour les Arts (NYFA) en 2014.
Mes sculptures ont été présentées dans le Wall Street Journal, New York Times, New York Magazine, Art21: Blog, The Village Voice, PAPERmag, The Atlantic, NYArts, Huffington Post, Salut Fructose, la BBC World NEWS BRAZIL , Hey! Magazine, Time Out, ID Paris, Cool Hunting, papier peint, VICE, Revue de Sculpture et mon travail est l'image de couverture pour Art ltd. magazine, (Novembre / Décembre 2014). 
En 2015, j'ai été filmée par le National Geographic pendant une période de 2 mois pour un documentaire réalisé sur mon travail.

 
© Kate Clark - Asserting His Influence - 2015
Medium: waterbuck hide, horns, clay, foam, thread, pins, rubber eyes
Size: approx. 48 x 22 x 22 inches


Reviendrez-vous en France pour exposer votre travail une deuxième fois ? 
J'ai aimé exposer mon travail en France et rencontrer le monde dynamique de l'art parisien. Bien que je n'ai pas de pistes pour exposer mon travail là-bas dans un avenir proche, je serais heureuse d'avoir cette opportunité.


© Kate Clark - Choosing Her Words - 2015
Medium:  antelope hide, horns, foam, clay, pins, thread, rubber eyes
Size:  36 x 33 x 17 inches



# VERSION ORIGINALE - ANGLAIS #

When did you begin your work with animals ? Where does this idea come from ?

During graduate school my art work became less formal and more conceptual and I started to use taxidermy, not because I loved it or knew anything about it, but instead because it fit my concept: exploring how our facial features evolved to be very communicative and animal features did not evolved in this way. The work was experimental but when I made my first piece that really resembled the human face, I realized that the ideas it brought up were not only scientific and intellectual but also primal and emotional.


© Kate Clark - She Gets What She Wants - 2013 
Medium: zebra hide, foam, clay, rubber eyes, thread, pins 
Size: 30 x 36 x 22 inches


Like in Greek mythology your characters are half-humans, half-animals... What do you want to express, to show through your art ? What is your opinion about animal condition ?)

Through the years of working with animals, I’ve come to the conclusion that I want each animal/human combination to look dignified. Many viewers have suggested that I take them in a monster-y direction, but I think that would make them easier to dismiss. Instead, I make sure the animal stands or sits in a powerful position, while their faces appear comfortable and casual in their transformation. This adds complexity within the viewer/sculpture relationship—the character in the sculpture is comfortable while the viewer is uncomfortable-- until he or she spends the time to find beauty or meaning in the work.
My work is discussed in reference to Greek mythology and also to spiritualism, futuristic biology, environmentalism, etc. For me the work is contemporary, it discusses our current condition and the effect of cultural evolution. The fact that we haven’t physically evolved as humans from the time before Greek mythology until now, and probably won’t evolve physically as we move into the future, is an amazing fact - considering the leaps and bounds that we have evolved culturally. Even though we are the same physical people, we are masters at adapting to these cultural changes. I believe we are at a tipping point – people may reevaluate if they feel comfortable adapting to the constant cultural advances, or instead choose to rekindle a relationship with, and an appreciation for, nature.



© Kate Clark - Red Ukachukwu - Behaving - 2016


Can you tell us about methods and mediums you use ?

When I make my sculptures I traditionally mount an animal hide on an animal form, (like a taxidermist would) but then place the animal’s facial skin onto a face that I have sculpted out of clay to have human features. I sometimes find it hard to believe myself -that I use animal hide, but using the animal’s actual skin and transforming it, rather than putting two artificial things together, is the most important concept behind the work. The leather I use as skin for the human face is the skin that covered the animal’s face. I attempt to match up sections of skin, for example, using the animal’s eyelids and lashes around the human-looking eyes. I shave the fur so that the viewer might relate to the oily, porous features that we recognize in our skin. The transformation from animal to human is a smooth one, having the animal’s face reflect ours, not only in form and expression, but also, undeniably, in it’s similar skin qualities. I am visually saying that although we have an enlightened existence, we are of wild origin, coexisting members of the animal kingdom.



© Kate Clark - Red Ukachukwu - Not Flinching - 2016 


Your first solo exhibit at Claire Oliver Gallery in New York was in 2008…What happened since then ?

Since then I have been included in solo and group museum exhibitions at the Aldrich Museum of Contemporary Art, The Islip Art Museum, and The Bellevue Arts Museum, the Mobile Museum of Art, MOFA: Florida State University, Cranbrook Art Museum, Frist Center for the Visual Arts, The Winnepeg Art Gallery, the Glenbow Museum, the Musée de la Halle Saint Pierre, Paris, The Art Gallery at Cleveland State University, the Hudson Valley Center for Contemporary Art, the Nevada Museum of Art The Newcomb Art Museum and the David Winton Bell Gallery at Brown University.
My work is collected internationally and is in public collections such as the JP Morgan Chase Art Collection, the 21c Collection, the David Roberts Art Foundation in London, and the C-Collection in Switzerland. I’ve been awarded fellowships from the Jentel Artists Residency in Wyoming, The Fine Arts Work Center Residency in Provincetown, MA., and the Marie Walsh Sharpe Studio Program in New York. I was also nominated for a Louis Comfort Tiffany Award and A USA Fellowship Award and was awarded a grant from The Virginia Groot Foundation in 2013 and a New York Foundation For the Arts (NYFA) Fellowship Award in 2014.
My sculptures have been featured in the Wall Street Journal, New York Times, New York Magazine, Art21:Blog, The Village Voice, PAPERmag, The Atlantic, NYArts, Huffington Post, Hi Fructose, the BBC World News Brazil, Hey! Magazine, Time Out, ID Paris, Cool Hunting, Wallpaper, VICE, Sculpture Review and my work is the cover image for Art ltd. magazine, November/December 2014. In 2015 I was filmed by National Geographic over a 2 month period for a documentary about my work.


Will you come back to France and exhibit your work for the second time ?

I enjoyed exhibiting my work in France and meeting the vibrant Parisian art world. Although I do not have plans to exhibit my work there in the near future, I would be happy for the opportunity.


© Kate Clark - Red Ukachukwu - Lingering - 2016


RETROUVEZ KATE CLARK : 

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    • 2016-05-03 08:48:11
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  • Tags - #art contemporain #mix #fusion #new york #corps #animaux #Visage #Sculpture #mythologie #peau #taxidermie #kate clark #hommes #condition animale #fourrure #argile
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