La grâce au masculin : les Chicos Mambo dansent TUTU à Bobino

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La troupe des Chicos Mambo dirigée par le talentueux Philippe Lafeuille a déjà plus de 200 représentations de TUTU au compteur... Ce spectacle a fait ses preuves et le public est déjà conquis. Du rire aux frissons ces 6 danseurs subjuguent les spectateurs. Les costumes sont magnifiques, la musique est saisissante, les danseurs sont doués et ont plus d'une corde à leur arc. TUTU est un spectacle qui mêle les disciplines : de la danse au théatre ou encore au cirque, le public "n'a pas une minute de répit".
Plusieurs pages chorégraphiques ont été revisitées, détournées ou remises au goût du jour. Philippe Lafeuille, chorégraphe, a mis "la danse dans tous ses états". 
Dans TUTU, il cherche à briser les codes, s'affranchir des clichés et des stéréotypes du danseur. Ce spectacle mêle grâce et virilité avec brio et humour. Philippe Lafeuille "joue sur le mystère, (il) pense qu’on est tous masculin et féminin". 
TUTU s'adresse à tous, il rend la danse accessible. Philippe Lafeuille est, selon lui, un "passeur" et souhaite transmettre sa passion. "TUTU est là pour ouvrir et tendre la main". Néophyte ou spectateur confirmé, ce spectacle vous plaira à coup sûr.

N'attendez plus ! Réservez vos places pour les dernières représentations de TUTU à BOBINO. Si vous ne l'avez pas encore vu cette interview vous convaincra, pour les autres elle vous donnera envie d'y retourner !
Rencontre avec Philippe Lafeuille...
 




Découvrez ou redécouvrez TUTU jusqu'au 30 juin 2016 
à Bobino (14-20 Rue de la Gaité, 75014 Paris)

VOS BILLETS : ICI


© Tous droits réservés Philippe Lafeuille


AUTRE ACTUALITE DE PHILIPPE LAFEUILLE

BOISMORTIER : DON QUICHOTTE CHEZ LA DUCHESSE
à l'Opéra Royal de Versailles le 10, 11 et 12 juin 2016. 
Chorégraphie Philippe Lafeuille 

VOS BILLETS : ICI 





≡ INTERVIEW ≡

La troupe des Chicos Mambo a été créée il y a 20 ans, vous en êtes le directeur artistique et le chorégraphe... Quelle est l'origine de cette compagnie ?
J’ai créé la compagnie il y a 22 ans. J’ai rencontré deux autres danseurs contemporains en Espagne. Là-bas quand tu pratiques la danse contemporaine, tu travailles et répètes beaucoup mais tu ne te produis pas vraiment sur scène. Nous avions envie d’avoir une plus grande proximité avec le public, de faire des spectacles, de prendre du plaisir. Je me suis dit qu’il fallait faire un vrai spectacle : j’ai produit Barcelone, Paris, Caracas (nous étions un français, un catalan et un vénézuélien).


© Kriss Logan


Pourquoi ce nom ?
Chicos Mambo c’était facile. Chicos = les garçons, Mambo = comme la danse : des garçons qui dansent le mambo. Le spectacle commençait d’ailleurs par un mambo. Plus premier degré tu meurs (rires). On voulait vraiment que ce soit simple et direct. Au début ça s’appelait même Chicos Mambo Show, c’était du spectacle grand public. Et puis petit à petit il y a un concept qui s’est mis à l’intérieur. Nous décalions les choses avec l’humour et bien sûr la danse était au centre.
Le plaisir était le plus important.
Des gags célèbres sont arrivés à cause d’erreurs qui ont été faites en scène, par exemple un costume mal mis. Cela a tellement fait rire les gens que nous l’avons gardé. Nous avons commencé de manière insouciante et c’est devenu de plus en plus connu, il y avait la queue, les gens demandaient du spectacle. 
Barcelone a été moteur. Je suis arrivé en 1993, c’était juste après les JO, le monde avait découvert cette ville. Il y avait une effervescence incroyable, cela nous a un peu poussé à faire des choses. Les gens avaient envie. Nous nous sommes professionnalisés peu à peu. La troupe était toujours constituée de trois membres (qui ont changé au fur et à mesure) mais trois est un bon chiffre. Il permet la multiplication des personnages, la pluridisciplinarité.
Le concept danse humour est un concept fort. Mais je l’affine au fur et à mesure des années. Par exemple dans TUTU j’ai mis de la poésie, pas que du rire et du transformisme. J'essaye de suggérer le féminin.


© Tous droits réservés Philippe Lafeuille


Votre dernier spectacle TUTU connait un succès retentissant ! Il a été prolongé et est toujours à l'affiche de BOBINO jusqu’au 30 juin 2016... Comment vous est venue l'idée d'un tel spectacle ? 
TUTU a été tout d’abord une demande faite par un producteur. Il m’a demandé si je voulais de nouveau créer un spectacle avec la compagnie Chicos Mambo (car j’ai une autre compagnie « La Feuille d’Automne » avec laquelle je fais des choses différentes). Pour le projet j’ai choisi l’icône du tutu parce que cela représente bien la danse. Toutes les petites filles qui dansent rêvent d’un tutu. J’essaye de déconstruire cette icône. Dans ce spectacle je parle de la danse et je revisite les grandes pages chorégraphiques comme je l’ai fait dans d’autres spectacles : MéliMélo et MéliMélo 2. Je me suis rendu compte qu’il y avait une espèce de cycle. Tous les 8 ans je fais un spectacle de danse sur la danse. Je réinitialise ma vision de l’art chorégraphique.

Quelles sont, en général, vos sources d'inspiration et dans ce spectacle en particulier ? 
Ma première source d’inspiration c’est la musique. Certains morceaux me donnent des images, me font vibrer. Et même si je ne les utilise pas tout de suite je me dis qu’un jour j’en ferai quelque chose. Dans TUTU j’ai mis beaucoup de musique qui ont un rapport avec la danse : le Boléro de Ravel, le Sacre du Printemps de Stravinsky, La mort du Cygne, pour la danse contemporaine j’ai pris un orchestre qui joue avec des légumes. C’est vraiment la musique qui me guide.
Par ailleurs j’ai écrit le spectacle, pour la première fois. D’habitude je travaille directement avec les danseurs. Pour TUTU j’ai collaboré avec un ami qui est scénariste au cinéma. J’avais toutes les idées et lui tentait de donner un fil conducteur, une dramaturgie.
Avec TUTU, malgré l’humour, il y a quand même quelque chose de pensé. Je construis quand même beaucoup avec les danseurs. J’ai la chance qu’ils soient très créatifs et qu’ils proposent des choses. Je travaille aussi beaucoup avec les techniciens comme les lumières par exemple mais aussi les costumes qui amènent une vraie valeur visuelle.


© Tous droits réservés Philippe Lafeuille

 
TUTU est un nom de spectacle qui nous renvoie à un univers féminin et plutôt « rigide » de la danse classique... Quel lien établissez-vous entre la virilité et la danse ?
Pour moi c’est évolutif. Le danseur classique était toujours derrière la danseuse. Après des chorégraphes sont arrivés notamment Béjart. Il a sorti le danseur de derrière la danseuse et l’a mis torse nu. L’homme était alors viril par essence, il n’était pas caché et se détachait de cette image de la danse classique un peu vieillotte du 18ème siècle.  Ce sont des chorégraphes qui ont joué sur l’ambiguïté. Pour moi l’art est ambigu. On dit souvent d’un danseur qu’il est gracieux, mais la grâce se réfère à la féminité. Dans mon spectacle je joue dessus et je dis souvent aux garçons « c’est par le mouvement que vous devez être féminin et non par des manières ou une imagerie homosexuelle ».
Je joue sur le mystère, je pense qu’on est tous masculin et féminin. Dans Chicos Mambos je veux des danseurs qui n’ont pas peur de leur féminité. D’ailleurs mes danseurs n’ont pas de collants, nous ne cachons pas les poils. Ils sont des hommes sauf qu’ils savent jouer toutes les cordes de la harpe : on peut jouer le féminin, le laid, le beau, le grand, le triste. Pour moi les artistes sont polymorphes.



© Michel Calvalca


Quel message voulez-vous faire passer à travers TUTU ?
On m’a déjà demandé si mon spectacle était un travail sur le genre. Je ne pense pas, mais peut être que je provoque cette question-là. Pour moi la danse est toujours ambiguë. Alors évidemment mettre un garçon avec un tutu c’est drôle mais je ne cherche pas à faire de l’humour facile. J’essaye de trouver des choses raffinées, de faire de l’humour intelligent. 
 



De quelle manière souhaitez-vous lutter contre les clichés à travers la danse ?
J’essaye de décoller les étiquettes. Dans le spectacle il y a une scène où les danseurs assènent des poncifs sur le danseur « est ce que tu fais le grand écart… etc » j’appelle ça le tribunal du danseur. Je dénonce ces poncifs. Pour moi la danse c’est des corps en mouvement. Est-ce que c’est classique, contemporaine, post moderne, avant-gardiste j’en sais rien !
Le corps doit exprimer quelque chose. Pour moi la danse c’est plus global, les gens devraient même danser pour être mieux dans leur vie. 
Dans TUTU j’appuie aussi sur les tics de la danse : nettoyer la poussière de la danse classique ou encore dérider la danse contemporaine... Je veux ouvrir ! Le corps a un langage universel avec des milliers de possibilités. Dans le spectacle on va plus loin que l’humour, je mets le corps dans tous ses états.


© Tous droits réservés Philippe Lafeuille


Sur scène on peut découvrir un savant mélange des genres, entre cirque, comédie et danse... Quelle place/ importance accordez-vous à la pluridisciplinarité dans votre démarche ?
Je voulais des corps différents, pas formatés. Au-delà de l’esthétique, leurs différents parcours artistiques enrichissent le spectacle. Quand je monte un spectacle, tout est permis. Il faut juste que ça ait un sens. Parfois j’utilise les mots, c’est rare que les danseurs parlent. Cela peut casser "le quatrième mur".
J’utilise aussi les marionnettes, le théâtre, le mime, le cirque, les clowns. Dans le monde du spectacle aujourd’hui tout est poreux, tout se mélange. J’aime beaucoup les collaborations et je pense que cela enrichit le langage artistique.


© Tous droits réservés Philippe Lafeuille


Quelles réactions souhaitez-vous susciter chez le public ? 
Je voulais un spectacle très ouvert au public populaire, je n’ai pas peur de le dire. Je suis passé sur le canapé de Michel Drucker, je suis donc estampillé "chorégraphe populaire" et j’aime ça. Je veux parler au plus grand nombre. J’ai un coté passeur, je suis là pour passer quelque chose, j’ai la passion de la danse et je veux la transmettre et dire aux gens que la danse peut leur apporter beaucoup. J’ai mis quelques références dans le spectacle mais pas trop pour que cela reste le plus accessible possible. L’humour est une façon d’amener les gens vers la danse. C’est une façon de la vulgariser.
Parfois on me dit « je n’ai pas les codes »… NON la danse est un art qui est ouvert à tous. L’art parle ou non, il n’y a pas besoin de savoir l’histoire de l’artiste ou du courant.

Il y a plein de gens qui n’ont jamais poussé la porte d’un théâtre car ils pensent que ce n’est pas pour eux. TUTU est là pour ouvrir et tendre la main et je pense que l’artiste aussi. Je suis là pour le public, je veux qu’il soit ému, qu’il rit, qu’il pleure. Ce qui m’importe c’est que pendant une heure et demi les gens passent par plusieurs émotions. Certains sortent et disent « c’est un spectacle qui fait du bien », je suis content d’entendre ça par les temps qui courent. 

De plus, il y a plusieurs lectures de mon spectacle, les personnes qui ont les références le verront autrement. Pae exemple, je fais un hommage à Pina Bausch, beaucoup ne la connaissent pas, certains m’ont dit qu’ils avaient vu « les princesses de Disney ». Chacun ses références il n’y a pas de problème !!!! Les puristes, eux verront Pina et je me fais même engueuler parce que j’ai osé y toucher. Dans le monde de la danse contemporaine il y a des mythes auxquels on ne touche pas. Je m’en moque.



© Tous droits réservés Philippe Lafeuille


Vos pièces tournent dans le monde entier... Comment sont accueillies vos créations ?
C’est toujours bien de sortir et d’aller en province. C’est sidérant parce que c’est toujours complet. Tous les publics sont différents mais tous les publics s’y retrouvent. Ils sont à un moment happés par le spectacle. Une dame m’a dit à la fin « vous ne nous laissez pas une minute de répit » (rires). 
A l’étranger c’est pareil. 
Je pense qu'à Paris aussi il y a des écoutes différentes. Il y a des publics qui sont calmes, d’autres applaudissent tout le temps. Mais tout le monde réagit bien, ils sont souvent surpris au début. Aux Etats-Unis il y a un agent qui, la première fois qu’il a vu le spectacle, m’a dit qu’il n’arrivait pas à le mettre dans une case car je touche à tout. On aime les choses dans des cases, ça rassure.



© Michel Cavalca


Avez-vous des projets en cours, peut-être une petite idée d'une nouvelle création dont vous pourriez nous parler ?
En juillet nous allons aller à Montréal pour le festival Juste pour Rire. C’est important pour nous. Nous en sommes à 210 représentations, je pense que le spectacle a fait ses preuves. J’aimerais bien avoir des retours négatifs aussi, négatifs et constructifs. Je n’en ai pas assez. La saison prochaine on tourne en France et à l’étranger (Espagne, New York, Amérique du Sud). Je pense déjà à une autre création aussi avec peut-être une deuxième équipe. Une en tournée et l’autre pour la création. Cela me fait un peu peur d’ailleurs, mais il faut le faire ça fait travailler des danseurs.
J’ai déjà une idée pour le prochain spectacle, je laisse germer et rendez-vous en 2018. Il faut aussi maintenir le spectacle TUTU vivant. Après 200 représentations ça fatigue un peu et je ne veux pas qu’ils soient mécaniques. Tous les publics ont le droit à la même qualité. Je dynamise les troupes mais elles travaillent très bien.




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    • 2016-06-06 08:12:05
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