Rozenn Le Gall met en exergue l'ambiguïté du pouvoir de l'image

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Rozenn Le Gall est une artiste-collagiste qui créé des histoires à l’aide de papier, d’images et de photographies qu’elle décompose et recompose à sa manière…
A travers une esthétique sophistiquée et épurée, ses oeuvres délicates laissent libre cours à l’imagination et l’interprétation du spectateur. "C’est cette ambiguïté du pouvoir de l'image que je cherche à montrer à travers mes réalisations. Le collage est à mon sens le medium parfait pour ce genre de démonstration" confie Rozenn Le Gall... Interview !


© Rozenn Le Gall 
© Rozenn Le Gall 


Rozenn Le Gall, pouvez-vous vous présenter en quelques mots, quel est votre parcours artistique...
Comment votre intérêt pour le collage est-il apparu et s’est-il développé ? 
J'habite Lyon dans le quartier de la Croix Rousse où je réalise des collages exclusivement sur papier. Je n'ai pas de formation artistique de type académique hormis des cours d'arts plastiques dans mon enfance. Lors de mes études universitaires j'ai suivi plusieurs modules d'histoire de l'art. Par conséquent ma formation est plus théorique que pratique.
Je me suis essayée à diverses techniques artistiques, notamment la peinture, mais les résultats ne me convenaient pas. L'idée du collage s'est imposée peu à peu. J'ai commencé par intégrer des images dans mes peintures afin de leur donner du relief pour finalement abandonner les pinceaux au profit des ciseaux. Mais premières compositions étaient très colorées, foisonnantes d'images, extrêmement surchargées, totalement à l'opposé de mon style actuel.


© Rozenn Le Gall 
© Rozenn Le Gall 
 

Vous réalisez des collages-papiers très éclectiques.
Quelles sont les étapes de votre processus créatif ? 
Le processus créatif démarre avec la recherche d'une image. Cela consiste à feuilleter des magazines, avec une prédilection particulière pour les revues de mode des années 60, 70, pendant parfois des heures ! La difficulté consiste à trouver une photo qui me convienne d'un point de vue visuel, mais qui ne doit pas avoir une identité trop forte. En effet je vais devoir la déconstruire pour la faire mienne, l'extraire de son contexte originel, la découper, la dépecer pour lui donner une nouvelle vie.

La deuxième étape consiste à lui trouver sa moitié, un peu à la manière d'un puzzle. Pour cela je dispose de boites entières d'images découpées. Je vais inlassablement piocher dans ces réserves pour dégoter l'image qui va correspondre. Cette seconde image devra respecter le gamme chromatique, l'échelle et bien sûr être porteuse de sens. Le tout s'achève avec le collage des pièces réunies. C'est une étape technique parfois délicate dans la mesure où je ne travaille qu'avec des photos originales. Un décalage dans le positionnement, une bulle d'air… et le collage est réduit à néant !!!

 
© Rozenn Le Gall - Collages Couleurs
© Rozenn Le Gall - Collages Couleurs
© Rozenn Le Gall - Collages Couleurs
© Rozenn Le Gall - Collages Couleurs


Pouvez vous nous parler de votre série "Animalité", quelle est la genèse de ce projet ?
La série animalité est partie du fait que j'avais envie de travailler sur la dualité entre l'homme, en l’occurrence la femme, et l'animal. Tenter de dévoiler la part de bestialité enfouie en chacun de nous en la mettent en parallèle avec le côte humain que peuvent présenter les animaux. L'idée était de travailler sur la suggestion en laissant au spectateur le choix d'y voir un animal ou un être humain.


© Rozenn Le Gall - Série Animalité
© Rozenn Le Gall - Série Animalité
© Rozenn Le Gall - Série Animalité
© Rozenn Le Gall - Série Animalité
© Rozenn Le Gall - Série Animalité


La figure féminine est omniprésente dans votre travail… 
Pourquoi avoir fait le choix d’axer votre travail autour du sujet féminin ? 
Qu’est-ce que l’art du collage vous permet-il d’exprimer ?
Selon vous, quel est le pouvoir de l’image ? 
La première raison est une raison technique. En tant que collagiste je suis tributaire des images que je trouve. Or il s'avère que les photos de femmes sont extrêmement fréquentes dans les magazines et autres publications. La femme est sur-représentée dans nôtre société.
En tant que femme, il m'a semblé intéressant de présenter ma propre vision de la féminité. Mon propos n'est pas de démontrer ou d'imposer un point de vue, mais plutôt de suggérer en laissant à chacun une marge d'interprétation. Ce n'est pas ce que je pense moi qui est important, mais la façon dont les gens vont s'approprier le collage et l'interpréter selon leur prisme.
Quand je colle un hublot de machine à laver sur un corps de femme, certains y voient une attitude réactionnaire qui ramène la femme au statut de ménagère. D'autres au contraire perçoivent la femme active, lessivée par trop de contraintes. C'est cette ambiguïté du pouvoir de l'image que je cherche à montrer à travers mes réalisations.
Le collage est à mon sens le medium parfait pour ce genre de démonstration. Par avance le spectateur sait que l'image est tronquée, qu'elle est artificielle (à l'opposé d'une photo) mais en l'interprétant, il va lui donner une réalité subjective.


© Rozenn Le Gall 
© Rozenn Le Gall
© Rozenn Le Gall
© Rozenn Le Gall


Vous avez expérimenté de nombreuses collaborations en Europe et aux USA. Pouvez-vous nous parler d’une ou plusieurs collaborations qui vous ont particulièrement marquées ?
Comment se déroule une collaboration ? 
La collaboration entre collagistes est un exercice passionnant. C'est une pratique peu répandue dans le monde artistique. Il s'agit de présenter un travail cohérent à deux mains en gardant sa propre identité. Le processus diffère selon les différents cas de figure. Soit vous commencez le collage (le starter) soit vous le finissez ((le finish).
La première option est à mon sens plus aisée, vous créez une histoire avec le papier et vous laissez à l'autre le soin de la conclure. Dans le cas où vous devez finir le collage, il y a toujours le stress de décevoir l'autre, de ne pas réussir à s'adapter au style, à l’ambiance du collage.
J'ai le souvenir d'une très belle collaboration faite avec un artiste italien dont j'aime beaucoup le travail : Emidio isHere. Emidio m'avait expédié plusieurs starters de grande qualité et je n'osais pas les travailler tant je les trouvais forts. Après quelques jours de tâtonnement le déclic est arrivé. La collaboration a fonctionné et je suis arrivée à un résultat qui nous a satisfait tous les deux ! 


© Rozenn Le Gall - Emidio isHere
© Rozenn Le Gall - avec Allan Bealy, USA
© Rozenn Le Gall - avec Smith Smith, France


Quels sont vos projet en cours ou à venir ? 
Actuellement j'expose une série de collages dans une librairie avec un espace galerie à Lyon.
Je participe à une exposition collective à Londres après l'été.
J’ai réalisé une couverture de EP pour un label de musique espagnol et je continue  à collaborer avec eux.
J'ai des propositions de réalisations de collages pour un fanzine américain.
... Et toujours des collaborations avec d'autres collagistes !

 
© Rozenn Le Gall - Noir et Blanc
© Rozenn Le Gall - Noir et Blanc
© Rozenn Le Gall - Noir et Blanc

© Rozenn Le Gall


 RETROUVEZ ROZENN LE GALL
EXPOSITION EN COURS
 
    • 2016-07-05 10:37:10
    • 2,730 views
  • Tags - #collage #photographie #papier #image #femme #collagiste #Rozenn Le Gall #Années ’60 #Année 70’
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