Les malicieuses créations du photographe Nicolas Boutruche

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C'est dans le cinéma que Nicolas Boutruche a développé son amour pour l’image... celle qui raconte des histoires. Après avoir réalisé pendant 10 ans des films publicitaires, il décide de s’essayer à la photographie. C'est en 2009 qu'il propose une première série sur le thème de l’apesanteur. Puis, six ans plus tard, il entame une deuxième série “Du Voyeurisme au 1/10ème”… 
A travers ses créations, Nicolas laisse sa sensibilité s’exprimer, donnant vie à un monde créatif qu’il qualifie d'"onirique, rigolo et acharné". 
Nicolas Boutruche
 analyse et s’inspire du monde qui nous entoure, puis, assemble ces fragments, ces "tranches de vie" créant des oeuvres complexes et attachantes : ''J’aime observer les gens, dans la rue, dans le métro, seuls, en nombre, chacun dans son propre univers. J'aime nos différences, celles qui font que j'aime le vert et toi le rose'' nous confie-t-il. Rencontre !

 


Du Voyeurisme au 1/10ème "Un de Troie" © Nicolas Boutruche 

 

Nicolas Boutruche, pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours ?
Comment votre intérêt pour la photographie a-t-il vu le jour et s’est-il développé ?

A l’origine, je viens du film. J’ai fait des études de cinéma dans le but de réaliser des long métrages. Quand on rentre sur le marché du travail en tant que réalisateur, on a un passage quasi obligé par la publicité. Je m’y suis un peu perdu… voir endormi. Au bout de dix ans, j’en avais marre de raconter des histoires pour vendre de la soupe ou des couches culottes. Alors j’ai commencé à faire des photos, pour le plaisir, pour raconter de nouveau mes propres histoires… Au début ces images se limitaient au cercle amical et puis un jour, j’ai voulu confronter ça à un regard extérieur, alors j’ai fait une première exposition, puis une deuxième, et ainsi de suite.


"All inn'' © Nicolas Boutruche 
 

Si vous deviez décrire votre univers artistique en quelques mots ? 

Les premiers mots qui me viennent sont onirique, rigolo et acharné.



Apesanteur ''Ponts neufs'' © Nicolas Boutruche 

 

En 2009, vous dévoilez une première série de photographies sur l’apesanteur… pourquoi avoir choisi d’explorer ce thème ?  

Quand j’ai décidé de présenter une première expo, il me fallait un fil rouge, une continuité, une série, je n’avais pas envie de faire un patchwork d’images qui n’avaient aucun lien entre elles. J’ai cherché pendant longtemps ce que je pourrais faire et puis un jour la lumière s’est allumée… Après dire ce qui m’a amené à choisir ce thème précis, je n’en aucune idée, par contre je me souviens avoir voulu faire quelque chose de positif et lumineux, à l’opposé de ce que je pouvais voir chez certains de mes collègues dont le travail était parfois très sombre.


Apesanteur ''Plus besoin de Rideau'' © Nicolas Boutruche 

Apesanteur ''Sixtine Avenue'' © Nicolas Boutruche 

Apesanteur ''Marchande de sable'' © Nicolas Boutruche 


Quelle place la post production occupe-t-elle dans votre travail  ?

ENORME !!!!!!! Ma femme appelle mon ordinateur l’autre femme… Je peux passer des mois sur une seule photo, voir plus d’une année. Bon je fais pas que ça non plus! Mais je sais que certaines de mes images ont demandé un nombre heures pharaonique.


Apesanteur ''Poupées Russes'' © Nicolas Boutruche

 Apesanteur ''Fear And Floating'' © Nicolas Boutruche 


Souhaitez-vous nous parler d’un cliché qui vous tient particulièrement à coeur ?

Chacune des images a sa propre histoire, mais il y en a une qui encore aujourd’hui me touche quand je la regarde, c’est le Gynécée. J’ai fait la cour à ce modèle pendant des mois, je voulais la photographier à tout prix, mais chaque fois, j’essuyais un refus, jusqu’au jour où elle est passée et m’a dit ok je veux bien poser, mais maintenant, demain j’aurai changé d’avis.
Je n’avais rien préparé, c’était horrible pour moi, j’aime bien fabriquer le décor avant de photographier mon personnage, pour mieux placer ma lumière, là il fallait tout faire à l’aveugle. On a fait quelques prises de vues et j’ai bien mis un mois avant de trouver l’ambiance du décor…
Aujourd’hui c’est une de mes images préférées. Une femme m’a un jour demandé pourquoi ce titre ? Je lui ai expliqué que le Gynécée était le seul lieu dans les harems, où les hommes n’avaient pas le droit d’entrer, et que par conséquent un fantasme s’est vite monté autour de cet endroit tenu secret… et qu’avec tout ce mystère autour de lui, ce lieu illustrait une certaine partie de la féminité. Cette femme regarde à nouveau l’image et me dit : Hooo je viens de voir que vous avez glissé le sigle féminin dans l’ombre de la verrière… Je regarde de nouveau l’image, découvre à mon tour ce que j’avais fait sans même m’en rendre compte et lui dit d’un air complice : ça me fait plaisir, vous êtes la première à le voir…


 Apesanteur ''Gynécée'' © Nicolas Boutruche 

 Apesanteur ''Bain de solei'' © Nicolas Boutruche 

 

A travers votre série "Du Voyeurisme au 1/10ème" vous observez les gens et vous vous immiscez dans leurs intimité. Quelle est la genèse de ce projet ?

La série Apesanteur m’a occupé pendant longtemps, près de six ans. Je savais que la suivante serait compliquée à fabriquer. J’ai longtemps cherché une nouvelle idée, quelque chose qui m’enivre autant que l’apesanteur. J’ai essayé plusieurs choses, certaines intéressantes d’autres moins. J’ai fait des tests mais qui ne m’ont pas convaincu.
Et puis un matin, sous la douche, j’ai cette idée de faire des coupes de bâtiments, pourquoi je ne sais pas mais l’idée m’a séduit et je m’y suis lancé à fond et sans retenue, je me suis directement attaqué au Grand Hôtel. Au bout d’un an, j’en ai eu marre, j’ai eu peur de ne pas aller au bout, alors j’ai commencé une autre image en parallèle, une que je pourrais finir plus vite pour m’encourager… J’ai mis huit mois pour faire la caravane.


Du Voyeurisme au 1/10ème ''Emplacement 22'' © Nicolas Boutruche 

Croquis Hotel © Nicolas Boutruche 

 Grand Hotel © Nicolas Boutruche 


Qu’avez-vous souhaité exprimer à travers cette série ?

L’idée que l’on fait partie d’un tout, et que tout seul on n’est rien. J'aime observer les gens, dans la rue, dans le métro, seuls, en nombre, chacun dans son propre univers... J'aime nos différences, celles qui font que j'aime le vert et toi le rose. J'aime aussi découvrir l'envers d'un décor, savoir enfin ce qui se cache derrière telle ou telle porte, tel ou tel mur, telle ou telle personne… c’est une série photographique où le personnage principal est pluriel, où l'architecture et l'humain tiennent un rôle essentiel. C'est une réelle "tranche" de vie...


Du Voyeurisme au 1/10ème "Lanmorin 1931'' © Nicolas Boutruche 

Du Voyeurisme au 1/10ème ''Lanmorin 1973'' © Nicolas Boutruche 

Du Voyeurisme au 1/10ème ''Lanmorin 2010'' © Nicolas Boutruche 


Comment se déroule la création de vos photographies : de l’idée au rendu final ? 

Au départ il y a un dessin assez complet, histoire de préparer le décor et d’évaluer au mieux le nombre de personnes utiles à la prise de vue. Ensuite je fabrique mon décor, à partir de textures et d’éléments que je photographie à droite à gauche. Je construis ensuite les ambiances et lumières pour savoir comment éclairer mes modèles à la prise de vue. Je passe ensuite en studio pour photographier un à un les différents modèles dont j’ai besoin et je termine par détourer et replacer chacun d’entre eux.


Combien de temps vous faut-il pour réaliser un cliché ?

Pour cette série, la plus rapide m’a pris deux semaines, la plus longue un an et demi.


Vous semblez inspiré par nos différences et la complexité de l’homme. Avec votre série "Nak D" vous réalisez un "Puzzle Identitaire". Qu’avez-vous souhaité mettre en avant à travers ce projet atypique  ?

Au départ ce n’était pas un série à part, c’était une continuité du Voyeurisme au 1/10ème. Je voulais couper des gens en deux pour voir ce « qu’ils avaient en eux » et dresser une sorte de portrait matériel de quelques personnes. Mais au final couper quelqu’un en deux n’offrait qu’une petite « ouverture » du coup on ne voyait que trop peu de choses. Mais j’ai aimé l’étape où je « découpais » ce corps et au bout d’un moment, j’en suis venu à cette idée, celle que nous sommes tous plusieurs personnes... celle que nous pensons être, celle que nous aimerions être, mais aussi celle que les autres perçoivent, une personnalité plurielle.
En morcelant plusieurs corps, j'ai voulu donner vie à d'autres individus, dont chaque combinaison offre une nouvelle identité et une nouvelle enveloppe, toutes uniques. Un puzzle identitaire. Pourtant reconsititué à partir des mêmes éléments, ces nouveaux visages révèlent des personnalités bien différentes. Nous sommes tous un fragment de l'autre.

 

NAK D ''Venus" © Nicolas Boutruche 

NAK D ''Ana-son'' © Nicolas Boutruche 

NAK D ''Son-Ash'' © Nicolas Boutruche 



Vos envies, des projets en cours ou à venir ?

Les séries Voyeurisme et Nak D sont très jeunes donc je vais continuer de découper des maisons et d’assembler des corps… Mais je sens aussi renaître l’envie de revenir au film, de m’essayer de nouveau à la fiction.


 Série Du Voyeurisme au 1/10ème © Nicolas Boutruche 


Mot de la fin ?

J’allais dire vilebrequin ou poulie, mais je viens de perdre un copain d’image, alors je vais dire « Mika ».



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    • 2016-08-23 09:59:28
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  • Tags - #photographe #cinema #photographie #photography #image #corps #Nicolas Boutruche #Voyeurisme #Apesanteur #hotel
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