Au coeur du mouvement Hip Hop avec Brahim Bouchelaghem

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C’est à l’âge de 12 ans que Brahim Bouchelaghem découvre le hip-hop à travers une émission de télévision. ''Après avec des copains, on reproduisait ce qu’on avions vu à la télé. C’est ainsi que j’ai commencé'' se confie-t-il.
Le danseur se forme et se perfectionne, participe à des battles et se fait remarquer par Farid Berki qui l’intègre à sa compagnie.Brahim Bouchelaghem 
approfondit son travail d’interprète et connaît une première expérience forte de formateur et d’assistant chorégraphe aux côtés de Mourad Merzouki. Sa rencontre avec Carolyn Carlson qui décide de soutenir son travail de chorégraphe le guide vers la création de la Compagnie Zahrbat en 2007.
Ne manquez pas 
« What did you say ? » au festival d’Avignon du 10 au 20 Juillet 2016.



''Davaï Davaï'' © Photographie de Frédéric Iovino 


Vous avez forgé votre travail d’interprète, de formateur et d’assistant chorégraphe aux côtés de grands noms de la danse comme Farid Berki,Mourad Merzouki ou Kader Attou… De quelle manière votre intérêt pour la culture urbaine et le hip hop est-il apparu et s’est-il développé ?
J’ai découvert la danse hip hop à travers l’émission H.I.P H.O.P. animé par Sydney sur TF1, accompagné du DJ Franck II Louise. Cela passait tous les dimanches. Il y avait des démonstrations. Après avec des copains, on reproduisait ce que nous avions vu à la télé. C’est ainsi que j’ai commencé.
Ensuite, j’ai formé mon groupe dans mon quartier de l’Alma gare à Roubaix. On nous a ouvert des salles pour nous entrainer (merci à Michèle Sabatier)… Je n’étais pas très bon à l’école et la danse est devenue une passion. J’ai participé à de nombreux battle, à cette époque il n’y avait pas beaucoup de breakers dans le nord. J’ai été remarqué par Farid Berki qui m’a engagé dans sa compagnie.
Ensuite, cela s’est fait par le biais de rencontres, de spectacles, de créations. Je vis de ma passion. Je fais de la scène mais j’ai également toujours fréquenté les battles, un retour aux sources, soit en tant que danseur soit en tant que jury… je viens par exemple de participer au championnat de France (Boty France) en mai dernier, mon crew est arrivé en demi finale.
 
Pouvez-vous nous en dire plus sur les grandes étapes de votre parcours ?
Je pense que cela se résume aux rencontres… celle avec Farid, puis Mourad, et Carolyn… Le succès avec Mourad pour « Récital » a été un grand moment, il n’y avait pas beaucoup de spectacles de danse hip hop à cette époque… Puis le grand tournant, avec la création de mon solo Zahrbat et de ma compagnie.

 
''Zahrbat'' © Photographie de Frédéric Iovino 

''Zahrbat'' © Photographie de Frédéric Iovino 


En 2007, vous fondez la Compagnie Zahrbat spécialisée en danse hip hop. Votre méthode de création se base sur ''les expériences personnelles et les carnets de voyage (qui) ouvre(nt) naturellement des portes entre l’artistique et les actions culturelles''.
 Pouvez-vous nous en dire plus sur la démarche artistique développée à travers ce projet  ?
Mon premier désir de création a été de vouloir rendre hommage à mon père qui est décédé lorsque j’avais 9 ans. J’ai fait un premier jet d’un solo en 1996 à Beaubourg, mais le vrai déclic a été lors d’une création en Algérie, alors que j’étais assistant de Mourad Merzouki sur le projet Mekech Mouchkin en 2003. J’ai pu me rendre pour la première fois sur la tombe de mon père enterré en Kabylie. Mon premier solo est né ainsi « Zahrbat » inspiré de ma vie personnelle et créé en 2004 – il tourne toujours à ce jour. Je traduis sur scène ce que je vois, ce que je ressens… Si je le ressens, si cela me questionne, j’ai alors l’impression d’être vrai et que mon message au travers de mes pièces l’est également.


 ''El Firak'' © Photographie de Frédéric Iovino  


Quel rôle Carolyn Carlson - danseuse, poétesse et calligraphe américaine - a-t-elle joué dans l’épanouissement de cette compagnie ?
J’avais créé mon solo « Zahrbat » mais je n’avais pas ma compagnie. J’avais d’autres projets en tête.
Des collaborateurs de Carolyn Carlson, alors directrice du CCN de Roubaix, sont venus voir « Zahrbat » lors du festival de Montpellier en 2006. Ils ont organisé une rencontre entre Carolyn et moi… Quand Carolyn m’a vu danser, elle m’a dit « Tu es un danseur poète », cela l’a touché… tout naturellement elle m’a ouvert les portes du CCN de Roubaix et offert un compagnonnage à ma compagnie tout juste créée, pendant 3 ans.
J’étais libre d’avancer sur mes projets avec son soutien et l’aide de son équipe. Elle n’est jamais venue me voir travailler en studio, elle me disait « j’ai confiance »… elle m’a cependant beaucoup inspiré pour le développement de ma gestuelle, principalement autour du mouvement des bras.


  ''Davaï Davaï'' © Photographie de Frédéric Iovino  


Pouvez-vous nous en dire plus sur ces ''carnets de voyages'' ?
Ma deuxième pièce « El Firak » est née suite à un voyage en Palestine. « Davaï Davaï… », pièce que j’ai créé pour 9 danseurs russes, est une carte postale sur Saint Pétersbourg où se sont déroulées les répétitions dans laquelle j’ai inclus des tranches de vie des danseurs.


 Trailer ''Davaï Davaï !'' © Compagnie Zahrbat


Souhaitez-vous nous parler d’une action culturelle qui vous tient à coeur ?
En 2012, j’ai créé une pièce en hommage à ma mère « Hiya ». Elle n’a pas eu la vie facile et n’avait pas son mot à dire. La pièce était programmée au Phénix de Valenciennes et je menai un projet d’ateliers sur Valenciennes. J’ai choisi alors deux groupes : des jeunes danseurs amateurs hip hop et un groupe de femmes d’un centre social. J’ai travaillé sur une restitution avant la présentation de mon spectacle, en redonnant la parole à ces femmes qui ont travaillé avec un slameur Karim Feddal et en les mettant en avant dans le public. Elles ont toutes joué le jeu, slamé leur texte et dansé avec les jeunes… C’était un moment fort.


''Sillons" © Photographie de Frédéric Iovino
 

En 2014, vous choisissez d’explorer la notion d’espace à travers votre création ''Sillons''. « Entouré de cinq danseurs issus de techniques différentes, (vous) sillonne(z) le plateau avec ardeur, le piétine(z), le décompose(z), le traverse(z), le presse(z) jusqu’à en extraire le sens. » Quelle est la genèse de ce projet ? 
Encore une fois c’est venu d’une expérience. Je présentais mon solo « What did you say ? » à Londres et la représentation était suivie d’une conférence. Une des spectatrices m’a demandé comment je faisais pour manger l’espace. Sur le coup, je n’ai pas compris sa question. Ensuite j’ai réalisé qu’elle parlait de la manière dont un seul danseur pouvait occuper tout l’espace scénique avec son énergie et son mouvement. De retour en France, la question de l’espace a commencé à me titiller et celle de l’énergie… c’est ainsi qu’est né « Sillons ».
 
Comment l’orchestration des 5 danseurs s’est-elle déroulée ?
J’avais organisé un laboratoire sur 2 jours car je n’aime pas les auditions, pour trouver les danseurs qui pourraient correspondre à ce projet. J’avais déjà quelques idées bien définies et je cherchais des  personnalités fortes et singulières, avec des énergies et techniques différentes. Le groupe s’est formé ainsi.
Dans les premiers jours de résidence, chaque jour un danseur donnait le cours le matin, ce qui a permis, malgré les différences de technique, de créer un en commun, très important pour moi. L’après-midi, on travaillait sur des improvisations sur des thématiques définies. Je voulais vraiment qu’on puisse ressortir l’énergie de chaque individu sur le plateau mais également le groupe partageant ce même espace scénique.


Trailer ''Sillon''© Compagnie Zahrbat 


De quelle manière avez-vous appréhendé l’espace ?
Je voulais que le plateau, la scène prenne vie. J’ai travaillé à la fois sur l’énergie des danseurs afin de rendre visible l’espace mais également sur la composition et la scénographie.  Le plateau est à nu, ce qui laisse un large champ de vision et permet de découvrir tout l’espace. La scénographie est composée de tapis de danse qui prennent forme afin de rendre du volume, une pente, un lès de tapis qui monte, un mur, une frise suspendue. Ce qui m’intéressait, c’était de prendre l’énergie que l’on retrouve sur tous les tapis. Effacer pour recommencer, comme l’ardoise magique que nous avions lorsque nous étions petits.
 
Quelles sensations souhaitez ou pensez-vous susciter ?
Ça je le laisse aux spectateurs, à eux de se créer leurs images et voyages.



''What Did You Say'' © Photographie de Frédéric Iovino

 
Vous avez choisi de présenter ''What did You say'' cet été au Festival d’Avignon. Seul sur scène, accompagné de la voix et des poèmes de Carolyn Carlson, vous évoquez votre parcours…
Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet et pourquoi a-t-il vu le jour à ce stade de votre parcours ?
Cela date de la rencontre avec Carolyn lorsqu’elle m’a dit que j’avais de la poésie dans ma danse. Je souhaitais comprendre pourquoi elle m’avait dit et comment abordé cet aspect de ma danse. Je lui ai demandé des poésies qui pouvaient me décrire…elle m’a donné à la base 4 poèmes et cela a été le point de départ de « What did you say ? », puis 8 poèmes qui donnent la version que je présente à Avignon.
Cela retrace mon parcours via la poésie de Carolyn, c’est un dialogue avec elle… Je suis seul sur le plateau, mais en réalité elle est toujours avec moi.


Trailer '' What Did You Say '' © Compagnie Zahrbat


Quel a été votre mode opératoire pour réaliser cette performance ? 
Carolyn m’a non seulement écrit les poèmes mais elle les a calligraphiés sur de longs papiers blancs qui défilent pendant le solo et elle a également prêté sa voix. Je me suis inspiré de tout cela, non seulement le sens mais également le rythme de la poésie. C’est drôle car quand j’ai commencé à travailler sur ce solo, je n’étais pas très fort en anglais et malgré tout j’arrivais à comprendre au-delà des mots.
 
Quel lien établissez-vous entre la poésie et la danse ?
J’y vois dans l’un et dans l’autre tout l’espace libre d’interprétation.
 
Quels sont vos projets en cours ou à venir ? 
J’ai beaucoup de projets ! Actuellement, je travaille sur un solo pour les 20 ans de la compagnie Kafig, il sera présenté avec 6 autres solos de 6 autres danseurs de la compagnie Kafig, les anciens, le tout mis en scène par Mourad Merzouki. Cela sera présenté à Créteil et à la Maison de la Danse de Lyon cet automne.
Je commence également une création pour des danseurs ukrainiens, je pars fin aout à Kiev pour la première résidence. Les premières auront lieu à Kiev en février 2017…
J’entamerai ensuite une nouvelle création pour 10 danseurs. Et bien sur les routes pour les tournées !
Et parallèlement, je développe le projet du studio 28, lieu de la compagnie à Roubaix, avec des cours, des entrainements, des résidences.
 
Petit mot de la fin ?
Venez voir « What did you say ? » à Avignon du 10 au 20 juillet à 18h au CDC les Hivernales (relâche le 15 juillet).


 ''What Did You Say'' © Photographie de Frédéric Iovino
 
 
RETROUVEZ BRAHIM BOUCHELAGHEM & LA CIE ZARBHAT : 
 
 
    • 2016-07-04 10:38:42
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  • Tags - #danse #hip hop #avignon #Festival d'Avignon #mourad merzouki #kader attou #farid berki #battle #Brahim Bouchelaghem #Compagnie Zahrbat #Carolyn Carlson
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