Un pas de danse vers l’altérité avec Aurélien Dougé

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A travers ses spectacles, performances et installations, le danseur, chorégraphe et directeur artistique Aurélien Dougé interroge la place, les usages et les représentations du corps dans notre société.

En 2014, Aurélien Dougé créé Inkörper Company qu'il imagine comme une plateforme pour la création artistique tournée vers la rencontre et l'altérité, à travers les nombreuses collaborations avec artistes, techniciens et penseurs, d’expériences et de sensibilités diverses. "L’idée est de véritablement provoquer la rencontre et la confrontation d’idées, d’univers pour proposer au public des oeuvres esthétiques et sensorielles singulières"...

Découvrez DarkRise le 7 octobre 2016 au Festival Assemblages
à Troinex (Suisse)




Blessed Unrest ©Julien Benhamou - Inkörper Company 


Vous vous êtes produit sur les plus grandes scènes du monde notamment dans des chorégraphies de Mats Ek, Benjamin Millepied, Joëlle Bouvier, Andonis Foniadakis, Emanuel Gat, Marco Goecke…
De quelle manière ces collaborations ont-elles rythmé votre parcours ? 
Une rencontre ou une expérience qui vous ait-elle particulièrement marquée ?
J’ai eu la chance inouïe de travailler avec de nombreux chorégraphes et de m’être produit un peu partout dans le monde. Toutes ces rencontres et tous ces voyages se sont faits dans le cadre de mes engagements successifs au Ballet de Biarritz (France), à l’Opéra de Leipzig (Allemagne), à Norrdans (Suède) et au Ballet du Grand Théâtre de Genève (Suisse).
Certaines expériences m’ont marqué plus que d’autres mais toutes ont façonné le chorégraphe et le directeur artistique que je suis aujourd’hui. Car mon parcours s’est construit autour d’un double projet : être danseur pour devenir chorégraphe.
D’une certaine façon j’ai appréhendé le fait d’être interprète comme une étape pour apprendre et définir ma vision et mes méthodes de travail de créateur.
Si je dois vous parler d’une expérience marquante ? Marco Goecke est assurément la personnalité qui m’a le plus captivé par sa sensibilité et pour son talent à engager dans son univers et son écriture si singulière. C’est un grand artiste.



Blessed Unrest ©Julien Benhamou - Inkörper Company


Parallèlement à votre parcours d’interprète, vous développez vos propres recherches chorégraphiques. En 2014 vous fondez Inkörper Company : « une plateforme pour la création artistique tournée vers la rencontre et l'altérité ».
Quelle démarche artistique développez-vous à travers cette compagnie ?
Où puisez-vous votre énergie créatrice, quelles sont vos sources d’inspirations…?
Effectivement tout au long de mon parcours j’ai développé mes propres expérimentations et en 2014 j’ai mis un terme à ma carrière de danseur pour me consacrer à la création. J’ai fondé Inkörper Company avec l’envie de favoriser les écritures croisées. En ce sens les projets que je mets en place ne se réduisent pas à la fabrication de spectacles ou de performances mais s’ouvrent à la photographie, la vidéo et l’installation avec toujours le corps comme élément fondamental.
Je convoque et collabore avec des artistes, des techniciens, des penseurs, d’horizons, d’expériences et de sensibilités diverses. L’idée est de véritablement provoquer la rencontre et la confrontation d’idées, d’univers pour proposer au public des oeuvres esthétiques et sensorielles singulières.

Ma dynamique créative passe inéluctablement par le filtre du collectif, j’aime profondément le temps de fabrication ou le groupe, dans le dialogue, se nourrit de chacun de ses membres pour faire surgir un travail commun.
Mes sources d’inspirations sont multiples. Si l’art contemporain dans toute ses formes - la photographie particulièrement, je suis un addict des tumblrs – stimule ma créativité, mes projets sont d’abord issus de ce que j’observe, de ce qui me questionne et ce sur quoi je me documente dans la vie de tous les jours.
Mes premières créations proviennent de réflexions sur le corps, sur sa place, ses usages, ses représentations dans nos sociétés contemporaines. Mon regard s’ouvre aussi aujourd’hui à d’autres problématiques et je travaille actuellement sur nouveau cycle de recherches et de propositions, consacré à l’homme et son impact sur son environnement. Deux projets sont actuellement en cours de fabrication WHITE SPIRIT, une vidéo danse que je conçois avec un fidèle collaborateur Julien Tarride, chercheur de musiques et d’images et une performance autour du « Sacre du printemps » de Stravinsky prévue au printemps 2017.



Tool Nuit Blanche Paris 2015 - Point Ephemere ©Julien Benhamou
Tool Nuit Blanche Paris 2015 - Point Ephemere ©Julien Benhamou

Tool Magasin Spree Paris ©Aurélien Dougé


Vous investissez les plateaux de théâtres, galeries, vitrines de magasins, musées, places publiques, parcs… Voici des lieux bien surprenants, qu’on ne rattache pas communément à la danse !
Pouvez-vous nous expliquer ces choix et nous parler du projet "Tool#x", dansé dans des vitrines ?
Quel lien ce projet permet-il de tisser avec le public… et quelles réactions a-t-il suscité ?
Le fait d’investir des lieux à priori non destinés à la danse répond d’abord à une contrainte. Trouver les ressources pour créer et présenter son travail est de plus en plus complexe pour une compagnie indépendante. Cette saison encore de nombreuses institutions ont réduit leur programmation et leurs aides de coproductions, les créateurs émergents sont les premiers à subir les baisses de subventions. Pour réussir à exister et se faire une place dans le paysage culturel il est donc primordial d’inventer des projets hybrides qui peuvent constamment s’adapter pour aller dans différents espaces.
« Tool#x », l’installation chorégraphique pour vitrines de magasins et lieux inhabituels que j’ai créée en novembre 2014 dans une grande enseigne à Genève répond à cette obligation avec la particularité que le projet joue spécialement de l’ambigüité sémantique et visuelle du mannequin.
La surprise que nous avons créée, les réactions des passants souvent perturbés, déconcertés m’ont profondément marqué et m’ont incité à mener un véritable travail sur les modalités de représentations et les formes d’adresses.
J’ai l’intention aujourd’hui d’investir et d’utiliser des lieux que je n’aurais a priori pas abordés. Sortir des sentiers battus est un exercice périlleux, il faut dès la conception du projet et pendant toute la fabrication penser à la technique et à la scénographie qui doivent rester légères. C’est parfois frustrant mais cela pousse à la créativité et permet d’aller à la rencontre de tous les publics.



Blessed Unrest - la performance
interntional competition for choreographer Hanover 2016
©Joachim Puppel
Blessed Unrest - la performance
interntional competition for choreographer Hanover 2016
©Joachim Puppel

Blessed Unrest - la performance - NOMAD galerie 2016
©Julien Benhamou


Dans "Blessed Unrest - la performance" les thématiques de l’amour, de la vie et de la mort s’entrecroisent… 
Quelle est la genèse de ce projet et pouvez-vous nous en dire plus sur votre collaboration avec Julien Benhamou (photographe officiel du Ballet de l’Opéra de Paris) ?
« Blessed Unrest – la performance » a été créée le 24 mars dernier dans le cadre du vernissage de la première exposition de la série photographique éponyme que je conçois depuis 2012 avec Julien Benhamou.*
Pour « Blessed Unrest – la performance » j’ai repris le concept sur lequel nous travaillons avec Julien, à savoir le corps confronté aux éléments pour dialoguer sur sa fragilité, avec le désir de proposer aux spectateurs une expérience rare. Le public qui prend place tout autour d’un tas de fleurs fraiches posées sur une surface réfléchissante, espace où j’évolue avec la danseuse Elena Thomas, se trouve dans une réelle proximité, une intimité avec la danse. Il est invité à découvrir le corps dans ses articulations les plus fines, le mouvement physique dans la puissance des muscles et l’élasticité de la chair.



Blessed Unrest ©Julien Benhamou - Inkörper Company


Pouvez-vous nous parler de l’ambivalence générée par les 2 danseurs… et du rythme de la performance ?
Quel a été le ressenti du public lors de cette « expérience » ? 
Une fois encore, j’ai creusé la notion de lenteur qui m’est chère. La lenteur crée l’impatience, pourtant elle permet ici de révéler toute la magnificence de notre organisme et concours à élever une certaine tension. Car derrière les figures voluptueuses des deux corps en fusion se dresse une situation ambivalente. Inspiré par certaines sculptures d’Auguste Rodin j’ai cherché à présenter des corps lourds, pesants, fragmentés qui dans leurs trajectoires produisent des visions et multiplient les lectures possibles. « Blessed-Unrest - la performance » est une véritable cérémonie visuelle, olfactive et sensitive et au regard de mes discussions avec le public à l’issue de chacune des représentations je peux vous dire qu’il y autant de ressentis et d’interprétations que de spectateurs.
* L’exposition BLESSED UNREST organisée en partenariat avec la NoMad Galerie est visible jusqu’à fin août à l’espace de co-working La Compagnie situé 5 rue Taylor 75010 Paris.


D A R K R I S E - Teaser from Inkörper Company on Vimeo


Votre spectacle « DarkRise » est un hommage à votre tante. Seul sur le plateau, vous traitez des transformations du corps, de "la force et la fragilité de l’individu face à la précarité de la chair".
« DarkRise » exprime le fait de sortir de l’obscurité… pouvez-vous nous en dire plus ?
« DarkRise » est effectivement une pièce en hommage à ma tante qui a lutté de nombreuses années contre le cancer. Ce solo est né de nos échanges et du désir de l’accompagner dans son combat avec la volonté de m’intéresser aux différents états physiques et psychologiques dans lesquels propulse la transformation. J’ai imaginé l’ensemble de la proposition visuelle à partir d’éléments symboliquement rattachés à l’histoire du corps. L’écriture de la danse s’est donc faite dans la confrontation avec des matières comme la fumée ou la poussière, et à l’intérieur d’un espace extrêmement plastique où la lumière est un élément fondamental. Quand je parle de lumière il est forcément question d’ombres car oui « DarkRise » c’est s’élever de l’obscurité. Toute la dramaturgie du projet s’appuie sur l’idée défendue par Michel Foucault : c’est en approchant la mort que l’homme redécouvre la vérité sur son corps, qu’il perçoit sa présence éphémère sur la terre et qu’il discerne alors l’éclat de la vie. 



DarkRise ©Julien Benhamou - Inkörper Company

DarkRise ©Julien Benhamou - Inkörper Company

DarkRise ©Julien Benhamou - Inkörper Company


Le son oscille entre electro-expérimentale et musique baroque… pouvez-vous nous parler de ce choix ? 
En ce qui concerne la bande son je dois dire qu’elle s’est d’abord construite par intuition. J’ai sélectionné chaque morceau en fonction de ce qu’il me procurait intérieurement et de ce qu’il occasionnait dans mon imaginaire. Toute la difficulté a été de les assembler. Avec l’équipe artistique - Yu Otagaki, assistante à la chorégraphie, Rosemonde Arrambourg, éclairagiste Caroline Bault, costumière et Julien Tarride, compositeur qui signe une partie de la création sonore ainsi que l’arrangement musical dans son ensemble – nous avons cherché à ce que les liaisons et leurs temporalités se façonnent par des effets tant visuels que sonores. Ainsi dans « Darkrise » tout se transforme et évolue par interaction ; c’est je crois de là que découlent la force et la poétique du spectacle. 



DarkRise ©Julien Benhamou - Inkörper Company


Quels sont vos envies, projets pour la suite ?
Au regard de mes activités d’artiste et de directeur de compagnie, je dois dire que mes envies, mes projets concernent avant tout l’essor d’Inkörper Company.
Si je prépare actuellement les prochaines tournées et œuvre sur la réalisation des deux nouvelles créations évoquées précédemment – la vidéo danse « White Spirit » et la performance « Sacre » - je dois avouer qu’Inkörper Company ne pourra développer ses projets sans la confiance et le soutien de nouveaux partenaires tant publics que privés. Réunir les conditions économiques et matérielles appropriées pour la création et le travail d’équipe est un combat que je mène chaque jour avec passion, motivation, obstination par des tâches d’organisation, d’administration, de communication ; vouloir défendre et favoriser la rencontre, l’échange, le partage d’idées et de points de vue est une véritable lutte au quotidien.



Blessed Unrest ©Julien Benhamou - Inkörper Company



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Prochaines dates de représentations et événements : 

DarkRise
25 septembre 2016 – Swiss Dance Week / St Petersbourg – Russie
7 octobre 2016 – Festival Assemblages / Troinex – Suisse
26 janvier 2017 – Festival 30/30 / Bordeaux – France

Blessed – Unrest - la performance
10 juillet 2016 – Galerie de la Chapelle / Lancy – Suisse
 
Blessed – Unrest / Série Photographique
Jusqu’au 31 aout 2016 – NoMad Galerie/ La compagnie / Paris – France

  • Artist UP
    (hôte)
    • 2017-04-17 17:30:40
    • 1 648 views
  • Tags - #creation #danse #compagnie #performance #chorégraphe #Aurélien Dougé #Inkörper Company
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