"L’Etoile du Jour" : rencontre avec la réalisatrice Sophie Blondy

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L'ETOILE DU JOUR. 
Là où la magie n’est plus illusoire...
Le nouveau film très attendu de Sophie Blondy réunit un casting exceptionnel, qui forme une alchimie surprenante et décalée avec Denis Lavant, Tchéky Karyo, Béatrice Dalle, Natacha Régnier, Bruno Putzulu et l'icône du rock Iggy Pop...
L'Etoile du jour est sans aucun doute, l'un des grands films de cette année, un bijou d'esthétisme, qui explore et lève le voile sur les émotions profondes et universelles... En plein coeur d'un cirque itinérant posé quelque part entre terre, mer et ciel sur le littoral de la côte d’Opale, on y découvre tous les enjeux de la vie en quelques jours, entre quelques personnages.
Bouleversant, déstabilisant, incroyable et insolite... Dès les premières séquences on rentre soudainement dans une autre dimension... tout en ressentant "L'intensité du sentiment vrai". 
Sortie en salles le 28 septembre 2016 !
Rencontre avec la réalisatrice Sophie Blondy qui signe un rêve filmé sur les terres de son enfance.




Danseuse chez Maurice Béjart à l’Ecole Mudra, vous êtes aujourd’hui réalisatrice et scénariste. 

Quelles ont été les étapes clés de votre parcours et quel lien établissez-vous entre vos différentes pratiques artistiques ?
La vie par elle même est initiatique et tout agit sur tout. Tout est en lien permanent. La danse - c'est la rigueur, le dépassement de soi, la discipline qui permet l'envol.
Je rêvais de danser chez Béjart, de rentrer à Mudra. Je me suis battue, j'ai beaucoup maigri, beaucoup travaillé, je n'ai pas lâché et j'ai été admise. Le rêve s'est réalisé durant deux années inoubliables.
Je rencontrais aussi des étudiants de l'école de cinéma de Bruxelles, je jouais dans des courts-métrages, j'observais, j'apprenais en parallèle avec eux le dimanche.
Le parcours est fait de rencontres, de surprises, de quêtes, de détours, de retours, de bonheurs, de chagrins, pour tout le monde... et cette première étape chez Béjart reste fondamentale dans mon parcours.
 
Votre expérience de danseuse a-t-elle influencé votre travail de réalisatrice ? 
Tout influence tout...
Mon maître de danse me disait que ma caméra est "très chorégraphique".
J'ai appris à danser avant de savoir marcher. Béjart disait qu'il avait appris à danser en regardant le vent dans les nuages, en observant les enfants courir, en regardant sa grand -mère faire la soupe. Tout est mouvement, tout est donc danse… Et le cinéma, c'est la vie en mouvement, même en plan fixe.
Nietzche a beaucoup cité la danse, il disait : "Je ne voudrais pas d'un Dieu qui se sache pas danser"…
 

L'Etoile du jour © Tous droits réservés


Comment abordez-vous un film lorsque vous allez au cinéma... sur quoi porte votre regard ?
Je me laisse porter. Mon regard redevient vierge et j'ai bien heureusement gardé la capacité de m'émerveiller. Je vais voir des films très différents, je suis curieuse.
La salle obscure, l'écran qui s'éclaire… et le voyage commence, on  rentre dans une histoire, un univers apparaît. Le cinéma, c'est la Magie.
 
Y a-t-il des films, des réalisateurs qui vous ont inspirés, donnés envie de faire ce métier ?
A 7 ans , j'ai découvert "La Strada" de Fellini, une vraie révélation. Ce film est vivant dans mon coeur à tout jamais.
Plus tard… Ferreri, Ettore Scola, Truffaut, Godard, Vigo, Dreyer et tous les grands maîtres grâce au Cinéma de MINUIT que je regardais en cachette…
"L'aurore" de Murnau…! Le chef d'oeuvre ! Et aussi Jacques Demy, Claude Lelouch dont le cinéma m'a tellement aidé à vivre. Maurice Pialat reste une force éternelle.
En arrivant à Paris, j'ai découvert le cinéma de Robert Bresson et j'ai eu le bonheur de le rencontrer. L'écouter était un privilège rare… Chaque mot résonnait en lumière. J’étais très jeune et commençais à faire des films super 8, je lui projetais sur son mur blanc. Il m'a encouragé à continuer. Son livre "Notes sur le cinématographe" est toujours dans ma poche…
Tous ces cinéastes sont des penseurs, des inventeurs, des visionnaires. J'aime beaucoup aussi le cinéma de Carax et de jean Eustache, Ken Loach… J’en oublie, forcément...



L'Etoile du jour © Tous droits réservés


Quelques mots sur le tournage… 
Vous avez choisi de réaliser ce film au coeur de paysages familiers du Nord-Pas-de-Calais. 
Quelle dimension souhaitiez vous apporter au film en choisissant cette région ?
J'aime cette région, "Le plat pays" comme disait BREL. Les horizons des plages infinies, le vent, la pluie, les lumières. Une authenticité qui me touche particulièrement aussi chez les habitants. Toute l'équipe était heureuse de tourner là bas et l'air pur et vif nous a porté...
Je suis aussi originaire de cettrégion. Jy ai passé une grande partie de ma vie, tout comme ma famille. Cest donc un lieu que je connais et qui a tenu et tientoujours un rôle affectif important dans ma vie…
 
Vous insistez sur les visages, les paysages, la mise en lumière... le tout faisant ressortir une ambiance très intense.
Comment décririez-vous votre façon de filmer ?
C'est très délicat de décrire sa propre façon de filmer... disons que je travaille en intuition et en énergie.
Cela peut paraître particulier, mais je me laisse "guider" par le film qui est une entité en soi et je me dois d'être fidèle au film qui naît jour après jour, minute après minute.
Je suis donc très à l'écoute, toutes antennes sorties, absolument concentrée.
 
Comment s’organise le tournage, entre caméra libre et plans fixes ? 
Tout se prépare sur un tournage, c'est très rigoureux et de là peut naître l'imprévu qui nous cueille et nous porte tous. C'est comme quand on prépare un long voyage... Tout est planifié  mais on ne sait pas se qui va se passer, c'est ça qui est magique. 
Faire un film c’est "S'engager corps et âme", en tout cas pour moi...
La caméra elle, est vivante , vibrante. Elle exprime la pensée du propos, l'expression intime du personnage.
Elle capte tout : le visible, l'invisible… c'est le sérum de vérité que l'on ressent et même de façon inconsciente quand on regarde le film.



L'Etoile du jour © Sophie Blondy


Quelle a été l’ambiance sur le tournage ?
Nous avons eu beaucoup de contraintes, cela est difficile et stimulant. Cela a dépassé l'idée de tourner un film.
"L'étoile du jour" nous a unis, désunis, réunis... Nous étions comme sur un bateau en pleine mer et personne n'a quitté le navire... (si ce n'est le producteur initial). J'ai donc repris la barre et suis devenue le capitaine. 
Les acteurs et beaucoup des techniciens ont été très impliqués et cela m'a beaucoup soutenue. Tchéky Karyo en tête. Je n'oublierais jamais son soutien à travers les tempêtes.
 
La scène la plus difficile à tourner ?
Rien n'est jamais acquis et donc chaque séquence représente un défi, une difficulté à dépasser.
Toutefois, la dernière séquence dans le cirque, où les clowns humilient Heroy, le monsieur Loyal, a été plus complexe à tourner. Peu de temps, beaucoup de tension et c'est là que l'histoire bascule...
  
La scène qui vous a le plus marquée ?
Je tente d' aller toucher le coeur de chaque séquence avec la caméra.
Je suis marquée au fer rouge par chaque séquence, chaque instant tourné…
Le Film entier vit en moi et j'en connais chaque respiration.
Le moment de la prison ou Elliot, désespéré, se strangule, a été un moment très fort. Denis LAVANT y est remarquable.
Je revois aussi la première apparition de la "Conscience", interprétée par IGGY Pop, en haut des dunes... 
C'était incroyable, insolite... On rentrait dans le rêve soudainement... un autre dimension.


 L'Etoile du jour © Guillaume Bounaud

 
Dans votre film réalité et dimension fantastique se rejoignent… pour autant, on distingue les deux facettes. 
Etait-ce volontaire ?
Evidemment...! C'est un choix. Dans la vie, il y a souvent ces deux dimensions qui se côtoient en permanence. On vit une situation et des pensées nous envahissent soudain, des souvenirs, des désirs. Cest cela que j'ai filmé. Cette dimension invisible.
 
Selon vous, quelle est la place de la magie dans le monde contemporain ?
La magie est présente, encore faut-il pouvoir la capter. Notre société ne nous incite pas à la découvrir. Nous vivons dans un monde très matérialiste, expéditif et lucratif.
C'est pourquoi je regarde beaucoup les enfants qui sont en prise directe avec la vraie vie... ils ont le don de s'étonner, ils découvrent à chaque instant et se réjouissent… Ils" jouent"....
 
Comment s’est passée l’écriture du scénario avec Philippe Benkemoun ?
Nous avons été très complémentaires. Philippe est très dynamique et synthétisait les rêves que j'avais. Philippe est passionné, inventif, généreux et il m'a beaucoup aidé à construire ce scénario.


L'Etoile du jour © Sophie Blondy


Et si nous parlions d’amour…
Pouvez-vous nous en dire plus sur ce quatuor, qui se distingue des triangles amoureux classiques ?
L'amour est mystérieux. On ne peut lutter contre ses sentiments.
Il peut être complexe quand on s'écarte du sentiment pur… et que nous commençons à calculer. On ne peut "posséder " personne, Héroy l'apprendra, Zohra aussi... Je pense que l'amour est plus fort que tout… quand il est vrai et évident. 
Le lien qui relie deux personnes a son existence pure. Même si on sépare deux personnes, on ne peut détruire ce lien. Elliot et Angéle sont reliés à jamais et la distance n'y fera rien.
 
Quel conseil pourriez-vous donner à Elliot pour garder son grand amour et à Zohra pour le conquérir ?
Je n'ai aucun conseil à donner... peut-être juste celui d'être Vrai... c'est la force. Comme me disait ma belle amie et grande actrice Annie Cordy : « Quand on est vrai, on traverse tout ».
 
Quelle intensité avez-vous souhaité donner à ce long métrage ?
L'intensité du sentiment vrai.
 
La force du film réside sans aucun doute dans le casting exceptionnel…
Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre travail avec les acteurs ?
C'est un grand privilège d'avoir pu diriger des acteurs et artistes de cette dimension.
La première personne à laquelle j’ai pensé était Denis Lavant,  une rencontre naturelle et très enrichissante. 
Puis très vite, l’idée d’Iggy Pop comme Conscience, « moi suprême », fit son chemin. Quand on prépare un film, les idées s’imposent à vous, tout comme les acteurs. On se réveille un matin et on se dit : oui, c’est lui. Pour Iggy Pop, c’est suite à une affiche vue dans la rue. Ce fut comme un flash, une révélation, une évidence flagrante et fulgurante. Cette même forme d’évidence que l’on retrouve en amitié ou en amour, lorsqu’on sait instinctivement qu’il s’agit de la bonne personne.
Je connaissais Tchéky Karyo depuis plusieurs années et l’idée de lui confier le rôle d’Heroy, le directeur du cirque s’est imposée à moi.
Il en fut de même pour Natacha Régnier et sa pureté lumineuse... et aussi pour les autres acteurs comme Bruno Putzulu qui incarne avec majesté Zéphir, le magicien. C’est étonnant comment tout ce processus s’est mis en route, ce côté initiatique et mystique. Ceci donne lieu à des moments magiques, illuminés par des coups de pouce de la vie qui vous permettent de croire que tout est possible. 
Je suis très sensible aux signes de la vie. Un jour, rêvant au rôle de la gitane, le visage de Béatrice Dalle m’ est apparu : sa force, sa beauté et son talent. Un peu plus tard dans la journée, un ami m’a tendu un magazine dont Béatrice Dalle faisait la couverture.
J’ai pris ça comme une confirmation, une évidence. Des évidences donc, comme si nous étions guidés. Comme dit Goethe « faire le premier pas en avant et laisser la providence éclairer le chemin». Il faut se donner l’autorisation d’y croire.



L'Etoile du jour © Sophie Blondy


Quel est votre ressenti face au rendu final… vous attendiez-vous à cela ?
Un film que vous réalisez vous dépasse, c'est cela qui est beau. Je le revois et le découvre à chaque fois.
Il existe par lui même, m'enseigne...
Évidemment, je suis critique aussi car je cherche toujours… mais à un moment, le film s' échappe, il ne vous appartient plus et va être donné au monde par sa sortie… C'est comme un enfant, on le guide, on l'aime, mais il vit à part entière.
  
La bande originale résonne comme une évidence tout au long du film… avec qui et dans quel contexte avez-vous travaillé pour donner naissance à cette BO exceptionnelle ?
Des rencontres exceptionnelles et évidentes. 
Le travail merveilleux de Steve Mackay, grand saxophoniste qui jouait avec Iggy et qui m'a confié sa composition. Jim Peuvrel qui avait déjà travaillé sur mon premier film, et plus tard dans l’aventure, j’ai rencontré le jeune compositeur Mathieu Gauriat qui est aussi devenu le directeur musical.
 
Avant de nous quitter… quels sont vos envies, projets pour la suite ?
Je suis concentrée sur la sortie du Film pour l'instant (en France)... puis à l' Etranger.
Je me dois de l'accompagner du mieux possible. 
J'ai deux projets en cours pour la suite. Un à Rome, que je développe depuis plusieurs années et un autre en Belgique. Nous verrons bien.
 
Mot de la fin ?
Une phrase de Robert Bresson : 
« L’avenir du cinématographe est à une race neuve de jeunes solitaires qui tourneront en y mettant leur dernier sou et sans se laisser avoir par les routines matérielles du métier. » 
Dans ce cas, je me dis alors  que j'ai beaucoup d'avenir... !!! ....



L'Etoile du jour © Tous droits réservés


SYNOPSIS
Un cirque itinérant est échoué sur une plage de la Mer du Nord. Les spectateurs se font rares mais la magie du cirque oeuvre toujours. Chaque interprète de la troupe répète et propose de nouveaux numéros. Mais cet équilibre fragile va vite se briser pour dévoiler leur réelle nature et leurs sentiments les plus obscurs. Le cirque deviendra alors le lieu de toutes les convoitises amoureuses où chacun usera de ces pouvoirs pour satisfaire ses désirs. Cet espace confiné deviendra le terrain de jeu d’un quator amoureux : alors qu’Elliot le clown et Angèle la ballerine vivent une histoire d’amour idyllique, Heroy le directeur du cirque use de son autorité pour conquérir à son tour la jeune femme. De son côté, la Gitane tente d’ensorceler le clown. La vie du cirque va alors prendre une toute nouvelle tournure.

CASTING
Denis Lavant dans le rôle d’Elliot le Clown
Iggy Pop dans le rôle de la Conscience
Tchéky Karyo dans le rôle d’Heroy le Directeur 
Béatrice Dalle dans le rôle de la Gitane 
Natacha Régnier dans le rôle de la Ballerine 
Bruno Putzulu dans le rôle du Prestidigitateur 
Laura Favali dans le rôle de Lilas

BIOGRAPHIE de Sophie Blondy
Danseuse chez Maurice Béjart, à l’Ecole Mudra, Sophie Blondy est également réalisatrice et scénariste. Elle a notamment travaillé avec Andrzej Zulawski, Bruno Nuytten et Tran Anh Hung. En 2000, elle réalise son premier long-métrage Elle et lui au 14ème étage avec Guillaume De- pardieu, tourné à Amiens. Les années suivantes, elle réalise plusieurs moyens métrages. Puis, elle tourne l’Etoile du Jour, son second long-métrage.

FILMOGRAPHIE
2015 L’Etoile du Jour - long-métrage 
2007 La nuova vita - court-métrage
2005 Love & Transmission - court-métrage 
2003 L’homme que j’attends - court-métrage 
2000 Elle et lui au 14ème étage - long-métrage 





RENDEZ-VOUS LE 28 SEPTEMBRE EN SALLES

  
  • Artist UP
    (hôte)
    • 2016-08-31 14:22:55
    • 2 912 views
  • Tags - #film #long metrage #Voyage #Drame #Magie #amour #cirque #passion #sentiment #Sophie Blondy #Wide Distribution #Iggy Pop #Philippe Benkemoun #Denis Lavant # Tchéky Karyo # Béatrice Dalle # Natacha Régnier # Bruno Putzulu
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